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178.

Charles DU PIN

(1814-1868) militaire et topographe, il participa aux campagnes en Algérie, Crimée et Italie,

aux missions de Chine et du Japon, et à l’expédition du Mexique. Manuscrit en partie autographe, avec additions

et corrections autographes,

Mémoires de M

r

Charles Du Pin chef d’escadron. 2

me

Partie

, [vers 1852-1858 ?] ; un

volume in-fol. de 347 pages,

reliure de l’époque

demi-chagrin à coins, pièce de titre veau violet sur le plat sup., dos

orné (rel. frottée, qqs ff. détachés ou découpés).

5 000/6 000

Très intéressant témoignage, qui semble être resté inédit, sur la campagne d’Algérie.

Le récit est animé, écrit dans une prose agréable. Il s’ouvre au 1

er

janvier 1842, avec une réception d’officiers au Louvre,

et s’achève en 1847, lorsqu’après quatre ans de service en Algérie le capitaine Du Pin regagne la France. Une note liminaire

prévient : « Les récits militaires ont été faits en Afrique ou tirés du journal que je devais rédiger comme chef d’état-major ».

Autographe jusqu’à la page 72, et à nouveau des pages 109 à 112, 121 à 122, 136 à 138, 325 à 339 (plus la table des matières, non

paginée), le manuscrit porte de très nombreuses corrections, rubriques et gloses de l’auteur.

Du Pin se plaît d’abord à rapporter, les aventures d’une certaine Adèle (puis Claire) Mayer, demi-mondaine distinguée et

séduisante : livrée par son père à M. Rothschild, Adèle se défend contre le banquier ; elle passe sous la protection d’un oncle, puis

devient modèle deWinterhalter et d’Eugène Lami, maîtresse de Bineau, objet d’un duel, etc. Après lui avoir adressé des vers, Du

Pin embarque le 11 avril 1843 pour l’Afrique : le récit, dès lors, est strictement militaire.

Attaché à la colonne du duc d’Aumale, Du Pin participe à la prise de la Smala : détails sur les mouvements de troupes,

le terrain, l’exécution d’arabes traîtres, les bivouacs et les marches de nuit, les reconnaissances, l’assaut, les prisonniers, les

précautions contre une attaque possible d’Abd-el-Kader. « Lorsque Guillaume brûlait ses vaisseaux après avoir mis le pied

sur le sol de l’Angleterre, ses soldats durent être animés des mêmes sentiments qui s’emparèrent de nous tous lorsque nous

nous vîmes engagés dans cet immense océan de tentes, de troupeaux, de cavaliers et de fantassins. Beaucoup d’autres combats

paraissent beaux ou terribles au moment où on les engage, mais sont bientôt effacés par les nouveaux combats qui leur

succèdent. Le combat de la Smala grandit à mesure qu’on s’éloigne de lui, il prend des proportions gigantesques […]. Il donne

la date certaine et incontestable de la décadence complète d’Abd-el-Kader en Algérie » (p. 106)…

Suivent d’autres épisodes de la conquête du pays, agrémentés d’aperçus des cèdres,montagnes, cultures, chevaux et sauterelles,

de précisions sur les troupes et les chameaux, et ponctués de références aux officiers supérieurs : Changarnier, Berthier, Saint-

Arnaud, Marey-Monge, d’Arbouville, Cavaignac, Bedeau, Blangini, Pélissier etc. Il raconte la « récolte d’oreilles » pratiquée

pour la prime de 25 francs la paire, quelques combats critiques où il échappe de justesse à la mort, et parle de ses permissions

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