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Gide, « vous savez combien il est peu prodigue de manifestations de ce genre, et quelle est la sûreté de son goût »...
21 octobre
1930
: « jusqu’à présent, je suis très hostile à la publication en revues – et particulièrement pour une œuvre comme mes
Thibault
. [...] je persiste à penser que si je trouve, parmi ceux pour lesquels j’écris, – je veux dire mes amis littéraires – de si
bons lecteurs et si attentifs, c’est beaucoup parce que je ne leur offre pas la tentation de me juger entre deux stations de métro,
de me feuilleter en fascicules, chez le dentiste ou chez le coiffeur ; et parce que je les oblige à lire mes livres
tels que je veux les
leur donner à lire
, en leur entier et par doses massives »...
Nice 21 février 1948
. Félicitations pour le numéro de février, surtout
pour
Le Métier des armes
de Jules Roy : « Le récit du vol dans le défilé rocheux est un morceau d’anthologie. Et l’analyse des
sentiments de l’officier, écartelé entre la discipline, la fidélité à ses chefs et les sursauts de sa conscience individuelle, est,
de
beaucoup
, ce que j’ai lu de plus pénétrant, de plus éclairant, sur ce débat pathétique »...
Bellême
6 novembre 1955
. Le chapitre
sur Jacques Copeau, donné à la
N.R.F.
, est le seul qu’il puisse détacher des
Souvenirs
écrits pour l’édition de la Pléiade : « tout
le reste est trop personnel [...] je n’ai guère l’habitude ni le goût de parler de moi et de mes livres. Si j’ai cédé, sur le tard, à cette
crise d’exhibitionisme sénile, en rédigeant quelques “Souvenirs” de ma vie d’écrivain, c’est parce qu’il fallait, en introduction
aux volumes de la Pléiade, quelques pages de renseignements biographiques. [...] Cette édition est, en somme, une sorte de
monument funéraire que m’élève, – plus ou moins prématurément ?.. – mon vieil ami Gallimard »...
5 août 1957
. « J’achève
votre étude sur Colette, et je cède à l’envie, assez sotte, de vous dire l’émotion, le plaisir très plein, très complet, que m’a
apporté cette lecture »... Il le félicite aussi pour son article sur Paul Morand, et d’avoir publié le « bouleversant et courageux
article » de Bouthoul : « Je me souviens des réticences que je rencontrais quand je faisais lire, autour de moi, ses premiers livres.
Ses révélations sont maintenant accueillies avec une anxiété très compréhensive »...
Reproduit page 55
156.
Roger MARTIN DU GARD
. 6 L.A.S., 1932-1958, à Marcel Thiébaut ; 8 pages in-12 (3 cartes postales illustrées
avec adresse).
300/350
Rome 4 janvier 1937
, demandant l’article sur Tolstoï paru dans la
Revue de Paris
: « Ça me ferait une bonne lecture pour le
voyage de retour ! »...
Nice 20 février 1937
: « Nous vivons comme des sauvages, cher ami ; mais d’autant plus grand est notre
plaisir quand la sympathie nous fait ouvrir notre porte. Ne manquez donc pas de venir au Grand Palais, quand vous serez dans
le Midi »...
Juin 1949
: « Je recommande à votre attention, cher ami, ce petit livre – juvénile confidence d’une octogénaire...
(Madame Simon Bussy, la femme du peintre.) Si vous prenez à le lire autant de plaisir que j’ai eu à écrire cette version française,
attirez sur
Olivia
la curiosité de vos lecteurs ! »...
21 avril 1958
, félicitant Thiébaut de lignes sur Tolstoï : « On sent que si vous
vous laissiez aller sur Tolstoï, vous nous découvririez des filons que la critique n’a pas exploités, ni même prospectés. Dépêchez-
vous, – tandis que je suis encore de ce côté-ci du décor ! »… On joint une carte avec 2 lignes autographes.
157.
William Somerset MAUGHAM
(1874-1965). 3 L.A.S., Saint-Jean-Cap-Ferrat et Londres 1952 et s.d., à Marcel
Thiébaut, de la
Revue de Paris
; 4 pages in-8, 2 en-têtes de la
Villa Mauresque
, une enveloppe.
300/400
16 août
: « Mon nouveau roman paraîtra en Angleterre dans quelques jours. J’ai prié l’Agence Claurouin de vous envoyer
un exemplaire. Vous verrez s’il vous plait »...
Londres 31 octobre
: « Pour le moment je ne vois rien que je puisse vous proposer
et quant à
La Lettre
, c’est une vieille nouvelle que Madame Blanchet a traduite il y a déjà longtemps et je suppose qu’elle a paru
quelque part »...
14 janvier 1952
: « Un professeur américain en train d’écrire un livre (comme tous les professeurs américains)
me demande où se trouve la citation suivante de Sainte-Beuve : “L’extrême félicité à peine séparée par une feuille tremblante de
l’extrême désespoir, n’est-ce pas la vie ?” Je vous ai lu assez pour savoir que vous connaissez la littérature française et que vous
avez une mémoire étonnante. La phrase se trouve sans doute dans une des
Causeries du lundi
, mais laquelle ? »…
158.
Guy de MAUPASSANT
(1850-1893). L.A.S., [Paris] 14 avenue Victor Hugo [janvier 1890, à son ami Jacques
Normand] ; 2 pages et demie in-8 (deuil).
1 000/1 200
Sur l’adaptation dramatique de sa nouvelle
M
usotte
. « Je me mets en route pour Cannes demain soir dimanche. Il m’est
impossible de m’arrêter à Marseille parce que j’ai des rendez-vous à Cannes le jour même de mon arrivée. Mais vous seriez
bien gentil de venir m’y voir. Nous causerons de notre pièce. Nous nous promènerons en mer et nous ferons connaissance un
peu plus intimement que dans les rencontres parisiennes. Écrivez-moi à Cannes Pension Marie Louise. Je ne suis plus chez moi
ayant donné mon appartement à ma mère et à la veuve de mon frère »...
Reproduit page 55
159.
Charles MAURRAS
(1868-1952). 4 L.A.S., 1926-1936, à Marcel Thiébaut, directeur de la
Revue de Paris
;
11 pages in-8, la plupart à en-tête de
L’Action Française
, enveloppes.
200/300
Sur sa rencontre avec Joseph Kessel.
4 septembre 1926
: « J’ai eu en effet grand plaisir à recevoir votre collaborateur,
M. Kessel, et j’ai passé avec lui quelques heures très agréables à Martigues. Nous avons causé de la situation. Il a bien voulu me
promettre de ne rien publier sans me le montrer. Je n’ai plus de nouvelles de lui, mais comme il paraissait en très bonne santé,
à ce moment là, j’espère bien que son silence ou la lenteur de son travail n’ont aucune cause fâcheuse. Le soleil du midi rend
parfois indolent, croyez mon expérience »...
17 septembre
: « J’ai enfin lu depuis le brillant article de M. Kessel [...]. M. Kessel
est plein d’un talent dont je ferai le plus grand cas »...




