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dernière lettre du Marquis lui a appris que ce dernier continuait d’enrichir sa collection d’autographes : « je suis heureux que
vous m’en mentionniez plusieurs qui vous manquent et que je pourrai vous procurer par ex. Gourgaud, Montholon, Omeara
et Marchand »…
On joint une L.S. de Lacépède, Grand-Chancelier de la Légion d’honneur, 26 avril 1808 (en-tête).
325.
ThéophileMaloCorret de LATOURD’AUVERGNE
(1743-1800) célèbre guerrier et érudit, Premier Grenadier
de la République. L.A.S. comme capitaine réformé d’infanterie, retiré à Passy, Passy-sur-Seine 13 germinal VIII
(3 avril 1800), à son petit-neveu de Kersausie ; 1 page et demie in-4.
400/500
Belle lettre de la fin de sa vie sur ses malheurs. Il renvoie à son neveu l’effet qu’il ne saurait accepter comme une avance
de sa part. « Ma détermination de ne jamais recourir à de pareils expédiens vous est depuis longtems assez connüe, elle est
invariable. L’on ne me verra jamais descendre plus bas que mes malheurs ne m’ont réduit ; je veux parler des contrariétés de
tous genres que j’ay éprouvés de la part des miens ; mais comme elles ne sauroient etre regardées comme une punition de mes
fautes, il me reste dans cet état, de bien douces consolations, celles que donne un cœur pur, sans reproche, toujours dévoué à
obliger, quoique presque toujours payé d’ingratitude. Je ne prétends excuser ni condamner la conduite de votre beau-père à mon
égard ; je puis être susceptible comme un autre de préventions, mais je n’en eus jamais d’indignes d’une ame bien née. […] Dans
ma position actuelle vis-à-vis de mes parens, entre les mains desquels je vois s’écrouler les restes de ma très mince fortune, je
ne veux cependant prendre aucun parti précipité »... Il fait part d’opérations financières de son parent Toulgoat qui l’étonnent,
et notamment que Toulgoat « n’ayant point fait liquider sa charge », ait pu « attendre au dernier moment de l’extinction du
papier monnoye, à m’en rembourser le prix ; et que sans égard pour la loi qui interdisait toute action civile contre les défenseurs
de la patrie combattant aux frontières, il ait trouvé la facilité de passer outre, et de consommer ainsi ma ruine. Autant valait
lui donner quittance générale, sans rien accepter de lui. L’abandon de mes propriétés de Plouaré, dont il sera dû 5 levées à la S
t
Michel prochain est encore un sujet d’étonnement pour moi, ainsi que ma maison de Brasparts tombée en ruine, tandis que
depuis 8 ans n’en ayant pas touché une obole, le revenu aurait pu être employé aux réparations ; &c &c mais aux malheureux
comme dit le proverbe la besace »…
326.
Théophile Malo Corret de LA TOUR D’AUVERGNE
. L.A.S., Passy-sur-Seine 12 prairial VIII (1
er
juin 1800),
à son petit-neveu de Kersausie ; 2 pages et demie in-8 (fente répar., petites taches).
400/500
Belle lettre au sujet de sa nomination comme Premier Grenadier de France (25 avril 1800). Il remercie son neveu de
son souvenir « à l’occasion des honneurs beaucoup trop éclatans dont je suis devenu l’objet de la part du gouvernement. J’ay
accepté avec respect l’arme qui m’a été décernée par les premiers magistrats de la République […]. À l’égard du titre de premier
grenadier de l’armée, ne l’ayant trouvé fondé que sur un mérite et des qualités que je suis le premier à me contester, tout m’a
fait un devoir de m’excuser de l’accepter […]. L’art de guérir les hommes et de conserver leur espèce, est le plus utile le plus
beau de tous les arts ; tandis que celui de détruire, quelqu’en soit le motif, est le plus détestable le plus affreux de tous. Je suis
assez heureux après 34 ans de services, pour que mon épée n’ait jamais été teinte du sang de personne. Elle ne pourra l’être
desormais, mon age et les infirmités m’ayant entièrement mis hors de la carrière guerrière ou meurtrière, comme il vous plaira
de l’appeller »… [Il mourra trois semaines plus tard, au soir d’une bataille.]
Reproduit page 105
327.
John LAW
(1671-1729) célèbre financier et banquier, contrôleur général des Finances, créateur de la Compagnie
des Indes. 3 L.S., Paris 4-21 mars 1720, à Christian-Louis de Montmorency-Luxembourg, prince de Tingry ;
5 pages et demie in-fol.
2 500/3 000
Lettres écrites dans les derniers mois du système financier de Law, qui compte toujours sur le soutien du Régent,
avant sa banqueroute et sa fuite à l’étranger. Elles sont adressées au Prince de Tingry, lieutenant-général du Roi en Flandre
française, et futur maréchal de Montmorency.
4 mars
. Law est très obligé au prince de son attention pour découvrir l’auteur du billet dont il lui a donné copie : « les
personnes mal intentionnées se servent de toute sorte de moyens pour inspirer une meffiance pernicieuse a l’Etat, mais les sages
dispositions de S.A.R. surmonteront aisement tous ces obstacles. J’attends les memoires que vous me faites esperer, sur tout ce
qui peut augmenter le commerce et l’abondance dans les Provinces confiées a vos soins »...
6 mars
. Il a reçu en même temps sa lettre et celle de M. Méliand [intendant des Flandres]. « La cherté des denrées que cause
l’augmentation du prix des especes de billon, quoy qu’elles ne soient pas portées à toute leur valeur, par raport au prix actuel
des especes d’or et d’argent, cessera par les nouveaux ordres que S.A.R. se propose de donner sur ce sujet ; et je croy même
que l’on pourroit remedier dèz a present aux inconveniens de cette cherté, du moins à l’egard des ouvriers employez dans les
manufactures, en engageant les entrepreneurs de ces manufactures à leur payer quelque chose de plus que par le passé pour
leurs journées »... Il ne doute pas que la présence du prince « ne contribüe beaucoup à calmer l’inquietude trop vive que cette
cherté passagere peut exciter parmy le menu peuple »...
21 mars
. Sa lettre du 17 « confirme les avis que j’avais déjà reçû du cours avantageux des billets de banque dans les villes de
Flandres ; et il y a lieu d’esperer que la faveur en augmentera de jour en jour. Mais il n’est pas possible que la banque ait d’autres
correspondans que les directeurs des monoyes ; le commerce et la circulation feront le reste naturellement »...
On joint une P.S. par les directeurs de la Compagnie des Indes (Corneault, Fromaget, Gattebois, Hardancourt, Lenormant
et Thiroux), ordonnant à leurs commis et préposés de laisser passer le prince de Tingry, porteur en Flandres de 10 000 livres,
suivant les instructions de Law, ici retranscrites, Paris 15 février 1720 (1 page et demie in-fol.).
Provenance :
Archives historiques du château de X
… (21 juin 1979, n° 114).
Reproduit page 105




