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Le manuscrit du long poème « antinaturaliste », dédié à Jean Richepin, présente quelques ratures et corrections ; il narre
l’arrivée devant le Père Éternel de Noël Jourdelan, qui raconte son histoire :
« C’est l’heure où le Bon Dieu, dans son vieux paradis
D’or craquelé, s’étend dans son fauteuil de juge »…
À la fin, Noël demande « un billet de retour » pour refaire le monde dans un bon sens ; Dieu admet certes que « la vie est
de travers », mais, ne pouvant avouer ses torts, « Il trouve suffisant pour consoler Noël / De l’envoyer dormir à jamais sans
remords. / Et c’est depuis lors qu’il est assis dans le ciel. »
On joint un billet a.s. demandant à Richepin pour Mme Gill des places pour la répétition de
La Glu
(Charenton 18 janvier
1883) ; les n
os
1 et 2 des 4 livraisons de
L’Esclave ivre
(1881, illustré de caricatures de Gill contre Gambetta) ; et quelques
coupures de presse.
98.
Jean GIONO
(1895-1970). L.A.S., [19 janvier 1954, à Marcel Thiébaut, directeur de la
Revue
de Paris
] ; 1 page
in-4.
400/500
À propos de la prépublication d’un extrait du
B
onheur
fou
: « il y a huit jours qu’on tape le texte pour vous. Par le même
courrier je vous adresse le premier chapitre, les autres suivront au fur et à mesure, sans arrêt jusqu’à la fin du passage qui vous
est destiné. Titre :
Angelo va à Novare
. Ces chapitres sont le début du livre donc rien ne précède (que
le Huss. sur le toit
) et rien
à expliquer. Pour ce qui suit et sans rien accepter de votre gentille allusion à la
Chartreuse
(qui me fait rentrer sous terre !) nous
expliquerons tout. Et peut-être même laisserons-nous prévoir (si vous le désirez) que d’autres fragments pourraient paraître
encore dans la
Revue
au cours de l’année ? »... Ses rhumatismes ne vont pas trop mal : « Je les ai traités par de longues ballades
répétées chaque jour et je trotte comme un lapin. Je touche du bois de la main gauche (est-ce que c’est valable) pendant que je
vous écris »...
99.
Delphine de GIRARDIN
(1804-1855) femme de lettres. Manuscrit signé « D G de Girardin »,
Une femme qui
déteste son mari
; cahier cousu de 63 pages in-fol.
400/500
Mise au net par un copiste de cette comédie en un acte, en prose, représentée pour la première fois au Gymnase le 10 octobre
1856, et publiée, également à titre posthume, chez Michel Lévy (1856). Des modifications au crayon – suppressions d’échanges,
attribution de répliques de Mme Langevinet à « Julie », et de Mme Langevinet mère à « Delaunay » – suggèrent que ce
manuscrit servit pour une représentation, peut-être privée. L’action a lieu pendant la Révolution, et se dénoue par un projet de
mariage.
100.
Albert GLEIZES
(1881-1953). Épreuves corrigées d’une conférence,
La Mission créatrice
de l’Homme dans le
domaine plastique
, 14 septembre 1926 ; 8 pages in-8 pag. 1-9 (manque la page 8 et un fragment entre les p. 2 et 3 ;
salissures et fentes).
100/150
Conférence faite à Paris le 17 décembre 1721 à la Société de Théosophie. Le texte porte quelques ajouts et corrections
autographes, et au dos du dernier feuillet le cachet de la maison d’édition Jacques Povolozky. Gleizes retourne la formule du
naturalisme : « l’œuvre d’art, c’est le tempérament qui se fait voir à travers la loi de la nature ». Il essaie de cerner la fonction
de l’artiste : « L’artiste, localisé dans l’exiguïté de son métier, a perdu le sens exact de lui-même. Il a borné son orgueil aux
horizons de sa fonction et a complètement oublié de se préoccuper des exigences de son organisme total. L’artiste est devenu
une hypertrophie, quand l’homme qui devait le supporter s’est atrophié de jour en jour »... Etc.
On joint 2 cartes postales adressées à Gleizes et à sa femme.
101.
Albert GLEIZES
. P.A.S. et 7 photographies avec annotations autographes signées ; 1 page in-4 en partie impr. à
en-tête du
Petit Palais
(bas un peu rongé), et 7 photos in-8 ou in-8 sous enveloppe à lui adressée.
700/800
Paris 22 mai 1937
. Fiche de prêt au Petit Palais de
La Chasse
, « gouache pour le tableau 1911 (collection P. Faure) », avec
dimensions et détails, valeur d’assurance, etc. ; quant à la bibliographie et aux reproductions : « à rapprocher de tout ce qui a été
dit sur
La Chasse
(tableau) – les
Méditations esthétiques
par G. Apollinaire (1912) »...
Photographies de peintures murales, signées, identifiées et datées au dos : « Autorité spirituelle et pouvoir temporel. Peinture
murale 1939 », « La Chute de Babylone (peinture murale) 1939-40 », « «Le Christ entouré par les Évangélistes» peinture
murale 1942 », etc. Conservées sous enveloppe avec adresse d’expéditeur des Éditions de la Cigogne, à Casablanca, maison qui
publia en 1950 les
Pensées sur l’Homme et Dieu
de Pascal, illustrées par Gleizes.
102.
Arthur de GOBINEAU
(1816-1882). L.A.S., Paris 18 janvier 1877, [au baron Oscar deWatteville] ; 3 pages in-8.
500/700
Intéressante lettre sur le succès de son
E
ssai
sur
l
’
inégalité des
races humaines
.
Il remercie le baron de son amitié et de son affectueuse mémoire. « Savez-vous que je suis fort embarrassé pour vous
faire la biographie de mon livre sur l’Inégalité des Races humaines ? [...] On a professé sur mes doctrines aux universités de
Bonn, de Tubingen, de Leipzig et de Halle. Dans cette dernière ville, le professeur Pott, le grand étymologiste a publié un livre
sur le mien et un gros livre. À Bonn, le grand sémitisant, le Dr Ewald a donné une série d’articles. À Munich, le professeur
Fallmerayer, l’auteur de l’
Histoire de Trébizonde
a fait de même. On a traduit l’ouvrage en Amérique et le savant Agassiz l’a
honoré d’une préface. Enfin je crois qu’on le considère comme classique dans la question. Il me paraît que je ne peux guère donc
en dire plus. L’ouvrage est épuisé. On en demande une autre édition. [...] Monsieur Plon vous parlera des détails parce que je
pars demain pour Stockholm »...




