73
212.
George SAND
. L.A.S., 20 juin 1857, à son ami Charles-Edmond (directeur littéraire de
La Presse
) ; 4 pages in-8
à son chiffre.
700/800
Elle parle d’abord de deux portraits envoyés par James Fazy (portraits supposés du maréchal de Saxe et de Mme Dupin de
Francueil) : « Vous pensez bien qu’après avoir vu vos admirables dessins, je grille de voir les modèles. Sapristi ! quel talent
pour quelqu’un qui n’en fait pas son état ! Manceau dit très sérieusement que c’est
très joli
, et que vous mentez en prétendant
que c’est un début ». Elle charge Charles-Edmond de remercier Théophile Gautier « de ses bonnes intentions » [il parlera des
dessins de Maurice Sand dans un article de
L’Artiste
le 3 août]. « Je compte sur vous le plus tôt que vous pourrez et cependant
je voudrais bien que Maurice vous ramenât et fût ici pour vous faire courir et batifoller. Je suis sûre que vous avez besoin de
remuer et de vivre par le système musculaire, vous n’êtes malade que de la vie de Paris qui développe le cerveau aux dépens de
tout le reste. Et votre pauvre fillette ! J’ai bien envie de vous gronder de l’avoir laissée si longtemps chez ces affreuses duègnes.
Je vous avais si bien dit qu’elle ne pouvait pas y être bien ! » Puis elle fait allusion à son roman
Les Beaux Messieurs de Bois-
Doré
, annoncé dans
La Presse
comme un roman historique : « Vous avez peut-être raison pour le sens du mot
historique
, à
propos de roman. Mais c’est égal, je trouve cela ambitieux, et pour un coup d’essai, ça
m’intimide
».
Elle rapporte enfin les propos de son compagnon Manceau à propos des dessins de Charles-Edmond : « Je suis très content de
lui voir deux cordes à son arc, vu que quand les persécuteurs lui interdiront la politique, il pourra donner des leçons de dessin ».
Puis elle ajoute : « Vous n’aurez pas peur, n’est-ce pas, de nos tremblements de terre ? Nous en avons eu trois en douze heures,
mais si petits qu’un seul a été noté à Nohant avec certitude complète ».
Correspondance
, t. XIV, n° 7524.
213.
George SAND
. L.A.S., [Nohant] 7 novembre 1872, à son ami Charles-Edmond ; 4 pages in-8 à son chiffre.
700/800
Au sujet du projet de représentation de
M
ademoiselle
L
a
Q
uintinie
à l’Odéon (la pièce, qui mettait en scène un prêtre
amoureux, ne sera finalement pas programmée, suite aux pressions faites sur le directeur Duquesnel par Jules Simon, ministre
de l’Instruction publique et des cultes).
… « Que de choses vous faites pour moi ! Sans doute vous faites pour le mieux, vous êtes meilleur juge des dispositions des
artistes, et si Lafontaine vous paraît devoir être préféré, préférons-le, et allons de l’avant. […] Mais je ne demande pas à passer
en décembre ni même au commencement de janvier. […] La seule chose qui me préoccupe un peu c’est de savoir lequel de
Berton revenant à la raison, ou de Lafontaine s’embarquant avec espoir et courage, porterait ce rôle difficile. Vraiment je ne sais
pas. Je craindrais moins Berton et j’espère plus de Lafontaine. Il aura des choses à
lui
, mais aura-t-il le
fiato
jusqu’au bout ? »
Elle viendra à Paris pour la lecture de la pièce : « Je tiens à être à la lecture et à la collation des rôles, c’est mon ouvrage, cela. Pour
les répétitions et la mise en scène, je ne m’y entends pas beaucoup tant que ce n’est pas débrouillé et que les rôles s’
ânonent
. Je
m’en reviendrai donc ici pour retourner à vous quand on aura vraiment besoin de moi. Je tiens aussi à voir la distribution qui
n’est pas faite que je sache »… Etc.
Correspondance
, t. XXIII, n° 16374.
214.
George SAND
. L.A.S., Nohant 7 octobre 1873, à son ami Charles-Edmond ; 4 pages in-8 à son chiffre. 700/800
« Cher ami, je ne vous ai pas répondu tout de suite. Rien ne pressait puisque je me rends à vos observations en ce qui
concerne
La Quintinie
et que relativement à
Mauprat
, c’est une affaire que vous regardez comme sérieusement conclue. Je me
porte enfin bien, et enfin je travaille ! Je me suis remise à mon roman [
Ma sœur Jeanne
] et je ne veux pas le lâcher qu’il ne soit
fini. Alors je me remettrai aux feuilletons. Mais en attendant, il ne faut pas oublier votre promesse de venir nous voir ce mois-
ci. […] Tout va bien céans, les fillettes bien portantes, Lolo énorme et toujours bonne comme un gros mouton. Plauchut nous
a quittés avec la famille Viardot qui nous a donné une quinzaine de délices musicales et
amicales
, sans préjudice des danses
effrénées de toute la jeunesse. La maison est donc toujours un bon refuge contre les peines du dehors qui ne sont pas minces.
Moi je vois très en noir et crois au triomphe du cléricalisme en attendant celui du pétrole [allusion à la Commune]. J’ai peur
que les gens sensés ne fassent pas leur devoir »...
Correspondance
, t. XXIII, n° 16753.
215.
Jean-Paul SARTRE
(1905-1980). 2 P.S. avec apostille autographe « Lu et approuvé JP Sartre »,
Buenos Aires
11 avril 1957 ; 2 pages in-4 chaque en partie impr. ; en espagnol.
700/800
Contrat original, et copie carbone, entre G. Giacompol, mandataire de la Société des Auteurs et Compositeurs dramatiques
de Paris, représentant Sartre, et les traducteurs Ricardo A. Risetti et Gabriella Grosso, pour la cession des droits de traduction et
de représentation en espagnol, pendant 5 ans, en Argentine, de
L’Engrenage
, œuvre en 3 actes... Signatures des 4 parties, celles
de Sartre étant précédées des mots « lu et approuvé ». On joint un 3
e
exemplaire, signé de tous sauf Sartre.
216. [
Jean-Paul SARTRE
]. 36 lettres, cartes ou pièces à lui adressées ou le concernant, 1951-1973.
300/400
Lettres d’un lycéen et poète marseillais, d’un ouvrier qui proteste contre les déclarations de Sartre sur la drogue, d’un malade
en service psychiatrique, d’un homme qui se croit persécuté par un ennemi, etc. Préface tapuscrite de Sartre à
SPK : faire de la
maladie une arme
. Lettres de correspondants à Moscou… Télégrammes. Cartes postales publicitaires de l’affiche du
Diable et
le Bon Dieu
. Affiche de conférence sur Sartre. Etc.




