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54

160.

Louis-Sébastien MERCIER

(1740-1814) écrivain, auteur du

Tableau de Paris

, conventionnel (Seine-et-Oise).

L.A.S., 30 mai an IV (1793), à Madame de Salaignac à Pontoise ; 1 page et quart in-4, adresse.

500/700

« Mon demenagement, un voyage, un grand chagrin (mais que j’ai deja vaincu) ; vous le dirai-je un accès de misantropie ;

tout m’a rendu etranger à la société pendant trois à quatre mois ». Il la félicite pour son mariage : « Vous avez bien fait, d’avoir

métamorphosé un bon et tendre parent en mari ; et vous pourrés dire comme Heloise

o toi qui

reunis les titres les plus doux

»...

Il se réjouit de son bonheur, d’autant plus qu’elle a retrouvé son fils : « Il y a une marche qui recompense toujours les cœurs

droits sensibles et bons. Dans mon violent chagrin, j’ai reçu des secours d’en haut. Point de félicité pour le mechant. Il lui promet

une visite ; il a été nommé juré de jugement du 1

er

juin au 1

er

septembre. Il demande où lui adresser ses livres

Le Vieillard et ses

trois filles

et

Les Fictions morales

: « Votre exemplaire porte votre nom »...

161.

Charles MILLEVOYE

(1782-1816). 2 L.A.S., 1801-1816 ; 3 pages petit in-4 et 1 page et demie in-4, adresses.

400/500

Rares lettres du poète mort à trente-trois ans.

Paris 25 frimaire X (16 décembre 1801)

, à son ami Depoilly à Abbeville. « C’est donc le sort des poètes d’être toujours

inconstants danss leurs décisions, incertains dans leurs goûts »… Il a envoyé un paquet pour sa mère et pour son ami avec des

exemplaires des

Plaisirs du poète

; il a adressé à la Société d’Émulation « le recueil de mes Œuvres posthumes, faible gage de

mon tendre respect pour elle ! », et il envisage de se faire recevoir membre de cette société. Pour l’instant, se reposant « sur mes

lauriers naissants ou à naître », il termine par 7 vers : « Je me livre avec volupté / à cette douce oisiveté / péché que paresse on

appelle »...

Abbeville 2 février 1816

, à Antoine-Vincent Arnault de l’Institut. Il se désole du départ de son ami pour la Russie ; il perd

« l’ami loyal et sincère, l’homme de lettres distingué, le premier que j’aie connu et l’un de ceux qui m’ait inspiré le plus de

confiance et d’attachement »...

162.

Robert de MONTESQUIOU

(1855-1921). 2 L.A.S., 1899 et s.d., à une dame ; 4 pages in-8.

200/250

31 janvier 1899

. « Vous peignez, tout à tour, et vous brodez la mystérieuse fleur, en fée alternativement Anglaise, ou Japonaise.

Je vous dois donc bien de

cuire

, en échange, le mystérieux oiseau, pour en décorer à votre intention, cette céramique ». Il propose

de lui faire tenir son exemplaire des

Perles Rouges

« que j’y inscrive quelques vers que vous aimez »... – Au sujet de la liste

des donateurs pour le monument qu’il fait ériger à Douai « en l’honneur de la grande femme-poète Desbordes-Valmore » ;

il sait son « noble souci des choses d’art » et compte sur sa générosité. On joint une carte de visite de la comtesse Greffulhe.

163.

Robert de MONTESQUIOU

. L.A.S. « r. » ; 2 pages in-12 à rayures bleues.

200/250

« Je vous envoie une“

reformation symphony inwhite

”.–D’autre part les

cadeaux

offerts,acceptés promis sont impatiemment

et impérieusement attendus par les parois, les cadres et les âmes ! Ensuite,

les déjeuners

[…] En fait d’alimentation je vous ai

lu

à un dîner présidé par deux fières patrono-matrones : il n’y manquait que la veuve Adam ! Quel bouquet ! Quel banquet ! Sur

le bi du bout du banc ! – J’espère qu’on ne vous aura pas servi les tableaux : en poudre, ça fait mourir ! »...

164.

Robert de MONTESQUIOU

. 2 L.A.S., Neuilly 1909 et s.d. ; 4 et 2 pages petit in-4, une enveloppe.

200/250

Pavillon des Muses

[24] juin 1909

, à Arsène Alexandre à Compiègne. Il ressent très vivement son attention délicate : « si

je l’accepte, c’est parce que,

plus encore

qu’à

ce qu’elle offre

, j’attache du prix à

la façon

dont il est offert. Vous avez revu votre

beau portrait

. Il me suivra dans ma

nouvelle demeure

, m’y reparlant

d’art

et

d’amitié

»...

Neuilly

9 mai

, à un ami. Il est très

touché de son article confraternel. « Il y a toujours, certes, de l’agrément, et du réconfort dans l’appréciation des hommes que

nous estimons. Et quand il s’est élevé, entre ces hommes, et nous, quelques dissidences de début, nous devons nous féliciter de

ces premiers désaccords, puisqu’ils doublent le prix de l’éloge futur »...

165.

Robert de MONTESQUIOU

. 2 L.A.S., 1909-1912 ; 4 pages in-8, et 2 pages petit in-4 à tranche dorée. 200/250

Pavillon des Muses 8 avril 1909

. Belle lettre à propos de son drame en vers

Mikhaïl

,

Mystère en 1 prologue et 3 scènes

,

d’après Tolstoï, joué depuis le 5 avril au Théâtre des Arts, et auquel son correspondant (Alfred) désire assister : « Je suis trop

orgueilleux pour ne pas être modeste, même quand l’approbation des meilleurs me hausse jusqu’à leur jugement difficile et

leurs assentiments attendris. […] la collaboration de Tolstoï permet à votre jeunesse, non moins qu’à votre mérite, de ne pas

trouver cet acte

excessif

»...

Castel d’Artagnan décembre 1912

. Remerciements pour le précieux éloge de son dernier livre,

Têtes d’expression, 7. Cambrioleurs d’âmes (Mme Romaine Brooks) 

: « Ces

Essais

(dont voici déjà le septième recueil) je les

écris

pour les écrire

, ce qui reste une façon de bien faire, et pour mériter quelques unes de ces louanges individuelles (dont est

la vôtre) et qui sont seules de mon goût. Les autres, je les rends [...] responsables de ces

faux

succès, qui se prennent au

sérieux

,

font se pavaner des geais, et se dresser des couronnes de carton, sur de l’hermine en peau de lapin »... On joint une carte de

visite autographe (la fin manque) à un poète.