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me laissera jusqu’à la fin ma lucidité d’aujourd’hui, qui me défend de transformer ma passion d’écrire en un affreux gagne pain.

Je garde tous mes appareils de photographe ambulant : le jour où l’on me signalera un ouvrage nul, je déposerai ma plume. Je

le jure !

Mikhaïl

[…] c’est mon œuvre la plus vraie, la plus digne, la plus honnête, lambeau de ma propre chair, bien supérieure

à mes œuvres d’imagination. Cela aussi a son importance dans le cycle »…

118.

Marcel JOUHANDEAU

(1888-1979). 8 tapuscrits avec additions et corrections autographes (la plupart

incomplets) ; 76 pages in-4.

200/300

Rictus

(8 ff. paginés 107-11 et 112-114) : souvenirs de Jehan Rictus, rattachés aux débuts de Jouhandeau et à une anecdote

qui « enrichira mes chroniques de Chaminadour »... [

Journaliers (IV)

] (11 ff. pag. 35-42 et 78-81, repaginés au crayon rouge 1-7

et 32-35, plus 2 ff. 43-44 écartés) ; un passage supprimé est daté du matin 9 juillet 1959.

Le Merle

(2 ff. plus titre).

Figaro

(3 ff.

plus titre).

Lorette

(incomplet, 8 ff. plus titre). [

Journaliers

], fragment (11 ff. pag. 32-42), où il est question de Céline, Marc, Élise

et d’un souvenir de 1960. – Autre fragment (3 ff. pag. 55-57, repaginés au stylo rouge 123-125), préparé pour l’impression ;

une des entrées est datée du 1

er

août 1964. – Autre fragment (26 ff. pag. 31-41, 43-56, présentant d’importantes suppressions et

corrections) ; une des entrées est datée du 4 septembre 1965.

119.

Gustave KAHN

(1859-1936) poète symboliste et critique d’art. Manuscrit autographe signé,

Auguste Rodin

,

[1919 ?] ; 1 page in-4.

500/600

Sur le futur musée Rodin. « Quand Rodin eut donné les premières œuvres conçues dans sa deuxième manière, toutes les

statues antérieures des écoles modernes et les siennes propres parurent anguleuses. Il avait trouvé un modelé nouveau, un

modelé, où la lumière se caressait, glissait, apparaissait sans cesse toute entière, comme une force, comme une fée bienfaisante,

comme un élément et un tout, au lieu de creuser des lacs, derrière des îlots, organiser des luttes et mettre en scène des contrastes,

ce qui auparavant était sa manière »... Ce renouveau l’a fait comparer à Rembrandt ; du reste son influence a été plus grande

sur les peintres que sur les sculpteurs (en témoigne le cubisme, aboutissement de la question des volumes). Kahn souhaite

que le Musée expose l’histoire entière de l’évolution de l’artiste, y compris ses « faux départs », et filières tâtonnées, puis

abandonnées...

120.

Moïse KISLING

(1891-1953). L.A.S., Vendredi [1953], à un ami ; 1 page obl. in-8.

150/200

Il est heureux de retrouver son ami « dans Marseille que j’aime ! Dans quelques jours j’irai travailler sur le vieux port et je

ne manquerai pas de vous donner un coup de fil pour vous serrer les deux mains »…

121.

Henri-Dominique LACORDAIRE

(1802-1861) dominicain, prédicateur et pédagogue. 2 L.A.S., 1849-1854 ;

1 page in-4 chaque, une adresse.

150/200

Paris 9 mars 1849

, à M. Stourm, Représentant du peuple. Recommandation en faveur d’un de ses frères « architecte de

mérite, qui se trouve en ce moment, par suite des événements de 1848, dans une position difficile ». Il le prie de l’aider à intégrer

« la sphère des administrations qui vous ont été ou qui vous seraient confiée. Je regarderai comme fait à moi-même tout ce que

vous ferez pour lui »...

Toulouse 24 février 1854

, à la princesse de Beauvau. Il la remercie de sa bonté pour leur Chapelle des Carmes et d’autres

lieux de culte, générosité qui fait d’elle « l’une des bienfaitrices de notre ordre. Cette persévérance de votre charité pour nous

me rappelle [...] les heures agréables que j’ai passées à Haroué »...

122.

Jacques de LACRETELLE

(1888-1985). Manuscrit autographe signé,

Lettres espagnoles

, 1926 ; 136 pages

in-fol. plus titre écrites au recto, montées sur onglets, reliure maroquin bleu nuit orné de filets dorés et de listels

de maroquins rouge et citron sur les plats, dos à nerfs orné de même, doublures de maroquin bleu roi (

Dubois

d’Enghien-Dooms

).

1 500/2 000

Manuscrit primitif complet, de premier jet et de travail, de cet ouvrage publié en 1926 par la Société d’édition « Le

Livre », dans un tirage de 325 exemplaires, illustré d’onze eaux-fortes de Marie Laurencin. Ce « 1

er

manuscrit », abondamment

raturé et corrigé, est rédigé à l’encre noire sur papier bleuté avec quelques feuillets blancs intercalés et quelques béquets ;

il est daté en fin « Chantilly – Mâcon – Bellevue – Montfort l’Amaury – Dreux – Angers juin 1925-juin 1926 » ; il présente

d’importantes variantes avec le texte publié.

De Madrid, Tolède, Séville, Cadix, Ronda et Cordoue, « un certain Jacques Legrand » écrit à une Parisienne ses impressions

de voyage en Espagne : paysages, art et littérature, et aussi amours. Un avant-propos rapproche l’épistolier supposé de l’éditeur

des lettres, mais nie leur identité : l’éditeur « rirait bien aujourd’hui si une personne venait lui dire en face que l’homme des

lettres et lui ne font qu’un »...

Ex-libris Charles Hayoit (

Bibliothèque littéraire Charles Hayoit

, 4

e

partie, 1

er

décembre 2001, n° 1039).

123.

Félicité de LAMENNAIS

(1782-1854). L.A.S. « F.M. », Passy 7 mai [1820], au baron de Vitrolles ; 1 page in-8,

adresse.

80/100

Il sera privé du plaisir de le voir jeudi : « C’est le jour de l’Ascension et je serai obligé d’aller à Paris. Ce dérangement dans

l’une de mes plus douces habitudes me contrarie beaucoup. Faites-moi du moins savoir comment vous vous portez. Adieu, mon

bon ami ; vous savez avec quelle tendresse je vous suis dévoué »…