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sollicite une souscription en faveur de la veuve d’Auguste Comte, remercie de l’envoi d’un article sur Herbert Spencer et de
remarques au sujet d’un article d’Eugène de Roberty... Questions quant à des termes employés à propos de la production des
Kabyles :
garouille
et
ressences
... Expression d’admiration pour les talents et le caractère de John Stuart Mill... Lui-même
décline inexorablement et souffre de douleurs permanentes : « Je garde la lucidité de l’esprit au milieu de tout cela, ce qui fait
illusion à quelques-uns sur mon état, et j’en profite pour travailler un peu à la revue » (2 janvier 1880)...
138.
Pierre LOUŸS
(1870-1925). L.A.S., Elisabethenruhe dans le Marienthal en Thuringe 26 août 1891, à un ami ;
4 pages in-8 (qqs lég. fentes).
300/400
Sur la revue
L
a
C
onque
. Il s’inquiète d’une vivre réaction de Viélé-Griffin qui « retire sa promesse d’inaugurer un numéro
de
La Conque
, sous prétexte que j’ai publié des vers d’un jeune homme [Camille Mauclair] qui vient de le prendre à partie
indirectement dans un article sur Moréas. […] Je ne défends pas Mauclair qui me déroute en ce moment par une évolution
suivie en sens contraire des idées qui m’avaient plu en lui […] Mais je trouve Griffin bien susceptible. […] vous savez comme
moi que si tous les collaborateurs de ma pauvre revue ne [sont] pas pleins “de sympathie pour leurs aînés les symbolistes”,
comme dit Griffin, c’est qu’
il n’y a plus
de symbolistes. L’école est aujourd’hui complète, et depuis longtemps elle ne se recrute
plus »... D’ailleurs il doute que Mauclair ait été aussi grossier que Leconte de Lisle l’est pour Verlaine... Il termine en évoquant
le charme des demeures surannées : « Je ne puis vous dire quel attrait a pour moi tout ce qui s’est passé entre 1814 et 1826. Je
voudrais avoir un cabinet meublé d’un meuble de ce temps, avec un lit de repos et un fauteuil à sirènes ; je me compose une
bibliothèque toute en éditions Lefèvre, avec des reliures de Thouvenin ; j’aime d’amour Amable Tastu ; je voudrais tant avoir
véc près de ces gens, qui me semblent avoir été des silencieux et des intérieurs »...
139.
Pierre LOUŸS
. 2 L.A.S. « Pierre », [Bayreuth] 1
er
septembre [1892] et s.d., à son frère Georges Louis ; 4 pages
in-8 et 1 page obl. in-12.
300/400
Bayreuth. Il projette de revenir par Chaumont et Épernay pour voir leurs « pauvres vieux domestiques », et sera à Paris
vers le 12. « Hier s’est achevé un mois pendant lequel je n’ai
rien
écrit pour moi. […] Pour être tout à fait exact, je t’avouerai
une ébauche de sonnet, qui n’a pas abouti. Je suis tout à fait innocent de ce
Stryge
que publie le
Voltaire
et je suis bien ennuyé
d’avoir encore un homonyme. Je viens d’achever avec une joie infinie
As you like it
. Le premier acte surtout est adorable.
Les autres sont un peu insignifiants, mais il y a de si jolies choses. En dehors de cela je fais du latin ; c’est ce qui fait que ma
traduction traîne ; j’en ai déjà écrit les trois quarts [...]. Après les faire-part de Gide et de Régnier, tu as failli en recevoir un de
moi : “Pierre Louÿs n’est plus”. Je suis tombé du haut d’un petit escalier sur une table renversée qui m’a meurtri toute la hanche
droite »... – « Ma lettre est partie et j’ai oublié le plus intéressant : c’est dans la loge de M
me
Wagner que je dois assister à la
représentation de mercredi. Teodor de Wyzewa qui est ici me propose de ma présenter ; il y a ses entrées et le droit d’amener
qui il veut »...
140.
Pierre LOUŸS
. L.A., 5 janvier 1895, à son frère Georges Louis ; 6 pages in-8.
300/400
Il évoque l’envoi par la valise diplomatique d’un paquet de trois
Bilitis
avec une lettre. Nouvelles de la famille d’Épernay.
Il raconte sa visite au « malheureux » Alfred à Igny-le-Jard... « J’ai payé la plus grande partie de ce que je devais, mais pas
tout encore », avec le détail : « il me reste donc trois libraires (600 en tout), un tailleur (180 ??), le Mont de Piété (140)… et
mon terme du 15 janvier. Tout cela peut attendre mon retour ». Il a supprimé les étrennes qui n’étaient pas indispensables.
« Je n’ai envoyé de chocolats qu’à M
me
Gautier et aux petites Heredia, que j’ai vues plus de dix fois dans la seconde quinzaine
de décembre » ; il a aussi vendu de l’argenterie : « Je vais partir demain pour Séville avec un peu moins de 500 francs »... Il lui
envoie une « grande chronique de Ginisty sur
Bilitis
. […] L’article est très aimable, mais il y a malheureusement des citations
criblées de fautes idiotes »... Il termine en parlant de la « canacadémie » fondée par les filles de Heredia : l’aînée Hélène, Louise
la 3
e
: « Quand à la seconde, Marie (19 ans) c’est une perfection. – Tu ne peux pas t’empêcher d’observer que je suis voué à ce
prénom... même en arabe ».
Mille lettres inédites à Georges Louis
(2002), p. 139.
Reproduit page 49
141.
Pierre LOUŸS
. L.A.S. « Pierre », Cadix 6 septembre 1896, [à son frère Georges Louis] ; 4 pages in-8 à en-tête du
Grand Hôtel de Paris, Cádiz
(Lég. salissure etpetite trace de rouille).
300/400
Cadix est une ville claire et nette : « Peu de mantilles et trop de chapeaux français ; mais on rencontre encore de temps en
temps des jeunes filles en chemise et en jupon rose avec un vieux châle jaune sur les épaules et cela suffit pour animer une rue. Je
m’y suis promené hier soir pendant trois heures avec un guide qui a trouvé moyen de me montrer
tout, sauf la mer !!
» [dessin
du plan de Cadix, entourée d’eau]. Il s’est décidé d’aller voir, pour la première fois, « los Toros » (il rouvre sa lettre pour dire de
la corrida : « je suis écœuré. Je ne suis resté que 25 minutes dans cette boucherie et je n’y retournerai de ma vie »)... Puis il conte
une anecdote : « Au printemps de l’année dernière, Robert de Montesquiou (Des Esseintes) invite son maître Mallarmé à un
déjeuner sur l’herbe dans la Forêt de Fontainebleau. Comme Mallarmé passe ses étés à Valvins, c’était l’inviter chez lui. Aussi,
Mallarmé répond : “Ne vous occupez pas des formalités du couvert ; j’apporterai ce qu’il nous faut.” Montesquiou voulut bien
ne pas s’occuper du couvert de Mallarmé, qui était de faïence blanche ; mais il s’occupa du sien. Et tous les mets qui passèrent
par sa noble bouche lui furent présentés sur des ustensiles de Sèvres à son chiffre et à ses armes, qu’un valet apporta dans une
petite valise. – Je me garderai bien de faire des comparaisons inconvenantes ; mais c’est dommage qu’on ne puisse pas apporter
son palais avec soi comme on apporte son train spécial et sa valise de vaisselle »...
Mille lettres inédites à Georges Louis
(2002), p. 215.
Reproduit page 49




