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histoire
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ENGHIEN Louis Antoine Henri de
Bourbon-Condé, duc d’
(1772-1804)
dernier héritier des Condé, il combattit
dans l’émigration, et fut enlevé et
exécutépar Bonaparte.
L.A.S. (paraphe), 13 novembre 1795, à
un chevalier ; 4 pages in 8.
1 500 / 2 000 €
Très rare et intéressante lettre sur l’armée
des émigrés.
Il n’y a rien de nouveau en Allemagne, entre
les armées républicaine et autrichienne :
« WURMSER s’endort devant Manheim.
La grosse artillerie y est arrivée et est en
batterie mais elle ne dit mot. On attend
peut-être l’affaire générale de PICHEGRU
avec CLAIRFAYT, qui doit avoir lieu très
incessement, et qui decidera de tout.
Pichegru a 60 000 hommes il tient depuis
Worms jusqu’à Neusttat ; quel beau champ
pour la cavalerie Autrichienne d’autant qu’il
y a du decouragement dans ses trouppes,
et une grande ardeur chez les Autrichiens ».
[Pichegru, commandant l’armée de Rhin-et-
Moselle, avait pris Mannheim en septembre ;
mais, battu par Clerfayt à Heidelberg, il laissa
reprendre Mannheim par les Autrichiens.]
Enghien se plaint de ne pas pouvoir participer
à ces « brillantes affaires. Enterrés au fond
de notre Brisgau, nous sommes membre
inutile d’une armée victorieuse, c’est une
triste position pour qui a de l’ambition ». Il
voulait participer au siège de Mannheim,
mais son grand-père [le prince de CONDÉ]
a repoussé ses demandes : « C’est domage.
Je me serois amusé comme un roi ».
Il a dû renoncer à ses projets et rester :
« C’est cependant comme cela qu’on ne
fait rien et qu’on apprend rien, et que les
autres ne parlent pas de vous. Je suis dans
le principe sans doutte qu’il faut être à sa
place. Mais je trouve qu’un jeune prince
dans ce siecle est toujours à sa place quand
il est aux coups de fusils. […] Voyez les P
ces
de Prusse, le P
ce
Louis Ferdinand, l’archiduc
Charles, &c et tous ceux qui aujourdhui ont
de la reputation parmi les jeunes gens. Sans
doutte ils ont peutetre tort. Mais enfin pour
qu’on dise de moi ce qu’on dit d’eux, il faut
agir de même ». Il espère que la situation à
Carlsruhe rentrera bientôt dans l’ordre : « les
françois ont encore deffense de retourner
s’y établir et je scais que la bonne Princesse
[sa maîtresse la princesse de ROHAN] a du
y faire un voyage pour lever le decret. Je
ne crois pas que nous nous raprochions
beaucoup de ces pays là cette année ; et
j’ose esperer en la campagne d’hyver qui me
parroit indispensable sous tous les rapports.
Adieu l’amour quand Mars apelle »…
Il a eu des nouvelles de son père, qui a rejoint
MONSIEUR à l’Île d’Yeu : « Tout va fort mal
on n’espère à rien, et on s’attend d’un jour
à l’autre a gagner le large pour retourner en
Angleterre. CHARRETTE dit on ne peut faire
un pas sans livrer une bataille qu’il perdroit
infailliblement. Mon pere nous reviendra
avant 6 semaines je n’en doutte pas. Il y
a de la mauvaise foi Anglicanne sur jeu et
nous commençons à nous en apercevoir
par des difficultés inutiles ». Il donne enfin
des nouvelles de sa tante qui est arrivée à
Turin et hésite à choisir le couvent où elle
se retirera…
On a ajouté d’une autre main à la fin de la
lettre un « extrait d’une lettre de l’armée de
Condé 11 9
bre
95 ».




