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35

93.

Sulpice-Guillaume Chevalier, dit Paul GAVARNI

(1804-1866). L.A.S., Lundi ; demi-page in-8 (papier bruni).

100/120

« Votre pierre est faite, Messieurs ; c’est par erreur qu’on ne l’a pas remise la dernière fois qu’on l’a demandée et je ne sais

pas l’adresse de votre imprimeur »...

94.

Paul GÉRALDY

(1885-1983). 192 L.A.S., Paris et Guerrevieille-Beauvallon (Var)s.d., [à Marcel Thiébaut, de la

Revue de Paris

] ; 375 pages in-4 et in-8.

1 000/1 200

Importante et remarquable correspondance amicale et littéraire, pleine d’érudition, commentant avec beaucoup de

verve ses lectures et le monde littéraire, son travail d’écriture, ses états d’âme, ses publications et celles de ses amis écrivains,

comme Colette qu’il évoque et fréquente régulièrement. Nous ne pouvons en donner que deux exemples. « Le bouddhisme

ici pour moi ? Un étrange état en tout cas, quelque chose de ralenti, de quelquefois assez intense, mais à arrière-goût de mort,

un état qui me rappelle très précisément mes dix-huit, dix-neuf ans, où seul, avide, ennuyé, tendu vers tout, ne touchant rien,

je m’écoeurais de moi-même. Le paradoxe d’être ici, dans ce paysage de vacances, entouré de barbelés, de blockhaus, d’artillerie,

de troupes et menacé d’expulsion naturellement, mais très calme, extraordinairement calme, et plantant mes petits pois et mes

pommes de terre, et brûlant mes feuilles mortes (mes aiguilles de pins mortes), et courant les campagnes pour un peu de viande,

pour un peu de vin, et ruminant le pas et la mort, devenu étrangement présent. Certes ce comique de Claudel est inacceptable.

Il est en béton armé. Et nous sommes d’accord sur tout. Dès qu’on nous emmène loin et haut, votre sens critique tombe. Nous

sommes indulgents et contents. Intense volupté d’admirer. C’est le contraire de tout ce que j’aime forme et matière – mais ça

m’a fait un énorme plaisir, musical. Est-ce qu’il n’y a pas là-dessus une grande influence japonaise ? Est-ce qu’il n’y a pas des

images comme ça dans le vieux théâtre japonais ?... Un peu de pluie. Trop peu de talent... Et cette manie de chercher l’esprit

en dehors de la chair ! C’est les réconcilier qu’il faut ! Monter très haut mais garder la chair comme moyen d’expression. Ne

pas opposer Dieu et la vie. Faire servir la vie à l’expression de Dieu. Toucher Dieu pour la vie »... « Montherlant m’avait écrit

qu’il écrivait une pièce à trois personnages. Je m’étais dit : “Je lui souhaite bien du plaisir ! Il verra ça !” Toujours l’antagonisme

des écrivains et des auteurs dramatiques. Le théâtre n’est pas (j’exagère à peine et même je ne suis pas sûr d’exagérer du tout),

un genre littéraire. Vous me répondrez : Racine. Mais on pourrait dire – et ce serait à peine un paradoxe – que Racine n’est pas

littéraire. Il n’est pas plus littéraire que les Évangiles ne sont littéraires. Giraudoux dit que les mots et Racine sont tous comme

le mot pain ou le mot eau »...

Reproduit page 37

95.

Jean-Léon GÉRÔME

(1824-1904) peintre. 4 L.A.S.,

65, boulevard de Clichy

1884-1900 et s.d. ; 1 page in-8

chaque à son adresse.

250/300

5 juin 1884

, à un collègue, président de la commission des secours [de la Société des Artistes peintres, sculpteurs et graveurs].

Âgé de 60 ans, membre de la Société depuis plus de trente ans, il a droit à la pension de 300 francs. « Dois-je la réclamer pour la

verser à la Caisse des secours ou bien la laisser à la Caisse Générale de la Société ? »...

11 octobre 1885

. Envoi d’un spécimen de

son écriture, « très heureux que mon nom figure dans votre collection d’autographes »...

8 avril 1900

, remerciant un ami pour

un livre dédicacé : « Je le lirai avec d’autant plus d’intérêt qu’il est de vous d’abord, ensuite, que j’ai été mêlé à ces événements

tout jeune encore, et que j’en ai gardé une impression qui ne s’effacera jamais »...

S.d.

, à un confrère. Il note le dîner à l’hôtel

Cluny le 13 avril. « Vous pouvez compter sur moi, à moins que je ne sois parti pour la Hollande où je suis obligé d’aller faire

des études de tulipes pour un tableau en voie d’exécution »...

96.

André GIDE

(1869-1951). L.A.S., [Paris 10 janvier 1900], à Eugène Rouart ; 3 pages petit in-4, enveloppe.

250/300

«

Bonfils

m’a paru succulent comme une aubergine farcie. Le premier chapitre que je connaissais par cœur (mais tu y as fait

d’excellentes modifications), n’accroche un peu que lors du dialogue entre les jeunes gens ; il n’y a rien à enlever ni à rajouter –

simplement quelques phrases à raboter sur les épreuves. – Car (tu le veux bien n’est-ce pas) je le donne aussitôt à l’impression ».

Quant à la suite, « l’expérience nous montre qu’il est fâcheux de faire durer un roman plus de trois n

os

(quatre au plus). […]

Vois-tu qu’à la façon de Barrès, tu puisses en couper encore un gros morceau, de la taille à peu près de celui-ci, et qui fasse à peu

près un tout à lui seul ? [...] La dédicace est très bien et très de toi. Mais je crois qu’il est de bon goût de ne la publier en revue,

que dans le cas où la dite revue publierait le roman tout entier »... Il le presse de finir : « Vrai, le commencement me ravit ; c’est

liquoreux ! Tu me présenteras à Aubergimann ; il est crevant »...

97.

André GILL

(1840-1885) dessinateur et caricaturiste. Manuscrit autographe,

Poëmes

antinaturalistes. Noël

Jourdelan

, avec L.A. d’envoi, [vers 1880-1882] ; 5 pages in-fol. et 1 page in-4, une enveloppe [cachet du 9 novembre

1880].

400/500

Lettre d’envoi à Jean Richepin du « Jourdelan », pour publication dans

Gil Blas

. « Si vous n’y voyez pas d’inconvénient La

Rounat va nous jouer L’Étoile avec Taillade ». Il annonce l’envoi prochain de « deux volumes, un de vers

La Muse Humaine

,

l’autre de prose :

20 ans de Paris

avec préfaces de Daudet et de Coppée » ; et il retient une préface de Richepin pour son prochain

livre

Catherine Gorius

».

… /…