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les collections aristophil

1132

CONDORCET Jean-Antoine-Nicolas

Caritat, marquis de

(1741-1794)

mathématicien, philosophe et

économiste ; député, conventionnel

(Aisne), il fut arrêté comme Girondin et

s’empoisonna.

MANUSCRIT autographe, [

Aux

étrangers sur la Révolution

françoise, 1791

] ; 7 pages et demie

in-4 d’une petite écriture, avec de

nombreuses ratures, corrections et

additions..

10 000 / 15 000 €

Important et long texte sur le droit des

peuples à disposer d’eux-mêmes.

Brouillon de premier jet, abondamment

raturé et corrigé, d’un texte publié sous la

signature « La Vérité » à deux reprises dans

des journaux auxquels Condorcet collaborait,

en juillet 1791 dans

Le Républicain

(n° 1, p.

12-16) puis en mai 1792 dans

La Chronique

du mois

(p. 36-40). Hélène Delsaux, dans

son

Condorcet journaliste

(Champion, 1931,

p. 54, 92) avait supposé que ce texte était de

Condorcet, ce que prouve notre manuscrit.

En tête, une note au crayon de Condorcet

précise : « Ce n’est pas une suite mais un

morceau qu’il faut copier à part ».

Nous ne pouvons ici que résumer les grandes

lignes de ce long texte.

« Les hommes ne se sont réunis en société,

que pour s’assurer la jouissance entière

et paisible des droits qui resultent de leur

nature. L’égalité est un de ces droits, et seule

elle suffit pour garantir la conservation de

tous les autres, puisque personne ne peut

être tenté d’introduire une oppression dont

le poids retomberait sur lui-même ». Tout

peuple est maître de conserver ou recouvrer

ses droits… « Si donc un peuple a recouvré

ses droits, s’il a pu remonter jusqu’à l’égalité

naturelle, les chefs des autres nations qui

s’uniraient pour lui ravir sa liberté, pour le

forcer à rétablir l’inégalité ou à conserver les

formes corruptrices de la monarchie seraient