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82

242.

Alexis de TOCQUEVILLE

. L.A.S., Compiègne 15 décembre 1854, [à son ami Louis Bouchitté] ; 4 pages in-8

(petite fente réparée).

1 000/1 200

Belle lettre. Il a pensé à son ami quand il a vu la nouvelle loi sur l’instruction publique (supprimant les académies

départementales) promulguée et en voie d’exécution, mais il savait que cela ne ferait pas un changement à sa fortune : « Vous

voilà rendu à votre loisir. Je vous en félicite, car vous valez mieux que ceux qu’on emploie et surtout que la besogne qu’on

leur donne à faire. […] nous ne gagnions rien à ce que vous fassiez un excellent Recteur, et nous y perdions les travaux que

la retraite va vous permettre de faire ». Les Tocqueville viennent de séjourner en Allemagne : « Ce que j’ai vu de l’autre côté

du Rhin m’a fort intéressé. J’avais toujours vécu et quand je sortais de France, avec des gens de race anglaise, et cette nouvelle

face de l’humanité que j’ai apperçue là m’a fort frappé. Jamais je n’avais pu me faire une idée juste des Allemands avant d’aller

en Allemagne, tant j’ai trouvé chez ce peuple-là une manière de percevoir les objets et d’apprécier les choses de ce monde qui

diffèrent de ce que j’avais rencontré ailleurs. Leurs livres même ne peuvent se bien comprendre que quand on s’est trouvé, un

certain tems, dans une sorte d’intimité avec eux. L’homme seul peut expliquer l’écrivain »... Il parle la santé de sa femme, qui a

souffert d’un violent rhumatisme à la main droite, et de son établissement près de Compiègne. Il approuve ce que son ami lui

dit sur l’aspect général des choses : « je pense que le gouvernement quoique très puissant est très fragile. Mais qui sortira de ses

ruines et des ruines qu’il a faites ? Excepté le soldat qui a retrouvé de la grandeur (je dis le soldat) qu’est-ce qui ne s’abaisse pas

et ne sombre pas visiblement autour de nous ? »...

243.

Jean-Louis VAUDOYER

(1883-1963). 19 L.A.S., 1927-1960, à Marcel Thiébaut, directeur de la

Revue de Paris

;

30 pages in-4 ou in-8, une enveloppe.

200/300

Recommandation d’un texte de Pierre Lièvre, d’un roman d’André Dubois, d’une traduction de Mme Baugnies de Sait-

Marceaux…

16.VIII.1948

, lettre à quatre mains avec Jérôme Tharaud, à qui il rend visite à Varengeville : «

Uranus

[de Marcel

Aymé] est un ouvrage bien curieux et bien attachant ; clairvoyant et courageux, dans sa drôlerie très amère ! »…

11.II.1950

:

« voici trois chapitres de

l’Italie Retrouvée

, qui paraît chez Hachette à la fin d’avril ou au début de mai »…

4.IX.1952

, amusante

enveloppe en vers.

24.X.1952

, envoi d’un texte à la mémoire de Robert de Traz…

27.VII.1960

: « Marcel Schwob, j’allais le

voir de temps en temps, avec Catherine Pozzi, dans le cœur de l’île St Louis, où il vivait confiné ; incurable, lui aussi. C’était

un personnage mystérieux, fort silencieux, mais qu’on dégelait assez vite. Il était merveilleusement érudit, sans la moindre

pédanterie. L’appartement était mystérieusement triste ; dans la rue St Louis en l’Île. On y était accueilli par un serviteur

chinois et par Marguerite Moreno, son épouse, qui n’avait rien à voir, dans ce temps lointain, avec

la Folle

de Giraudoux »...

Dimanche

, à propos de Michel Déon, qui est aux Baléares : « Son dernier roman n’est pas son meilleur ouvrage, mais il est

quand même un des très bons écrivains de sa génération »...

244.

Émile VERHAEREN

(1855-1916). Poème signé avec corrections autographes,

Les Saluts de Paroisse

; 1 page

et demie in-8 (pli central réparé au papier gommé).

200/250

Pièce de 38 vers parue dans la revue bruxelloise et parisienne,

L’Idée libre. Littéraire, artistique, sociale

(n° 1, janvier 1901),

et recueillie dans

Villes à pignons

(Bruxelles, Edmond Deman, 1910). Le manuscrit (de la main de Marthe Verhaeren) présente

trois corrections à la dernière strophe.

« Sitôt qu’un peu de soir

Parmi les brumes,

S’allume »…

245.

Marcel VERTÈS

(1895-1961) peintre et graveur. Manuscrit autographe signé,

Bouts d’essai

, [vers 1933] ;

5 pages et quart grand in-fol. détachées d’un cahier à spirale.

200/250

Amusante relation du choix des reines pour

Les Aventures du roi Pausole

, film d’Alexis Granowsky d’après Pierre Louÿs

(1933). « Chaque nuit, depuis un mois, dans le calme et lointain Billancourt, de jolies filles défilèrent devant une dizaine

d’hommes mal rasés, fatigués qui cherchaient des Reines pour peupler le harem d’un Roi »... Vertès évoque le défilé des

candidates, les beautés féminines, la gentillesse du cinéaste envers une candidate au visage « angélique », qui devant l’objectif

« montrait les gencives comme un chien »... Et de terminer par une anecdote sur le bistrotier d’en face, ancien acrobate. « Pour

devenir Reine il n’est pas indispensable de venir au monde comme un princesse »... Le manuscrit a été abondamment corrigé

par André Warnod.

246.

Louise-Élisabeth VIGÉE-LEBRUN

(1756-1842). 2 L.A.S., 1826 et 1837, à Madame Lucie Ditte ; 1 et 3 pages in-8

sur papier vert, adresses (trace d’onglet sur la 1

ère

lettre, petit manque par bris de cachet à un coin de la 2

ème

un peu

froissée).

500/700

1

er

juin 1826

. Elle apprend son mariage : « Je profite de cette occasion pour vous offrir le portrait de votre mere que j’ai peint au

pastel qui est déposé chez votre grand-maman Hall ce tableau ne m’ayant pas été payé, il est ma propriété et devient la votre »...

[Lucie Ditte (née en 1793) était la fille d’Angélique-Lucie Garnier née Hall (1774-1819), et la petite-fille du miniaturiste suédois

Pierre-Adolphe Hall (1739-1793), qui avait peint en 1778 une miniature de Mme Vigée-Lebrun.]

Lucienne 22 août 1837

. Elle pense souvent à elle, et fait souvent le doux projet d’aller la voir à Saint-Paul près de Chevreuse :

« je verrai cet autome si je puis realiser le desir que jai d’aller vous voir, car je jouirés de vous d’abord, et puis de vos cascades

&& Mon dieu que ne puije avoir des aille [...] Je vous assure ma jeune amie que je sens tout le prix de vos excellentes qualités

et de celles de votre cœur ce qui fait que je vous aime si bien et pour la vie ». Sa nièce remercie Mme Ditte de s’intéresser au

mariage de sa fille ; elle regrette de ne pas habiter plus près et renouvelle ses témoignages d’affection...

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