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impossible

qu’elle. Qu’est-ce que c’est que cette manière de traiter en petit garçon ou en libertin usé un homme plus jeune

qu’elle qui, au fond, la vaut bien, qui se laisse faire par faiblesse, ou plutôt, comme disaient nos pères, par

mignardise

, mais qui

peut se redresser si on lui marche sur la queue ? Sottise, marraine, vanité qui se trompe & qui manque son but en voulant aller

au-delà.

Qu’aurait-elle dû faire ? direz-vous peut-être. Céder ? faut-il donc céder sous peine d’encourir l’auguste colère de monsieur ?

– Non, marraine, mais seulement

comprendre

, ne pas feindre de croire ni vouloir faire croire qu’après 10 ou 15 ans d’une vie

connue, on est la présidente de Tourvel – ne pas profiter de ce qu’on voudrait se rendre

inreconnaissable

pour méconnaître les

autres – savoir à qui on parle – en un mot avoir la moitié seulement du bon sens, de la délicatesse et de la franchise d’une très

petite personne qui demeure par là au tournant de Tortoni, et qui sait la différence qu’il y a entre un bœuf et un bouvier.

Voilà mon dire. Maintenant j’ai les côtes rompues et très mal aux genoux parce que je m’en viens de courir après un

chevreuil qui s’en moquait bien et qui avait raison – mais je me moque bien de lui à présent que j’ai ôté ma veste et que j’ai

changé de bottes. Ceci n’est point une métaphore, je rentre de la chasse et j’ai une quantité très suffisante de lieues dans le dos.

Et je vous assure que le célèbre poëte Horace, lorsqu’il a dit que le chagrin montait en croupe derrière le cavalier, a dit une

bêtise pommée. Le chagrin tombe de cheval à chaque tems de galop. Je vous écris avec le cœur libre, la conscience tranquille, et

les mains (mille pardons) sentant l’écurie.

Adieu marraine. Il y a bien peu de monde que j’aime autant que cette petite fée toujours bonne qui se tient debout sur vos

petits pieds »...

174. [

Alfred de MUSSET

].

Antoni DESCHAMPS

(1800-1869). Deux poèmes autographes signés,

À M

r

et M

me

Alfred Tattet

et

À Alfred de Musset

; 1 page oblong in-fol.

300/400

Feuillet d’album rassemblant deux poèmes : un sizain adressé aux Alfred Tattet, amis intimes de Musset : « J’aime votre

salon, la retraite choisie »… ; et une épître de 12 vers dédiée à Alfred de Musset :

« La divine Cybèle et ses métamorphoses

Le monde extérieur et la forme des choses, […]

Avec ses ailes d’or la Sainte Poësie

Avec ses grands yeux bleus la belle fantaisie

Le formidable enfant, l’amour au trait vainqueur

Tu portes tout cela dans un pli de ton cœur »...

175.

Gustave NADAUD

(1820-1893) chansonnier. 2 poèmes autographes (un signé), et 18 L.A.S., Paris, Nice, Roubaix

1855-1891 ; 24 pages formats divers, qqs adresses (on joint un télégramme).

250/300

Examen de conscience d’une jeune fille

, long poème de 13 sizains :

« Je le sais par expérience :

Je suis grande, j’ai dix-sept ans »...

Cocci-coccinelles

, de 6 quatrains, joue sur les répétitions :

« Sentimenta-mentalement

Les bêtes-bêtes sont perchées »…

5 février 1855

, [à Crémieux], il ne peut se rendre à son invitation, et « renonce à la bonne fortune que vous me proposez »...

8 février 1862

, à Edmond [Cottinet] : « J’ai entendu parler de tes articles au

Courrier du Dimanche

et je suis fier pour toi du

succès qu’ils ont obtenu »...

28 juin 1867

, remerciant pour un article flatteur : « votre suffrage m’est très précieux »...

19 janvier

1884

, [à la comtesse de Chambrun], la priant de garder en dépôt un exemplaire de sa grande édition de

Chansons 

: « Il est

possible qu’il trouve des amateurs parmi vos invités »...

29 avril 1887

, à Octave Lebesgue : « Toujours aimable pour le vieux

chansonnier, vous m’avez encore, à propos des chansons de Pottier, adressé dans Paris un bouquet d’un parfum exquis »...

2 décembre 1887

, au même : « je vous fais parvenir les chansons qui manquent à votre collection »...

5 décembre 1887

, à

une petite amie. « Hélas ! je ne pourrai jouir de la bonne fortune que m’offre notre chère comtesse »...

18 juin 1888

, à Mlle

Fernande : conseils poétiques... Etc.

176.

Anna de NOAILLES

(1876-1933). 4 L.A.S., Paris 1908-1930 ; 1 page in-8 ou in-12 chaque, adresses.

200/250

Samedi [21 novembre 1908]

, au Dr Vivier, remettant un rendez-vous : « Ma belle-mère vient à Paris avec le petit

aujourd’hui »...

Jeudi [20 mai 1909]

, à Mme André Chaumeix : « Au moment d’aller en Arles, je tiens à vous dire combien j’ai

été heureuse de retrouver votre rayonnante et fidèle amitié ; – j’y tiens profondément »...

Jeudi [2 janvier 1913]

, à la même.

« J’envoie à la Gréco-nègre au beau visage égyptien, tous mes vœux les plus affectueux, ainsi qu’au sensible André. Mais avec

ou sans âme vous plaisez à mon cœur, et le rassurez contre la tristesse et la mort »...

23 mai 1930

, à André Chaumeix : « Notre

très vibrante amie M

me

de Pierrebourg n’en revient pas que Kindchen ne se soit pas précipitée dans vos bras hier ! Elle ne sait

pas que notre affection parfaite est de la veille et du lendemain »...

177.

Charles NODIER

(1780-1844). Manuscrit autographe signé,

Le Docteur Guntz

, [1832] ; 1 page in-4 (papier

bruni sur un bord légèrement effrangé).

700/800

Conte recueilli dans le keepsake

Soirées littéraires de Paris

, publié par M

me

Amable Tastu (Louis Janet, [1832], pp. 231-235) ;

il ne fut pas repris dans les éditions collectives de Nodier. Le manuscrit, recouvert d’une fine écriture d’un bord du feuillet à

l’autre, présente de rares ratures et corrections. Il provient des archives du libraire Renduel (

vente Adolphe Jullien, 5 mai 1933,

n° 69

).