68
176.
Jean-Jacques DESSALINES
(1758-1806) général de la Révolution à Saint-Domingue, un des chefs de la
Révolution haïtienne, il proclama l’indépendance d’Haïti dont il devint Empereur. L.S., Q.G. de « la petite Rivière »
2 brumaire XI (24 octobre 1802), au général de division Quantin ; 2 pages et quart in-fol.
1 500/2 000
Très rare et importante lettre protestant contre l’expédition Leclerc et proclamant sa volonté de se battre pour
la liberté de son pays.
« Lors de l’arrivé du gouvernement français ici, le peuple de S
t
Domingue étoit bien penêtré quil etoit animée du principe de
la Liberté puisquelle avoit été decrèté et par lui et par ses agents ; mais par quelle fatalité aujourd’hui nous voyons clairement
que ses intentions sont differents. Elles sont ouvertement manifesté sur tous les points de S
t
Domingue par une parti des
officiers sous les ordres du général Leclerc qui masacrent avec archement tous les noirs et mulatres.
Je suis français amis de mon pays et de la liberté je ne saurois voir d’une oeïl serin de pareil atrocité.
En conséquence, Citoyen général et amy je vous considaire sincérément, c’est en raison de ce, qui me fait la loi de vous dire
de vous en retourner en Europe et de quitter la ville de S
t
Marc dont mes dispositions s’ont deja calculés pour en reprendre
possession de force ou de grés.
Jespere votre reponse que si elle etoit contre mon attente, je fondrai sur cette ville comme une bôme qui eclaterai dans cette
ville.
Mon parti est pris, d’après une lettre que j’ai pris lecture venante d’Europe par laquelle l’Esclavage est bien décidé et alors,
nous devons mourir comme des hommes les armes à la main et non pas comme des laches se laissant assassiner.
... Je vous previent que j’ai en ma possession beaucoup de soldats europeen qui sont conservé, fuyoit [?] et médicamenté
parce que ce sont des hommes qui comme nous ont pris les armes pour leur Liberté et ils sont considerais comme des amis.
Le général Leclerc m’avoit donné l’ordre de faire desarmée la Crête à Pierrot, je l’avoit donné au comd
t
de cette place, qui au
lieu de le faire, et de faire apporté les munitions à S
t
Marc et les pièces, a conspiré à me faire arrêté, sont projet a été donc en
vain, dieu mercie. Il n’en ai pas de même du g
al
de B
de
Maurepas qui s’est laissé prendre comme un enfant, ses mêmes atrocités
sont exercés dans ce moment cÿ sur tous les noirs ou mulatres qui dit être employés.
D’après cela, général, je me defenderai comme un vrai soldat ami de la Liberté et de son pays »...
Vente Ader-Picard-Tajan 6 avril 1981
(Michel et Maryse Castaing experts, n° 194).
176




