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226.
Eugène SUE
. L.A.S., [Les Bordes avril 1846], à Alexandre Weill ; 3 pages in-8.
200/300
Belle lettre. Il a lu (dans
La Phalange
) sa
Guerre des Paysans
, « avec intérêt, et avec un vif plaisir et une non moins
vive sympathie. C’est une œuvre de courage et de conviction qui doit avoir, et ici, et surtout en Allemagne sa bonne et utile
portée », et voudrait en faciliter la publication en librairie. « Ayant à tout jamais quitté Paris je me suis établi ici cette année,
non sans des frais assez onéreux, de plus je vis au milieu du pays le plus misérable du monde, et tout ce dont j’ai pu disposer
dans cette année déjà bien lourde pour moi, je l’ai affecté par sommes mensuelles à soulager tout ce que j’ai pu, de misères et de
privations ». Mais à la fin de septembre il pourrait lui offrir mille francs en quatre bons : « peut-être cette garantie permettrait-
elle à votre libraire de poursuivre sa publication », regrettant de ne pouvoir être plus efficace : « mais croyez bien que je vous
offre le
possible
. Une prière seulement, c’est que ceci demeure absolument
entre vous et moi
»… Il remercie ensuite Weill « des
choses si généreusement bienveillantes que vous avez bien voulu plus d’une fois écrire sur moi dans
Le Corsaire-Satan
», et le
charge de complimenter Le Poitevin Saint-Alme « pour le rare bon sens, la parfaite dignité et la remarquable et bien honorable
impartialité qui règne surtout dans la partie élevée, politique du journal »...
Correspondance générale
, t. III, n
o
46-18.
227.
Eugène SUE
. L.A.S., aux Bordes 20 août 1849, aux Citoyens Maillard, Simon et Béluze, « membres du conseil
d’administration du
Populaire
» ; 3 pages in-8.
250/300
Belle lettre politique. Il a reçu la médaille qu’ils lui ont offerte : « j’aurais voulu être plus digne d’une si haute récompense,
mais je puiserai du moins dans cette précieuse preuve de la sympathie de nos frères, de nouvelles forces pour la défense de la
cause populaire, à laquelle nous sommes tous dévoués, âme et corps, tête et cœur. Je suis heureux et fier, d’avoir, dans la faible
mesure de mon pouvoir, donné assez de gages à notre impérissable cause pour mériter la reconnaissance de nos frères quant
au passé, leur confiance quant à l’avenir. Croyez Citoyens que je ne faillirai jamais à mes engagements envers la démocratie
socialiste ; de mauvais jours sont venus, la lutte de l’idée recommence, vous me trouverez toujours au premier rang, non par le
talent, mais par le dévouement et la foi ». Il les charge de transmettre au citoyen Étienne Cabet « le constant témoignage de ma
vénération, à lui, un des plus vieux soldats du socialisme, à lui qui par l’élévation de son esprit, la grandeur de son caractère et
la vaillance de ses sacrifices a conquis une si haute place parmi les plus illustres défenseurs de l’humanité »…
Correspondance générale
, t. III, n
o
49-66.
On joint une petite L.A.S. portant le cachet encre de la
Caisse commune des Auteurs
(1 page in-8) : il préfère « attendre que
votre entreprise ait un commencement d’exécution » pour y adhérer.
228.
Eugène SUE
. 3 L.A.S., 1849-1852 ; 2 pages et demie in-8, une adresse.
300/400
Au sujet des
M
ystères du
P
euple
, [probablement à l’historien JeanYanoski,
1849-1850
], lui demandant des « renseignements
historiques sur la Bagaudrie au 5
e
siècle qui je crois s’est réveillée plus active que jamais et a tenté à cette époque de fonder
la grande fédération armoricaine. J’ai sur les bagaudes du 3
e
siècle tout ce qui a été je crois publié dans les historiens, mais
rien de ce mouvement insurrectionnel du 5
e
siècle ». Il demande des précisions bibliographiques sur « la loi salique et la loi
des Ripuaires […] ce serait mon vade-mecum pour les époques dont la loi reflète toujours les mœurs »… – Il lui envoie les
2 premiers volumes des
Mystères du peuple
: « Vous recevrez la suite en bonnes feuilles ou épreuves. Ayez la bonté de tout lire,
et vous vous convaincrez de l’importance du service que je serais si heureux de vous devoir »...
Vignères par Annecy-le-Vieux 20 août 1852
, à Gabriele d’Amato à Turin (qui lui avait envoyé son
Panteon dei Martiri
delle Libertà Italiana
). Revenant « d’une excursion de quelques temps dans les montagnes », il trouve son livre et sa lettre :
« malheureusement ma complète ignorance de la langue italienne, et l’absence de tout traducteur à ma portée, me privera du
plaisir de lire l’œuvre patriotique que vous voulez bien m’envoyer » ; il prie de lui écrire en français…
On joint 2 prospectus illustrés pour
Le Juif errant
et
Les Mystères du Peuple
.
229.
SULLY-PRUDHOMME
(1839-1907). Poème autographe signé,
À Constant Coquelin
, sonnet
; 1 page in-4.
300/400
Beau sonnet en hommage au grand acteur. Le poème fut recueilli dans
Le Prisme
(1881).
« L’œuvre du comédien reste toute avec lui ;
Il voit rire ou pleurer le peuple qu’elle enivre.
De ses créations rien ne doit lui survivre
Que la gloire ! Du moins il en aura joui »...
230.
Laurent TAILHADE
(1854-1919). Manuscrit autographe signé,
La médaille qui s’efface
, 1902 ; 9 pages et demie
in-4 sur papier ligné, montées sur des feuillets de papier vélin d’Arches en cahier.
300/400
Manuscrit présentant de nombreuses modifications et suppressions, ayant servi à l’impression, sans doute dans quelque
périodique, et daté en fin « Camaret-sur-Mer [4
biffé
] septembre 1902 ». Le texte fut recueilli dans
Plâtres et marbres
(E. Figuière, 1913) avec la date de « Morgat, 1903 » ; ce déplacement du lieu d’écriture s’explique probablement par le fameux
esclandre provoqué par Tailhade à Camaret-sur-Mer, le jour de l’Assomption 1903. Tailhade reprit ce titre pour un volume
publié chez G. Crès en 1924.
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