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histoire

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CONDORCET Jean-Antoine-Nicolas

Caritat, marquis de

(1741-1794)

mathématicien, philosophe et

économiste ; député, conventionnel

(Aisne), il fut arrêté comme Girondin et

s’empoisonna.

L.A., [10 mars 1792], à Jacques-Pierre

BRISSOT, député à l’Assemblée

nationale ; 1 page in-8, adresse.

800 / 1 000 €

Lettre politique faisant allusion à la

démission des ministres de la Marine

et de la Justice, Bertrand de Moleville

et Duport-Dutertre (10 mars 1792), et au

décret d’accusation de l’Assemblée contre

le ministre des Affaires étrangères, Valdec

de Lessart.

« M. TALLEIRAND viendra demain dejeuner

avec nous […] Voila le Bertrand parti.

Concedez-vous d’après cela l’insolence

purement gratuite de la lettre d’hier. Il faut

tacher cette semaine de se debarasser

de Duport afin de delamethiser tout à

fait le pouvoir exécutif. C’est le comité de

législation que cela regarde. D’ailleurs tant

qu’ils auront le ministre de la Justice, ils

conserveront l’esperance se faire rendre

Lessart par quelque ruse de procureur. Vous

avez commencé votre feuillet par une ligne

qui vaut mieux que bien des discours. Je

voudrais qu’on l’envoiât à tous les directoires,

et même aux municipalités. »

non les ennemis de ce peuple seul mais ceux

de toute la grande famille humaine »… etc.

L’Allemagne n’a donc pas le droit d’exiger

que les Alsaciens « restent sous le joug de

la féodalité »…

Les peuples ont également le droit de

« changer la constitution sous laquelle ils

vivent […] Les habitants de la Germanie

ont donc le droit de détruire aujourd’hui

la féodalité, de se réunir dans une grande

république »… etc. Condorcet rappelle aux

« descendans d’Arminius et de Vetikond,

compatriotes de Kepler et de Leibnitz » leur «

antique amour de la liberté […] L’Europe vous

doit l’imprimerie ce boulevard éternel des

Droits de l’espèce humaine »… Condorcet

rappelle aussi l’exemple de LUTHER qui

a combattu « la tyrannie par la raison et la

superstition par le ridicule »… Condorcet

laisse aux Germains la sagesse de fixer

l’époque de la reconquête de leur liberté,

mais les conjure de ne pas combattre la

République : « Laissez du moins vos princes,

vos maîtres, vos prêtres et vos nobles nous

faire seuls une guerre qui ne peut être

utile qu’à eux seuls ; ne nous forcez pas à

répandre le sang des hommes, quand nous

voudrions ne combattre que leurs ennemis ».

Provenance

: ancienne collection Philippe

ZOUMMEROFF (

Crimes et châtiments

, 16

mai 2014, n° 130).