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66

189.

Jean RASPAIL

(né 1925). 4 L.A.S. et 1 P.A.S., 1984-2001, au libraire et journaliste niçois Jean-Pierre Rudin (une

à Armand Salacrou) ; 5 pages formats divers, la plupart à son en-tête, 2 enveloppes.

120/150

5 avril 1990

. « Superbe papier, et très bien placé »...

28 février 1995

. Remerciement pour le « coup de main ». Jacques

Médecin lui écrit qu’il compte lire son livre « “prochainement... en liberté”. Pauvre Jacques, je crains qu’il ne se fasse des

illusions »...

29 juillet 1998

, remerciement, après réception de

Corse-Matin

et de

Nice-Matin

»...

8 novembre 2001 

: « Merci de

tout ce que vous avez fait pour moi au prix Giono. Belle revanche en effet. Mais quel drôle de personnage, ce Bergé, si loin de

Giono, bien qu’il l’ait connu »... Plus une page d’ envoi « en très sympathique hommage » des

Yeux d’Irène

à Armand Salacrou.

On joint 4 l.a.s. de Pierre Moustiers, au même (1999-2003).

190.

Lucien REBATET

(1903-1972). L.A.S., [prison de Clairvaux (Aube)] 29 février 1952, à Roger Nimier, rédacteur

en chef d’

Opéra 

; 4 pages in-4, enveloppe.

500/600

Longue lettre clandestine du prisonnier, à propos des

D

eux

É

tendards

. « C’est Lucien Rebatet, le bagnard, qui vous

écrit »... Lecteur assidu d’

Opéra

, il a suivi avec admiration le succès croissant de l’hebdomadaire, et le « mélomane, qui n’a pas

entendu

une note

depuis sept ans », distingue en particulier la page musicale. Il savait par Fraigneau qu’il y aurait quelque chose

sur son livre : « je ne souhaitais que l’objectivité, avec un brin de sympathie, si possible... Votre chaleur, votre insistance, votre

rapidité […] ont été pour moi de magnifiques surprises. Vous avez été réellement fraternels. [...] J’ai tout particulièrement été

sensible, dans votre article, à ce que vous dites sur le mélange d’érotisme très cru et de tendresse dans

Les Deux Étendards

. Vous

avez admirablement compris ce que j’ai tant voulu faire là, et vous m’avez procuré l’agréable sentiment que j’avais à peu près

réussi »... Il relève aussi l’article sur la pièce du « vieux, prodigieux et riche Marcel Aymé » [

La Tête des autres

, créée le 17 février

1952 au Théâtre de l’Atelier] : « Vous imaginez la saveur de ça, dégusté dans le lieu où nous sommes. Pour ma part, je l’ai bien

fait lire à une vingtaine de taulards radieux (et j’espère qu’il ne vous déplaira pas de savoir que quelques-uns de ces vingt-là

sont d’authentiques truands ; j’avoue être dans les meilleurs termes avec certains truands, qui sont des personnages charmants

et

sûrs

, la plus grande et la plus rare des qualités dans notre monde de bagnards). [...] votre article est déjà, lui-même, tellement

vengeur, et d’un jet ! »... Après une digression flatteuse sur

Le Hussard bleu

de Nimier, il en vient aux « Kemp et consorts », et

au silence de la critique : « en lisant vos papiers, je me suis dit : “C’est gagné ; après ça, les salopards ne pourront plus se taire”.

Or, je constate que les salopards, et les autres, se taisent. […] Il est pour moi réconfortant et de très bon augure d’être apprécié

de jeunes écrivains tels que vous et honni d’académiciens. Mais j’espérais que les académiciens me vilipenderaient à haute voix.

Or, il semble bien que l’ensemble de la presse soit en train de me jouer le plus sale tour possible : m’ignorer, par trouille, par

haine ou par système »... Sans avoir fait de concession au lecteur, il constate que « cet énorme bouquin » a un public, malgré la

« conjuration » : « Plus j’y réfléchis, derrière mes murs, plus je pense que c’est l’auteur réprouvé qu’on se refuse à réintroduire

dans le cercle de la littérature. [...] pourriez-vous me faire la grande amitié de le dire, dans votre journal, si cela devient

réellement nécessaire, s’il apparaît bien que l’on veut me condamner à mort une seconde fois, m’enterrer sous cent tonnes d’un

silence infiniment plus pesant que la terre sur les carcasses des fusillés de Montrouge ? En somme, obliger un certain nombre

de cafards, cloportes et autres, à sortir de leur trou. [...]

Cette lettre est clandestine

[...]. C’est dangereux pour moi, pour ceux qui

veulent bien m’aider. Je n’ai donc pas besoin de vous demander de ne faire aucune allusion publique à ces lignes, ce serait faire

dégringoler sur mon dos – et sur d’autres – les plus effroyables punitions »... Il note en post-scriptum les réactions positives de

Galtier-Boissière, Henri Jeanson et Mac Orlan. Selon sa femme, Gallimard aussi est convaincu qu’il existe une conspiration du

silence ; ainsi dans

La Table Ronde

. Quant à Robert Kemp : « Il fallait évidemment une victoire de type 45 pour amener au rang

des pontifes un cuistre aussi poussiéreux. Je n’ai pas encore pu

voir

mon livre »...

Reproduit page précédente

191.

Marie de RÉGNIER, dite Gérard d’HOUVILLE

(1875-1963) poétesse, fille de José Maria de Heredia et épouse

d’Henri de Régnier. Manuscrit autographe signé « Gérard d’Houville »,

La Nuit porte conseil

, proverbe en 1 acte

et 3 tableaux

, 2-3 août 1917 ; titre et 42 pages in-fol.

700/800

Charmante pièce, datée en fin au crayon rouge « 2 et 7 Août 1917 – pour amuser le petit André » ; elle a été publié dans la

Revue des Deux Mondes

du 1

er

septembre 1917. L’intrigue, intemporelle, se place dans un cadre sylvestre où la Nuit, la Brise,

le Cyprès et les Grillons s’allient pour aider la jeune Lilette à résister au prudent mariage arrangé par son vieux grand-oncle, et

à se livrer à l’amour du jeune Savinien.

192.

Jules RENARD

(1864-1910). L.A.S., [Paris] 19 septembre 1892, [à Georges Courteline] ; 1 page et demie in-8 à

son adresse

44, Rue du Rocher

.

200/300

« Puisque vous avez déjeuné hier avec Flammarion, vous devez savoir le premier qu’il publiera

Poil de Carotte

le mois

prochain. Encore

une affaire

que je vous dois. Je vous en devrai bien d’autres. Mais puisque vous êtes à Paris et moi aussi ne

pourrions-nous causer un peu, avant que le tourbillon parisien ne vous prenne ? » Il l’invite à déjeuner rue du Rocher, « en

compagnie de Madame Renard et de mes petits Poil-de-Carotte »…

193.

Jules RENARD

. L.A.S., Chaumot par Corbigny 18 août 1896, à Charles Mougel de la Librairie Simonis-Empis ;

1 page et demie in-8 à la vignette au renard (dessinée par Toulouse-Lautrec), enveloppe.

200/250

Il l’autorise à « reproduire ce que vous voudrez » du

Vigneron dans sa vigne

dans l’

Almanach Guillaume

: « Seulement

vous aurez à payer la petite redevance d’usage à la Société des Gens de lettres dont je suis ». Il pourra prendre un exemplaire du