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Il a assisté la veille au meeting de la mission Ford et causé avec quelques délégués. Tout ce qu’on en dit dans la presse est faux :
« aucun obstacle n’est capable d’arrêter ces hommes énergiques, ces idéalistes de bonne trempe, qui ont l’habitude des réalités,
et disposent de moyens puissants. [...] Vous ne pouvez savoir le bonheur que j’ai eu à les entendre parler. On ne sait plus en
Europe ce que c’est qu’un homme libre, avant d’avoir causé avec un de ces citoyens de la grande République. Je doute que je
finisse mes jours, de ce côté des mers »...
18 novembre 1918
. « En ces jours de bruyante délivrance, ma pensée va aux deuils et
aux peines qui ont payé la joie présente, et qu’elle ne paiera jamais. Avant tous, c’est à vous qu’elle va. Un mot seulement pour
vous dire que je vous aime bien, – vous et
lui
»...
13 juillet 1920
. Il aime beaucoup le nouveau livre de son ami. « Oui, nous savons, mieux que personne, que le rire est
une forme du courage et de la liberté. La liberté de l’âme, qui domine la cruelle sottise du monde et notre propre douleur »...
Schoeneck sur Beckenried 7 août 1921
. « En ce jour de réouverture du vieux théâtre, – auquel sont attachés tant de vos
souvenirs (et aussi, des miens) ma pensée affectueuse s’en va vers vous. Puisse ce jour d’été splendide marquer la date d’une ère
féconde, glorieuse pour le Théâtre du Peuple, – et surtout bienfaisante et sereine pour ceux qui en ont toujours été l’âme [...]. Je
n’oublie pas quel courage il leur a fallu pour rebâtir l’œuvre et reprendre l’action »...
203.
Joseph-Henri ROSNY aîné
(1856-1940). 2 manuscrits autographes signés ; 5 pages in-fol. (découpées pour
impression et remontées, avec son cachet encre), et 7 pages in-8.
200/300
Manuscrits de travail, avec ratures et corrections, ayant servi pour l’impression.
La Gaffe triomphante
est un conte plein
de rebondissements, où l’on voit l’étourdie et ambitieuse Mme Margotin l’emporter sur son prudent mari...
Grandeur et
décadence des machines à vapeur
constate le remplacement progressif des machines à vapeur – et en particulier la locomotive
– par des machines électriques, puis l’avion ; malgré le retard pris par les Français, la production planétaire changera : « Que
la terre sera petite alors ! Le mystère humain remplacera le mystère antique des forêts et l’on préparera le départ de flottes
prodigieuses... vers d’autres planètes »...
On joint 4 L.A.S. et un brouillon autographe à propos de la partie inédite du
Journal
des Goncourt.
204.
Charles-Augustin SAINTE-BEUVE
(1804-1869). 6 L.A.S., vers 1842-1865 et s.d. ; 6 pages in-8, une enveloppe
et 2 adresses.
250/300
Samedi [vers 1842]
, à son compatriote Jules de Saint-Amour, pour sa souscription à la galerie des gloires de Saint-Omer...
Mardi [1844 ?]
, remerciant un général pour son « bulletin si rassurant. On y est accoutumé avec vous, mais sur ce terrain
académique, c’est mon honneur de vous y voir intervenir et vaincre pour moi. Croyez que j’en suis bien fier et bien glorieux,
surtout bien touché »...
10 mars 1865
, à Oscar de Watteville, au ministère de l’Instruction publique, le remerciant pour son
« curieux dossier. Il me sera fort utile dans ce travail »...
Lundi
, à M. Duverger, recommandations pour la composition urgente
d’une feuille, avant son départ en voyage... – 2 lettres au Chancelier Pasquier : « Je venais de refuser un dîner pour jeudi, me
sentant très fatigué de ce printemps : mais je ne résisterai jamais à un aimable appel de Monsieur le Chancelier »...
205.
Bernardin de SAINT-PIERRE
(1737-1814). L.A.S., Essonnes 12 fructidor II (29 août 1794), à sa sœur « la
Citoyenne de Saint-Pierre », à Dieppe ; 1 page et demie in-4, adresse.
400/500
Lettre familiale à sa sœur. Il lui adresse l’extrait mortuaire de leur frère Du Taillis, avec le conseil de s’adresser au
procureur de la commune pour se renseigner sur une éventuelle succession. « Vous m’avés envoyé un paquet de lettres de notre
frere Dominique qui ne peut etre d’aucune utilité ni à vous ni à moi. Je ne vois pas quel interest vous pouvés prendre ni à la part
de son fils en France puisqu’il y a les parens maternels auxquels son père avoit donné sa confiance, ni à la part du fils qu’il a laissé
en Irlande puisqu’il vous est, ainsi que sa famille, totalement inconnu. C’est à eux à se porter cohéritier pour leur part. Tout ce
qu’il vous seroit interessant de prouver c’est la mort du père, mais je ne sais ou vous pourés recouvrer son extrait mortuaire
puisque vous ne l’avés pas fait jusqu’à present »... Lui-même ne peut l’aider, « car j’ignore le lieu ou mon frere est mort je ne
vis plus à Paris, et je n’ai point de relations dans les bureaux de la Marine »... Or pendant que « les principales branches de notre
famille se détruisent, il en naît des rejettons. Dieu vient de me faire la grâce d’en faire sortir un de moi, dans la personne d’une
aimable fille, qui vient de naître il n’y a pas deux heures. Ce sera une Virginie, mais elle sera plus heureuse car elle ne prendra
conseil que de Dieu et de la nature »...
Reproduit page 65
206.
Bernardin de SAINT-PIERRE
. Manuscrit autographe,
Foiblesse de l’homme
; 1 page in-fol.
400/500
Réflexions primitivement intitulées
Foiblesse de la vision humaine
, se rattachant aux Études de la nature. « Qu’il n’y a point
d’art ni de science dont l’homme n’ait trouvé le modele dans la nature. Il y a bien là de quoi rabattre l’orgueil de notre raison,
nous avons tiré nos arts mecaniques de l’industrie des animaux, nos arts liberaux de celle de la nature directement et ce qui en
a fait la division naturelle du degré destime que nous portons a ceux-ci preferablement a ceux là, quoique au 1
er
coup d’œil il
paroît que ce soit style de philosophe [...] il n’y a pas un seul art qui ne soit tiré de la nature »... Et d’invoquer les modèles donnés
par l’hirondelle, le porc-épic, la tortue, l’araignée, la taupe, la torpille, etc. La nature « avoit fait des tableaux, des figures, avant
les academies, et tous ces ouvrages [...], infiniment superieurs à l’homme en ce qu’elle travaille au-dedans et lui au dehors, qu’il
ne travaille que des surfaces et elle des choses, qua peine ses ouvrages sortent de ses mains qu’ils savancent vers la destruction
et les siens vers l’imortalité. Ils ont encore l’esprit de vie, et savancent come elle vers l’infinité »...
On joint le fac-similé d’une lettre (1784) et un portrait gravé ; plus 3 l.a.s. de Louis Aimé-Martin (une à Mme de Saint-
Pierre).




