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52

Dieu : « faites que Musidora ne m’aime pas, parce que je suis l’ami de Pierre Labrouche et que je ne veux pas éprouver un pareil

conflit de sentiments »... – Il la taquine sur un admirateur grec qui a fait une « cour insensée » à la « petite Sainte Nitouche »

consentante, sous les yeux scandalisés de Louÿs. « Moi qui ai toujours été si convenable avec vous, si pudique et si réservé, il

faut que je voie mes amis entreprendre à ma barbe ce que je m’interdis par sincère amitié pour qui vous savez [...]. Ah ! il s’est

passé bien des choses depuis que je ne vous ai vue, Musy. Tant de choses que je suis à bout d’émotions. Et hier après avoir accepté

à 9

h

¼ d’accompagner ma meilleure amie (ma meilleure amie de la semaine) chez une illustre dame, j’ai fini par rentrer chez

moi parce que j’avais eu trop d’incidents, d’imbroglios, de drames et de flagrants délits depuis le commencement du mois. Alors

soyez gentil demain : ayez un petit midnight-tea tout à fait childish et innocent »...

25 janvier 1919

. Sous quelques mesures

d’un air des

Brigands

d’Offenbach, il l’invite à courir chez Mathilde Auguez (Mme H. Lavedan) et de s’habiller en Fragoletto

comme Marguerite Ugalde. « Dites à Auguez d’imaginer qu’elle pousse encore ce cri de joie dans la gaieté inouïe qu’inspiraient

le visage, la voix, le jeu de José Dupuis [...]. Et puis, s’il m’arrive encore (et cela m’arrivera) de vous comparer à l’Être Parfait,

dans mes lettres et mes discours, ne me regardez plus tout tristement, comme vous l’avez fait ce soir et avant-hier, avec vos

yeux de 300 bougies »...

Reproduit page 49

150.

Pierre LOUŸS

. Manuscrit autographe sur le théâtre de Corneille, [1919 ?] ; 4 pages et quart oblong petit in-4

(petit manque à un coin, sans perte de texte).

200/250

Sur Corneille. On ne connaît pas la date de la première du

Cid.

« On croit que le triomphe du

Cid

créa le théâtre français

entre novembre 1636 et janvier 1637. Nous pardonnerions à l’Académie les

Sentiments

[...] gaffe immortelle au frontispice de

son histoire, si, faute de savoir lire

Le Cid

, l’un des Quarante, un seul, avait su le dater »... On ignore quel

Cinna

fut joué devant

Richelieu. « La tragédie qui porte ce titre d’assassin est une excuse publique prononcée par un velléitaire qui tuerait le cardinal

s’il en avait le courage et qui le dit. Mais Corneille attendit la mort de Richelieu pour imprimer

Cinna

et le seul texte que nous

sachions est celui de 1643 »...

151.

Pierre LOUŸS

. Poème autographe,

À une politicienne

; demi-page in-4.

150/200

Quatrain, après trois débuts rayés :

« Hé ! que les esprits sont mal faits !

On dit qu’à vos yeux, belle Onane,

Tous les régimes sont mauvais

Sauf les régimes de bananes ».

On joint une note autographe tirée des

Mémoires secrets sur la Russie

(1800), sur le spectacle de Russes folâtrant nues au

bord de la rivière (sur 1 p. in-12).

152.

Pierre LOUŸS

. Manuscrit autographe,

Un roman sur l’aviation, traduit de l’anglais en 1648

; 3 pages et demie

in-4.

200/250

Note d’érudition bibliographique, au sujet de la première traduction de l’anglais en français que Lanson date de 1664 ;

Louÿs relève toutefois quelques exceptions, dont

The Man in the Moon

de Francis Godwin, publié à titre posthume en 1638.

« Si l’on en croyait Brunet et Barbier, l’ouvrage aurait été traduit de l’anglais par Jean Baudoin, le traducteur de Lucien. [...] La

vérité est que le roman fut mis en français tant bien que mal par un Écossais, Thomas Daran, qui entreprit de le faire connaître

à Paris. Daran avait un ami en France, un compatriote, en la personne du célèbre chimiste Davisson, médecin du Roi et directeur

du Jardin des Plantes. Il lui envoya son manuscrit. Davisson le remit à Baudoin, qui le corrigea et le fit imprimer ». Louÿs en

donne la collation.

153.

MAN RAY

(1890-1976). 2 P.S., 1959-1964 ; sur 4 pages oblong in-12 sur papier vert d’eau.

400/500

Feuillets d’un

album

amicorum

.

24 octobre 1959

. Une quinzaine de signatures, dont celles de James Jones, Bernard Pfriem

et Maxime Pfriem (de La Falaise), Adrian Pryce-Jones, Claude et Hélène Hersaint, William N. Copley (amusant petit dessin

signé CPLY), Maurice Henry (avec son profil dessiné), Juliet Man Ray, et Man Ray (en calligramme dans le dessin d’un trèfle

à quatre feuilles)...

1 rue Léopold Robert, 14 avril 1964

. Une dizaine de signatures, avec quelques inscriptions, la première par

Marie-Laure de Noailles : « Je suis l’historienne de la crème au chocolat » – suivie de « Lu et approuvé Man Ray »... On relève

aussi Claude et Françoise Hersaint, etc.

154.

André MARCHAND

(1907-1997) peintre. Dessin original avec légende autographe signée, Avignon août 1945 ;

environ 26 x 16,5 cm sur un fragment de nappe en papier.

300/400

Portrait de femme aux cheveux longs et aux seins nus, portant un collier avec une croix, légendé : « Portrait de Laure de

Noves Avignon Août 1945 pour M

r

Chobaut très amicalement André Marchand ».

155.

Roger MARTIN DU GARD

(1881-1958). 5 L.A.S., Bellême (Orne) et Nice 1930-1957, [à Marcel Thiébaut] ;

9 pages et demie in-8.

600/800

Intéressante correspondance.

Bellême

18 octobre 1930

. Il appuie la proposition de Gide, de publier la traduction par

Marcel de Coppet d’

OldWives Tale

d’Arnold Bennett. Il a pour ce roman «

une admiration profonde

», et quant à la préface de