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histoire
1146
LARREY Dominique-Jean, baron
(1766-1842)
le grand chirurgien militaire.
L.A.S. « D. J. Larrey », Q.G. devant Acre
15 germinal VII (4 avril 1799), au général
DESTAING, commandant le Caire ;
2 pages in-fol., en-tête Le
Chirurgien
en chef de l’Armée, Larrey
, petite
vignette, adresse (fentes et mouillures
de désinfection).
1 200 /1 500 €
Très belle lettre lors du siège de Saint-
Jean d’Acre.
« Vos craintes sur la campagne de Syrie se
sont malheureusement réalisées, mon cher
général. Si j’ai le bonheur de vous rejoindre
je pourrai vous entretenir sur les evenemens
de cette campagne. En mon particulier j’ai
beaucoup souffert et nous ne sommes
pas encore au terme de nos miseres. Plus
heureux vous devez vous entretenir en paix
avec nos compatriotes arrivés depuis peu
au Kaire des grands evenemens arrivés en
Europe. Ô, chère patrie en vain tu reclames
tes heros ; des barrières impenetrables les
arretent dans ces malheureux climats ! »…
Larrey craint que « notre exil ne dure jusqu’à
la paix générale que je crois bien éloignée ».
Il lui tarde de rejoindre le Caire pour se
reposer de ses fatigues. « Songez à l’ordre
du général en chef concernant l’hopital n° 1.
Nous avons beaucoup de blessés que
nous ferons evacuer par mer sur Damiète
et de la au Kaire, veuillez recommender
qu’on conserve l’amphitheatre et tous les
accessoires. Vous recevrez par le g
ral
sans
doute les nouvelles de l’etat et de la situation
de l’armée »…
1147
LEFEBVRE François-Joseph
(1755-1820)
maréchal d’Empire, duc de Dantzig.
MANUSCRIT avec 12 APOSTILLES
autographes signées « Lefebvre »,
Armée de Sambre et Meuse. Avant-
Garde
.
Renseignemens sur le compte
des Généraux de B
de
adjudants
généraux adjoints & aides de camp
employés à l’Avant-Garde
, 5 prairial
V (24 mai 1797) ; cahier in-fol. de 14
pages.
600 / 800 €
Important mémoire sur les membres de
l’État-Major de l’Armée de Sambre et
Meuse, abondamment annoté par Lefebvre.
Chaque page présente un rapport sur un
officier, récapitulant les états de services,
auquel Lefebvre ajoute un commentaire
personnel, qu’il signe chaque fois : MORTIER,
DESCHAMPS, STROLZ, WERLÉ, BEKLER,
VIRON, SOULERS, RENAUD, LABORDE,
RAMEAU, PATEL, DROUET.
Au sujet d’Édouard MORTIER, adjudant
général : « Cet officier possède aussi
également les talents d’un officier d’état
major, a rempli pendant la dernière
campagne les fonctions de g
al
de Brigade,
et a commandés mes avants postes,
tant d’infanterie que de cavalerie » ; sur
Maximilien-Louis-Joseph DESCHAMPS :
« Cet officier est de bonnes mœurs, a
reçu une exelante éducation, a beaucoup
de connoissances, mais a besoin d’être
stimulé ». Lefebvre insiste sur l’instruction
des officiers, leurs qualités au terrain ou
dans le bureau ; il souligne la bravoure de
Bekler, qui lui a servi d’officier ingénieur,
la fermeté et les talents du capitaine Viron,
l’intrépidité du lieutenant Laborde, « bon
officier de troupes légères », l’intelligence de
Jean-Baptiste DROUET, qui « possède les
talents d’un officier d’état-major », rappelle
que Soulers a été le « Page du cidevant roy,
malgré son éducation première a sonné des
preuves dans toutes les occasions du plus
pûr républicanisme, a beaucoup de talents
militaires, brave, intelligent, actife, modeste,
obéissant et en un mot bon officier d’état
major », etc.
1148
LOSTANGES Armand, marquis de
(1787-1848) officier.
L.A.S., [près de Mayence] 7 novembre
1813, à sa mère Mme de Lostanges,
née Adélaïde-Pauline-Constantine de
VINTIMILLE DU LUC, à Saint-Germain
en Laye ; 1 page in-4, adresse avec
marque postale de
Mayence
, reste de
cachet de cire rouge.
300 / 400 €
Nouvelles après la retraite de Russie.
« Je suis arrivé avec beaucoup de peine à
Mayence sans blessures, mais bien maigre
et bien faible, ma chère Maman, le Regiment
est actuellement dans un village très près
de Mayence, je crois que nous irons nous
reformer à Metz car nous ne sommes plus
personne, je voudrois bien retourner a
Paris pour n’en plus ressortir, car je suis
très fatigué, je n’ai point vu mon frere dans
la compagnie cependant je l’ai cherché très
longtems dans l’armée, je sais seulement
qu’il n’étoit point à la bataille de Leipsick. Le
troisieme bataillon n’étoit pas encore arrrivé,
bien heureusement, car dans le 4
e
Regiment
il y a eu 40 officiers hors de combat »…
1149
MARIE-LOUISE
(1791-1847)
Impératrice des Français, seconde
femme de Napoléon I
er
.
L.A.S. « Marie Louise », Parme 6 février
1834, à un comte ; 2 pages in-8.
700 / 800 €
En faveur du jeune comte Ferdinand de
NEIPPERG
(1809-1843), fils du premier
mariage du comte Adam Albert de Neipperg
(1775-1829), que Marie-Louise avait épousé
en secondes noces en 1821 ; quelques
jours après cette lettre (17 février 1834), elle
épousait secrètement le comte Charles de
Bombelles.
Elle a appris par son amie Mme de
Crenneville que le général Rothkirch pourrait
procurer dans son régiment un avancement
au comte Ferdinand de Neipperg :
« Personne ne peut désirer plus que moi de
contribuer à améliorer le sort de ces jeunes
gens », mais elle ne connaît pas ce général :
« J’ai donc recours à vous mon cher Comte
comme à un des plus anciens et meilleurs
amis du défunt général, pour vous prier
de lui parler en mon nom à ce sujet et du
désir extrême que j’aurois qu’il procurât
une place au jeune Comte si cela peut se
faire sans donner lieu à une injustice »...
On joint une petite P.A.S. deMARIE-LOUISE
,
pensée découpée dans un album (1 p. in-12) :
« Les larmes sont mères des vertus, et le
malheur est un marchepied pour s’élever
vers le ciel » ;
et une L.A.S. du comte Adam
Adalbert de NEIPPERG
, Parme 16 janvier
1821, à la comtesse de CRENNEVILLE, amie
d’enfance de Marie Louisel (2 p. in-8),
s’inquiétant de la maladie de Crenneville :
« C’est un si ancien ami et camarade à moi
[...] que nous devons tous trembler à la
pensée qu’il puisse lui arriver un malheur.
[...] S.M. vous dit bien des choses, et son
cœur vous est garant de ce qu’elle éprouve,
en se représentant votre cruelle situation »…




