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livre au Mercure de France, et lui adresse les
Histoires naturelles
qu’il ne lui avait pas encore envoyées, « tant un petit paquet
m’effraie »…
On joint une L.A.S. par le vaudevilliste Jules Renard (1813-1877), au sujet de ses pièces
Une noce sur le carré
et
Dans une
cave
.
Reproduit page 69
194.
Jules RENARD
. L.A.S., Chaumot 28 août 1897, à son ami Lucien Descaves ; 4 pages in-8 à en-tête de
La Gloriette
.
500/600
Très belle et émouvante lettre sur le suicide de son père.
Il prie Descaves ou Capus de le renseigner sur ses droits quant à sa pièce
Le Plaisir de rompre
, « qui est resté jusqu’ici en
proie à
Mayer
,
Granier
et le
Prince de Galles
», car il n’a su que répondre à Antoine qui lui demande une pièce...
« Je n’ai pas besoin de vous dire que notre état d’esprit est encore trouble. […] La mort de mon père, ce grand et simple
drame, m’a accablé. Je n’ai pu me remettre au travail. J’avais quitté Paris comme un homme qui se croit homme de théâtre. Je
m’étais précipité dans une grande machine. Il y avait là une surexcitation artificielle que (c’est à un vieil ami que je parle) le
coup de fusil de mon père a tuée net. Je me moque bien à présent d’être un homme de théâtre, et d’une foule d’autres choses.
J’avoue que ma paresse naturelle est intervenue. Elle avait un beau prétexte. Elle m’a pris sournoisement, et ne m’a laissé que
la force de rêver à perte de vue. Je ne regrette pas d’ailleurs cette maladie de la volonté. Je suis sûr que Paris me redonnera
cette activité factice qui nous fait prendre au sérieux un tas de choses frivoles, le succès, l’argent, etc. » Il comptait sur la visite
de Descaves et de Capus… « Malgré le mauvais temps, nous resterons ici encore un mois. Je vais chasser un peu, c’est à dire
promener dans les champs le chien que m’a laissé mon père et son fusil. Je m’en voudrais d’avoir son adresse. Je ne veux faire
au gibier que des visites de pure cérémonie. Mais il me sera doux (vous voyez
l’abîme
) de tourner autour de mon village et de
regarder de chaque hauteur les murs blancs du cimetière où mon père est couché avec sa charge de plomb au cœur. Voilà, mon
cher ami, une lettre d’auteur gai. Ma femme, un moment très-abattue, se remet, et les enfants me vieillissent par leur taille et
leur force qu’on admire »…
Reproduit page 69
195.
Jules RENARD
. 2 L.A.S., 1906-1908, à l’éditeur Paul Ollendorff ou son collaborateur Pierre Valdagne ; 2 et
4 pages in-8.
400/500
Chaumot 11 juin 1906
. Il envoie les épreuves (pour la réédition de
La
Lanterne sourde
et
Coquecigrues
, édités pour la
première fois en 1893) : « J’ai fait, je crois quelque progrès depuis, mais je ne trouve pas ce livre déshonorant ». Il demande les
épreuves de la couverture, discute du tirage (1500 ou 2000), et réclame ses droits d’auteur : « Pourvuque je mange !! » Il ajoute :
« Savez-vous qu’on donne des
Histoires naturelles
en dictées au certificat d’études » ; un gosse a répondu qu’il était un écrivain
de l’époque de Louis XIV, puis de Louis XI !:«Ça fait une moyenne avec ceux qui disent que je suis trop fier et que je n’écris
plus pour la postérité »...
Paris 26 octobre 1908
. Il s’insurge de la façon dont il est traité et regrette d’avoir donné son livre à
Ollendorff : « Je l’ai donné à l’ami et à l’homme de lettres, à condition qu’il en serait le maître ! Je ne comprends plus. Ou plutôt
je comprends que Fayard se soit moqué de moi quand j’ai passé de Fayard à Valdagne ». Il reproche à Valdagne sa légèreté et son
incompétence : « Je me demande ce qui vous regarde ? Le livre a dû paraître en janvier, en juin, en septembre, en octobre. Ça ne
vous regarde pas. Et s’il ne paraît pas le 15 9
bre
, qui ça regardera-t-il ? » Il a lâché une critique théâtrale et le Mercure de France
« qui m’offrait pour mon livre des conditions très honorables » ; et il s’est fait traiter de « poire par votre maître. Le résultat : je
n’ai plus aucune confiance en mon livre ». Il préfère mettre un point final à cette histoire, et, en post-scriptum ajoute qu’il n’a
même pas eu « une épreuve de la table, sans doute oubliée ». [
Nos frères farouches, Ragotte
paraîtra chez Fayard.]
196.
Adelaide RISTORI
(1822-1906) la grande tragédienne italienne. 2 L.A.S., 1847-1856 ; 1 page in-8 et adresse, et
4 pages in-8 à bordure de petit deuil ; en italien.
300/400
Firenze 27.X.1847
, à Jacopo Ferretti : elle se remet d’une indisposition de 6 jours, et espère qu’un changement d’air la
remettra complètement ; elle le remercie de ce qu’il a fait pour son frère. Francfort 23 septembre 1856, à une amie : elle la
prie de traduire les articles qu’elle lui a envoyés sur la
Stuarda
[
Marie Stuart
de Schiller] ; elle dit son attachement au cher
boulevard, et se sent comme un poisson hors de l’eau loin de Paris. Elle est pleine de
mal’amore
; elle ne devrait pas se plaindre,
logée dans les meilleurs hôtels, aux plus beaux endroits, mais le soleil est pâle, et elle se plaint de l’ordre, de la discipline et de
la froideur germanique… Il n’y a qu’au théâtre qu’elle voit les Allemands s’animer. À Stuttgart, elle a été comblée d’attentions
par la Cour, la reine de Hollande, fille du roi de Wurtemberg, lui a manifesté son admiration pour sa
Stuarda
, et elle raconte sa
réception par la reine et leur entretien...
On joint 2 P.A.S. : 4 vers « Dio, Patria son uno »… (de la
Giuditta
de Paolo Giacometti, Utrecht 25 juin 1859), et pensée sur
l’art ; une L.A.S. à une amie (Rome 15 avril 1880), et une L.A. sur sa carte de visite.
197.
Adelaide RISTORI
. 2 L.A.S., 1855-1866 ; 1 page sur papier rose à bordure gaufrées à son chiffre couronné et
enveloppe, et 2 pages et demie à son chiffre couronné et bordure de deuil ; en français.
200/250
Turin 23 décembre 1855
, à Paul de Saint-Victor : « En repassant dans mes souvenirs les personnes auxquelles je désire
montrer que je n’oublie pas les amabilités que j’ai reçues, vous vous êtes naturellement présenté à ma pensée » ; elle lui adresse
ses vœux…
Paris 20 juin 1866
, [à Émile Pereire]. Elle va jouer encore deux fois à Paris
Marie Stuard
avant de partir pour
l’Amérique : « Je partirai pour New-York le 1
er
Septembre sur la ligne créée par vous, et sur le bateau qui porte votre nom »…
On joint 2 cartes de visite autographes en français.




