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30 AGOSTINI (Leonardo). Le Gemme antiche figurate.
Rome, chez l’auteur, 1657
. – [Suivi de :] Annotationi sopra le
Gemme antiche.
Rome, Giacomo Dragondelli, 1657.
2 parties en un volume in-4 (245 x 175 mm), maroquin rouge,
triple filet doré, armoiries dorées au centre, dos orné d’une grosse fleur de lis répétée, coupes guillochées, dentelle
intérieure dorée, tranches dorées (
Reliure du XVII
e
siècle
)
.
Édition originale, rare et recherchée, de cette belle suite de gemmes et pierres taillées de l’Antiquité.
Elle est composée d’un titre-frontispice, un portrait de l’auteur et
214
figures hors texte dessinées et gravées sur cuivre par
Giovanni Battista Galestruzzi
, suivies d’un commentaire par Giovanni Pietro Bellori. La seconde partie de l’ouvrage,
formée d’un volume de supplément paru douze ans plus tard, en
1669
, n’est pas jointe à cet exemplaire.
Exemplaire de Colbert revêtu d’une très belle reliure en maroquin rouge aux armes du comte d’Hoym, ministre
plénipotentiaire de Pologne en France et l’un des plus distingués bibliophiles du début du XVIII
e
siècle. Ce dernier fit
frapper ses armoiries entre
1728
et
1735
sur les plats du volume, où elles sont entourées d’une bordure de feuilles de chêne
torsadée imitée de la célèbre « bordure du Louvre » commandée par Colbert pour les livres entrés au Cabinet du roi entre
1670
et
1675
.
« L’amour des livres rendit Colbert presqu’aussi célèbre que ses talents administratifs. À sa mort, son importante
bibliothèque, qui comptait plus de huit mille manuscrits rares et précieux et quelque cinquante mille volumes imprimés,
passa à son fils aîné Jean-Baptiste Colbert, marquis de Seignelay, et ensuite au frère de ce dernier, Jacques-Nicolas Colbert,
archevêque de Rouen, avant d’être dispersée aux enchères en
1728
. La plupart de ses livres porte, au haut de la page de titre,
l’inscription Bibliothecae Colbertinae de la main d’Etienne Baluze, le bibliothécaire du célèbre ministre de Louis XIV. C’est
précisément le cas pour l’exemplaire de cet excellent ouvrage de glyptique rédigé par Leonardo Agostini, l’antiquaire du
pape Alexandre VII, exemplaire qui sera acquis, lors de la fameuse vente Colbert, par un autre grand bibliophile, le comte
d’Hoym » (
Une vie, une collection
).
Quant à ce dernier, il fut l’un des bibliophiles les plus célèbres de son époque et forma avec passion, de
1717
à
1735
, une
bibliothèque riche surtout en belles-lettres et en histoire. Ambassadeur d’Auguste II, électeur de Saxe et roi de Pologne, il
fut disgracié pour avoir livré à la manufacture de Sèvres le secret de la fabrication de la porcelaine de Saxe. Deux ans après
sa mort, en avril
1738
, son imposante bibliothèque fera l’objet d’une mémorable dispersion en cinquante-neuf vacations.
Des bibliothèques Jean-Baptiste Colbert (ex-libris manuscrit, vente à Paris,
24
mai
1728
, lot
11468
) et Charles-Henri
d’Hoym (armoiries au centre des plats, vente à Paris,
1
-
14
avril
1738
, lot
4477
), l’exemplaire passa ensuite dans les
collections Joseph-Augustin Brentano (ex-libris et signature), William Beckford à Hamilton Palace (vente I à
Londres,
30
juin
1882
, lot
90
), Robert Hoe (ex-libris, vente IV à New-York,
8
janvier
1912
, lot
10
), Mortimer L. Schiff
(ex-libris, vente I à Londres,
23
mars
1938
, lot
4
) et Sir Robert Abdy (ex-libris, vente I à Paris,
10
juin
1975
, lot
5
).
Coiffe supérieure et charnières restaurées, reteintes au second plat, quelques piqûres éparses. Bel exemplaire néanmoins.
Brunet, I, 111.
Exposition : Une vie, une collection, n°19.




