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113.
Victor HUGO
(1802-1885).
L’Année terrible
(Paris, Eugène Hugues, [1879]) ; grand in-8, reliure de l’époque
demi-chagrin rouge à coins (lég. rouss. int.).
800/1 000
Édition illustrée, avec des gravures de Jean-Paul Laurens, Léopold Flameng, Émile Bayard, Daniel Vierge, Éd. Morin, Lix et
Victor Hugo.
Envoi autographe signé sur la page de titre : « Au brave citoyen Bonhoure Victor Hugo ».
On a collé en regard, une P.A.S. : « Je prie M. Lévy de remettre à M. Bonhoure un exemplaire de
l’Année Terrible
. Victor
Hugo 5 mars 1876 ».
On a également monté à la fin du volume un feuillet impr. avec le texte du Mandat contractuel : Élections du 7 janvier
1872. Victor Hugo. Mandat contractuel... : Bonhoure est l’un des délégués du Comité électoral des Travailleurs signataire de
ce mandat soutenant le candidat Hugo. [Hugo avait refusé le mandat impératif et demandé à ses soutiens, dont Bonhoure, ce
mandat contractuel : « M. Victor Hugo ne pouvait accepter le mandat impératif, la conscience ne reçoit pas d’ordres ; mais il
pouvait et il sentit qu’il devait prendre l’initiative de la transformation du mandat impératif en mandat contractuel, c’est-à-dire
réaliser plus sûrement le progrès électoral par le contrat librement débattu et consenti entre le mandant et le mandataire ».
Apprenant sa défaite, Hugo écrivit : « Le 7 janvier 1872, Paris avait à choisir un représentant ou un député ; il a choisi un
député. »]
114. [
Victor HUGO
].
Juliette DROUET
(1806-1883). L.A.S. « Juliette », 30 septembre [1841], à Victor Hugo ; 4 pages
in-4.
700/800
Belle lettre amoureuse. « Tenez mon cher petit bonhomme voilà votre lettre que je vous donne de bien bon cœur et de
toute mon âme. Lisez la seulement avec autant d’indulgence qu’elle est écrite avec amour et tout sera pour le mieux ». Elle a
arrêté son travail de copiste, la nuit tombant. « J’ai une venette affreuse que vous ne soyez allé à St Prix […] vous êtes très
capable de me faire acheter du chasselas à neuf sous la livre pendant que vous allez vendanger à St Prix ». Le soir tombe et elle
n’y voit goutte maintenant. Elle est triste de voir les jours courts arriver à grand pas : « je n’aurai pas pour occuper mes longues
veillées un pauvre petit morceau de voyage à grignotter [...] je vois bien au train dont vous y allez que vous ne me donnerez
pas la joie cette année de vivre avec vous libres et sous le ciel comme deux oiseaux qui ont des ailes et qui s’en servent. Quand
je pense à cela je ne me sens pas le courage de commencer l’hiver, c’est trop triste et j’aimerais mieux mourir tout de suite
que de vivre de cette vie étouffante de coq en pâte à qui on a crevé les yeux. Maintenant je ne me plains pas trop haut parce
qu’enfin je vous ai bien un peu, mais dans huit ou quinze jours, quand votre famille sera revenue à Paris, je ne sais pas ce que
je deviendrai. [...] Mon toto, mon cher toto, mon adoré toto je sais bien que ce n’est pas ta faute mais la privation des deux seul
mois de bonheur réels et complets [...] me fera un mal affreux cette année. Je ne t’en veux pas mon pauvre amour mais je suis
triste et découragée malgré moi. Je t’aime trop mon Victor adoré. Je t’aime. Juliette ».
115. [
Victor HUGO
].
Juliette DROUET
. L.A.S. « Juliette », 20 septembre [1849], à Victor Hugo ; 4 pages in-8.
700/800
Belle lettre amoureuse, citant la
Légende du beau Pécopin et de la belle Bauldour
contée par Hugo dans
Le Rhin
(lettre XXI).
« Bonjour, mon doux adoré, bonjour, mon toto toujours plus beau, plus jeune et plus charmant, bonjour. Je ne sais pas
comment s’opère le prodige mais cela est. Peut-être est-ce à force de vous aimer que mon amour opère sur vous comme une
vraie jouvence. Toujours est-il que plus je vous aime et plus vous êtes charmant, mon beau Pécopin. Quant à moi j’ai pris les
devants sur les charmes séculaires de la pauvre Bauldour. Je suis plus vieille, plus glabre et plus griffogne que la pauvre vieille
amoureuse. Je ne sais pas où cela s’arrêtera mais j’éprouve le besoin de rétrograder pour ne pas me faire peur à moi-même.
Vous m’avez quitté bien vite hier, mon petit homme, pourquoi cela ? Vous aviez à écrire, dites-vous, mais vous auriez très
bien pu écrire à la maison je ne vous aurai pas dérangé et j’aurais été avec vous une heure de plus. Tâchez donc de faire votre
correspondance auprès de moi. Autrefois vous n’y auriez pas manqué. Est-ce à cause de Mme
Olympe
? »... Elle encourage son
« petit homme adoré » à reprendre ses bonnes habitudes, pour lui faire plaisir. « Je vous envoie tout ce que j’ai de meilleur en
moi, faites-en ce que vous voudrez, je vous le donne en toute propriété. Juliette ».
116.
Joris-Karl HUYSMANS
(1848-1907). L.A.S., Ligugé, 7 décembre 1900 ; 1 page in-12.
100/120
Il envoie un mandat « pour le dictionnaire que vous avez bien voulu m’envoyer »...
117.
Panaït ISTRATI
(1884-1935). L.A.S., L’Hautil s/Triel 27 mai 1927, [à Marcel Thiébaut, de la Revue de Paris] ;
3 pages in-8.
800/900
Très belle lettre sur son écriture et sa nouvelle
Mikhaïl
, dont il promet de remettre le manuscrit avant fin juillet. « Quant
aux “restrictions de style” dont vous parlez, je ne crois pas que vous n’adopteriez, à mon égard, l’attitude qu’ont adopté, jusqu’à
ce jour, quatre maisons d’édition françaises, qui m’ont imprimé ou m’impriment actuellement, à savoir : Rieder, Gallimard,
Ed. de France et le Sablier, pour ne plus parler de Grasset, avec lequel je viens de signer un contrat à mensualité fixe, à l’exemple
de celui qui me lie à Rieder pour tout le cycle d’
Adrien Zograffi
. Bien entendu, je ne prétends pas écrire dans un français
irréprochable, loin de là, et il y aura toujours, sur mes manuscrits, des incorrections à corriger. Mais, pour tout ce qui est du reste,
je n’ai jamais essuyé un refus, ni eu des pages à amputer. Je crois un jour pouvoir remercier à la France de m’avoir accueilli, sans
jamais subir ces humiliations-là, les seules que la vie m’a épargné. Croyez-moi : comme dans toute œuvre, dans la mienne aussi
il y aura du très bien, du bien, et du moins bien, – cela dépend beaucoup de notre état d’âme – mais j’espère que la providence
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