Previous Page  76 / 148 Next Page
Information
Show Menu
Previous Page 76 / 148 Next Page
Page Background

76

les collections aristophil

1126

BONAPARTE Lucien

(1775-1840)

frère de Napoléon, artisan du coup d’État du 18 brumaire, il

fut ministre de l’Intérieur mais se brouilla avec Napoléon.

L.A.S. « L. Buonaparte », Malines 15 germinal IV [4 avril 1796],

à Jean-André MOLTEDO ; 2 pages in-4, papier à son en-tête

Armée du Nord

BUONAPARTE, Commissaire des guerres

,

vignette (petites fentes sur un bord) ; en italien.

700 / 800 €

Belle lettre sur le mariage de Napoléon et Joséphine, et la situation

critique de la France.

[Jean-André MOLTEDO (1751-1829) a été député de la Corse à la

Convention ; il siège alors au Coneil des Cinq-Cents.]

Lucien charge Moltedo de transmettre une lettre au citoyen FRÉRON

qui doit être de retour à Marseille, et dont il prend la défense : il a

sauvé le Midi, sa dernière mission a réparé les torts de sa jeunesse,

et tous les patriotes doivent le soutenir (« non ho bisogno di dirvi che

à salvato il mezzogiorno ; la sua ultima missione ripara gli torti della

sua

gioventù

e tutti i Patriotti devono sostenerlo »)… Il le charge aussi

de tranmettre une lettre à Joséphine de BEAUHARNAIS (« Madame

Beaurnais »), dont le mariage avec son frère est dans tous les journaux

(« che tutti i giornali annunciano essersi maritata con Napolione »)… Puis

il brosse le tableau d’une France exsangue, au bord de la banqueroute

et minée par les mouvements royalistes : « Qui si parla molto di pace

da una parte e da mandati dall’altra. Tutti i servizi publici mancano

e non si sostengono che per mezzi estraordinari : gli mandati sono

già discreditati avanti la loro emissione ». Si la paix ne se fait pas, il

faudra une nouvelle terreur, non celle qui a dressé mille guillotines,

mais un mouvement populaire qui interdira aux ennemis publics,

aux agioteurs et aux royalistes de lever superbement leur front ; il

reproche au Conseil des Cinq-Cents d’avoir écouté les mensonges

d’Isnard ou Jourdan ; les conspirations contre la liberté doivent

cesser : « Credo che se non abbiamo la pace, bisognerà il terrore per

salvare la Republica ; non il terrore che aveva drizzato mille guillotine,

ma il terrore che avéa impresso un tel movimento alla machina che

i nemici publici, gli agiotori, i Réalisti non ardivano più alzare uno

fronte superbo. Come avete voluto voi altri del Consiglio ascoltare

di sangue freddo le orrende mensogne d’Isnard et di Jourdan...

che impudenza ! che falsità ! Non verrà egli il tempo di terminare la

pugna de conspiratori contra la libertà. – In che stato è la Francia ! »…

Provenance

:

Bibliothèque impériale

de Dominique de VILLEPIN (19

mars 2008, n° 174).

1127

BOURRIENNE Louis-Antoine Fauvelet de

(1769-1834)

secrétaire intime de Napoléon, ambassadeur.

L.A.S. « Bourrienne », [vers 1807, au général Claude-Ignace-

François MICHAUD, gouverneur des villes hanséatiques],

avec réponse autographe du général MICHAUD en marge ;

3 pages in-fol.

300 / 400 €

Longue note comme chargé d’affaires en Basse-Saxe, sur le Blocus

continental.

« Le cours des Postes, la circulation des marchandises non-anglaises,

nécessaires à la grande armée, à Magdebourg, à Berlin, au centre de

l’Allemagne, se trouvent encore dans ce moment continuellement

entravées par les postes militaires français. [...] Le ministre de France

croit qu’il serait utile et avantageux de prendre les mesures ci-après.

1° Laisser sortir librement toutes voitures à vide, tout homme à pied

porteur d’un petit paquet, toute voiture chargée de légumes, de bois,

de tourbe, en un mot d’objets EVIDEMMENT non anglais. 2°. De

donner l’ordre

bien positif

de laisser passer les malles des Postes et

les chariots de postes munis d’un passeport du M

tre

de France […].

3°. De donner le même ordre de laisser passer les ballots, voitures,

bateaux chargés de marchandises, et munis d’un passeport », etc.

Le général MICHAUD fait observer les difficultés auxquelles il faut

faire face pour permettre la circulation des marchandises ; il croit

que la visite est « indispensable », mais désire, « tout en facilitant le

commerce autant qu’il lui sera possible se conformer aux ordres de

S.M. l’Empereur »…

On joint

une L.S. de Claude RÉGNIER, duc de Massa, Grand-juge

Ministre de la Justice, 2 avril 1806.