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histoire

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CAMBACÉRÈS Étienne de

(1804-1878)

neveu de l’Archichancelier, gendre du maréchal Davout,

homme politique bonapartiste.

L.A.S. « Et. de Cambacérès », 24 août 1832, à son beau-frère,

Louis DAVOUT D’AUERSTAEDT ; 4 pages in-8 (déchirure

sans manque, répar.).

100 / 120 €

Curieuse lettre évoquant la mort de l’Aiglon, et l’ambassade du

maréchal Mortier à Saint-Pétersbourg.

Il annonce la naissance du « petit

Napoléon

. Tu devineras sans peine

que ce nom a été donné en plus de ceux de ses parrain et marraine :

la mort du fils de l’Empereur me le rend plus cher que jamais. Puisse-

t-il lui porter plus de bonheur qu’au prisonnier, je dirai à la victime de

Metternich ». Louis Davout est son parrain, et on attend son retour

pour le baptême : « je me soucie peu d’avoir des relations directes

avec M.M. de la tonsure, surtout maintenant qu’ils tendent à

croiser

une moitié de la France contre l’autre »… À son retour de Russie,

Louis pourra leur en conter « sur les mœurs et usages de ces Russes

terribles qui doivent un jour, comme le prédisent nos diplomates,

envahir l’Europe entière : on dit, voyez ce que c’est que la calomnie,

que le beau sexe de Pétersbourg, voire même de Moscou, est assez

de ton goût, et que peut-être, c’est toujours la calomnie qui parle,

le sang d’un

Davout

resterait en échange de celui qu’il a couté aux

Russes, il y a quelque vingt ans, lorsque la France existait, lorsqu’elle

était encore un pays connu. […] Il ne faut cependant pas, grand Prince,

que vous oubliez entièrement votre patrie et ce beau Paris, capitale

du Royaume très-chrétien ; daignez vous rappeler que vous y avez

laissé des gens qui vous aiment, qui vous désirent, et faites avec eux

le souhait que le Maréchal Mortier revienne bientôt et vous rende à

vos foyers domestiques »… Etc. La signature est accompagnée des

marques maçonniques.

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CAMPAN Jeanne-Louise Genet, Madame

(1752-1822)

institutrice et pédagogue, elle dirigea la Maison d’Éducation

de la Légion d’honneur d’Écouen.

L.A., Saint-Germain 23 avril 1796, [au comte Trophime-Gérard

de LALLY-TOLENDAL] ; 3 pages in-4.

600 / 800 €

Nouvelles d’une élève envoyées à son père émigré.

Elle lui avait parlé sincèrement des qualités de sa chère Eliza, et

aussi de son regret de trouver en elle « un peu de pesanteur, et de

disposition à concentrer ses idées, ses sensations, et même ses

desirs ». Mais ces petits défauts ont fait place à la franche gaieté, à

la sincérité, à la volonté et à la facilité d’exprimer ce qu’elle souhaite.

« Je l’ai souvent chapitrée avec douceur sur cette petite sauvagerie,

mais le changement est si subit que je ne puis malgré mes soins

m’empêcher de l’attribuer à un changement dans sa manière de

vivre »… Elle a chargé le bon père Anselin et sa femme de veiller sur

elle, comme par le passé, et leur a donné le logement du portier,

mais estimant qu’Eliza avait dépassé l’âge de prendre ses repas

avec eux, « je la fais manger à tous ses repas avec moi. En cela j’ai

eu la satisfaction de prévenir le desir de vos amies qui devoient me

le demander. – Depuis ce moment la petite est tout à fait changée.

– Que s’est-il passé dans cette jeune tête ? – Je ne puis le définir ;

rien cependant qui tienne à la hauteur ni au manque de sensibilité

pour sa bonne qu’elle aime tendrement, mais elle est plus à son

aise, elle se sent mieux placée. […] Tous ses exercices vont on ne

peut pas mieux, sa figure plus animée la fait trouver beaucoup plus

jolie. – Vous trouverez du changement dans son écriture, il y en a

autant dans tous ses autres devoirs, le piano va très bien, elle lit

également bien l’anglois et le françois, danse très bien enfin je puis

vous assurer que vous aurez en cette chere enfant une société aussi

aimable que satisfaisante pour votre cœur »… Ses sentiments d’estime

et d’amitié pour Lally seront prouvés par les soins qu’elle donnera

à « l’être prétieux qu’un enchaînement de circonstances a remis en

mes mains »… Elle se félicite du succès de son plan d’éducation, et

des progrès de ses élèves : « une occupation active et satisfaisante

pour mon cœur m’est devenue en quelque sorte nécessaire et me

distrait de tous mes malheurs »…