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61

C’est le portrait du savant Dr Guntz, naturaliste éclairé et chrétien convaincu, qui mène une vie très simple en Dalmatie : le

narrateur l’accompagne à un cimetière profané par la recherche du Vukodlack, le vampire des Dalmates, et son dégoût provoque,

de la part du Dr Guntz, une haute leçon des choses...

Reproduit page 65

178.

Jean d’ORMESSON

(né 1925). L.A.S., Paris 20 mai 1960, [à Marcel Thiébaut] ; 3 pages in-4.

150/200

Il remercie de l’offre de collaborer à la

Revue de Paris

. « J’ai été naturellement très sensible à votre indulgence, mais aussi,

et peut-être surtout, il m’a semblé comprendre pour la première fois ce que peuvent apporter à un texte un examen critique

et des corrections. Je ne voyais là jusqu’alors que l’expression d’un goût que je respectais tout autant que le mien mais ne me

paraissait s’imposer que par un arbitraire esthétique : “j’aime ça” ou “je n’aime pas ça”. Hier, au contraire, vous m’avez plus

d’une fois convaincu par une espèce de nécessité »…

179.

Alice OZY

(1820-1893) actrice et courtisane. 4 L.A.S., Paris [1866 et s.d., à Gustave Doré] ; 11 pages in-8 ou in-12.

300/400

4 juin

. « J’ai vu hier enfin, la pendule, qui est un objet d’art

merveilleux

[...], c’est un vase

idéal

. Je n’aurais pas osé entreprendre

de la faire faire, si je n’avais été certaine, de la

parfaite loyauté

de M

r

Bernoux, et de son talent. C’est un

artiste

, il y perd 1000 f

(je le crois) mais ne veut rien changer à nos conventions, pour le

principe

. Je saurai me venger et lui faire rattrapper sa perte.

Il y gagne votre estime, c’est beaucoup ! »... Elle ajoute : « Ah !! une médaille à l’élève Doré. C’est à se tordre !!! »...

9 juillet

[1866]

. Avant de s’en aller à Genève et à Venise, elle tient à lui dire qu’elle a été de tout cœur avec lui dans tout ce qui lui est

arrivé : « Je n’ai pas été contente de la place qu’on vous a donnée à l’exposition, ni des éloges réservés qu’on vous a adressés ;

vous méritiez mieux. J’espère qu’ayant la confiance de ce que vous valez, vous lutterez avec énergie [...]. J’espère être inscrite

en tête de la liste des accapareurs de bibles.

Le prix n’y fait rien

»... Elle se moque de M. G., « au

désespoir

» de la perdre...

25 novembre

. Elle le prie de lui choisir un bel exemplaire de la Bible : « je voudrais les gravures avant

la lettre

si c’est possible,

ou du moins une belle édition »... Elle rappelle aussi son désir d’« un Don Quichotte, toujours avec

de l’or

, ou

des diamants

,

de sorte que je n’en ai pas acheté »...

Mardi 9 h

. : « M

r

Dumas, que j’ai vu hier chez moi, veut en être. Comme il n’aime pas la

musique, j’ai dit que je l’inviterais

si vous veniez

, afin qu’il ait un partenaire digne de lui »...

On joint 5 l.a.s. d’Alice Ozy à Nestor Roqueplan ; et 2 lettres reçues par G. Lenôtre après publication d’un article sur Ozy.

180.

Joséphin PÉLADAN

(1859-1918) le Sâr, écrivain et mystique. Manuscrit autographe ; 2 pages in-4 à l’encre

bleue sur papier jaune (bords effrangés, fentes aux plis).

300/400

Scénario esquissant les personnages d’Éléonore de Guyenne (« Très Reine, très française, & de vertu très fragile ») et de son

mari Louis VII (« plus moine que soldat, jaloux ; inquiet, ennuyeux »), et l’intrigue en 5 actes : la reine galante, presque séduite

par le prince arabe Saladin, se ressaisit lorsque ce dernier lui demande d’abjurer le Christ ; elle appelle à son secours le roi et les

croisés. Cependant les péripéties de l’acte V précipitent un dénouement dramatique...

181.

Silvio PELLICO

(1789-1854). L.A.S., 21 août, à S.E. la Marquise Béatrice Trivulzio ; 3 pages in-8.

400/500

Il lui envoie le livre sur Giannini, et se plaint de son départ, qui les laisse, lui et son ami Jules, désespérés. Elle a été remplacée

à la Cascina par une colonie de jeunes libéraux, le marquis Arrivabene de Mantoue et les deux frères Ugoni de Brescia ; ils ont

avec eux des conversations politiques : « nous avons foulés aux pieds tous les tyrans de l’univers, nous avons fait des toasts aux

constitutions, aux doctrines romantiques, à la civilisation des peuples – et cela nous a fait du bien – car vous savez que Jules

(après les dames) n’aime rien tant que la vérité, le courage, et les nobles passions des libéraux »...Il s’inquiète de la santé de sa

correspondante et demande des nouvelles de son entourage...

182.

Roger PEYREFITTE

(1907-2000). 72 L.A.S., 1940-1952, à son éditeur Jean Vigneau ; 150 pages formats divers,

nombreuses enveloppes ou adresses (plus quelques cartes de visite et 2 télégrammes).

8 000/10 000

Importante correspondance à son premier éditeur, principalement pendant l’Occupation, sur la genèse des

A

mitiés

particulières

et la vocation littéraire de Peyrefitte, où il est très souvent question de Montherlant. Vigneau édita

les cinq premiers romans de Roger Peyrefitte, dont

Les Amitiés particulières

(1943), qui eut un retentissement considérable,

couronné par le prix Renaudot, véritable acte de naissance de sa vocation littéraire. Nous ne pouvons citer que quelques extraits

de cette passionnante correspondance.

La correspondance commence en octobre

1940

, alors que Peyrefitte réside chez ses parents au château d’Alet (Aude) ; c’est

Montherlant qui a recommandé Peyrefitte à JeanVigneau. Peyrefitte revient sur l’affaire de sa démission forcée de la diplomatie,

parlant de « signature extorquée ». Dans une longue lettre à l’ambassadeur Louis de Robien (non transmise par Vigneau,

2 décembre

), il expose longuement les faits, expliquant qu’il fut à Vichy « la victime d’un infâme guet-apens policier » ; à la

suite d’une « véritable torture morale », on l’obligea à signer une déposition, puis à choisir entre la révocation et la démission,

sans qu’il puisse s’expliquer ; il aimerait pouvoir rentrer dans « la Carrière »…

3 décembre

: « Comme je vous l’ai dit, mes loisirs

forcés sont au moins laborieux : j’écris, j’écris, – c’est un bonheur. Quelquefois, j’éprouve une certaine amertume en me disant

que, je ne suis sûr d’écrire que pour moi, mais c’est toujours ça ! »…

8 avril

1941

: ses parents ont vendu la propriété familiale, et voudraient s’installer à Pau. « Mon roman tourne au chef-

d’œuvre de plus en plus. Mais quel travail ! C’est à présent que je vois ce que c’est que d’écrire. Il s’agit de récrire, – de

… /…