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Charles DU PIN
(1814-1868) militaire et topographe, il participa aux campagnes en Algérie, Crimée et Italie, aux
missions de Chine et du Japon, et à l’expédition du Mexique. Manuscrit avec additions et corrections autographes,
[
Mémoires du colonel d’état-major Du Pin. Historique de la Contreguerrilla française auMexique
], 4
e
-7
e
parties,
suivies de
Réflexions sur la campagne du Mexique
; un volume in-fol. de 496 pages sur papier ligné,
reliure de
l’époque
demi-basane brune, plats de percaline verte, titre avec mention « Tome 2 » en lettres dorées sur le plat sup.
4 000/5 000
Très intéressant témoignage sur l’expédition du Mexique, qui semble être resté inédit, par le colonel Du Pin, qui
commandait la contre-guérilla française. Ce tome II correspond aux années 1864-1867, alors que Du Pin est arrivé au
Mexique à la fin de 1862. Outre ses propres souvenirs, Du Pin utilise des documents contemporains : son propre journal, des
lettres, ordres du jour et de l’armée, rapports de commission, etc.
Du Pin raconte, dans une prose agréable, et avec force détails, les opérations dans leTamaulipas, l’organisation et le déploiement
de la contreguérilla française, avec d’intéressantes digressions sur la coutume d’une intendance féminine, les
caberillos
(chefs
de bandits), la cavalerie indigène, ses propres frustrations et déceptions de promotions… Sensible aux difficultés du terrain
(d’intéressants détails sur la construction de radeaux et le passage de rivières), il esquisse des portraits saisissants du général
Méjia (« plus de finesse, que de génie », sensible aux flatteries, brave, craint et estimé), du général de la Garza (jeune héros
du siège de Victoria, gouverneur de province dispendieux, « fort joli »), du préfet Apolinar Marquez (physique repoussant,
caractère « rampant et oppresseur », dévoré par des « passions sales, honteuses »), de l’ambassadeur Hidalgo (« un homme
des plus pusillanimes »), etc. Il fait des recommandations précises pour la pacification du Mexique : destruction des bandes,
désarmement général sous peine de mort, nécessité d’un « gouvernement
Despotique
et
Juste
»… On rencontre les noms
d’officiers français et mexicains : Bazaine, Castagny, Douay, Du Preuil, de Maussion, Ney, Lamadrid, Lopez, Olvera, etc.
Les
Réflexions sur la campagne
attribuent l’échec des Français à leur manière inappropriée de faire la guerre, le mauvais
choix d’appuis politiques et d’un empereur, le désaccord entre Maximilien et Bazaine, l’opposition parlementaire en France…
Du Pin prévoit l’absorption du Mexique par les États-Unis : « Bientôt le Yanké, ce rude chasseur d’hommes, va paraître, sur la
rive du Rio Bravo et sur toute la frontière du Nord. La balle du rifle sera la seule loi. Chassés et refoulés, de proche en proche,
détruits, un à un, sans avoir su s’entendre et s’organiser, pour repousser le danger commun, les descendants dégénérés des
Conquistadores disparaîtront »…
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