Previous Page  19 / 116 Next Page
Information
Show Menu
Previous Page 19 / 116 Next Page
Page Background

sciences

17

calcium et de strontium très lumineuses,

un rubis, un diamant, une variété de spath

calcaire manganésifère, divers échantillons

de fluorine, et de la blende hexagonale très

phosphorescente. J’ai reconnu d’abord

que les substances telles que le rubis et le

spath calcaire, dont le spectre d’excitation

est formé de rayons lumineux, ne devenaient

pas phosphorescentes, puis j’ai observé

des différences profondes entre l’action du

radium et l’action de rayons X émanant d’un

tube focus »... Etc.

Le chapitre V étudie la

Déviation magné-

tique d’une partie du rayonnement du

radium

. Parallèlement aux travaux de cher-

cheurs étrangers (Elster, Giesel, Meyer, von

Schweidler), Becquerel a pu montrer « que,

si l’on place dans un champ magnétique

non uniforme une petite qnantité d’un sel

de radium, le rayonnement se concentre

sur les pôles. L’observation a été faite suc-

cessivement avec un écran fluorescent, et

par la photographie ». Il a mis en évidence

qu’il existe « deux espèces de radiations, les

unes déviables et les autres qui ne le sont

pas. Toutes les expériences ultérieures vont

nous montrer que les premières sont des

rayons cathodiques ; la nature des autres

nous est encore inconnue. Presque en même

temps M. et Mme Curie observaient dans le

rayonnement du radium la présence simul-

tanée de rayons déviables et de rayons non

déviables ». Becquerel détaille alors ses

expériences et les mesures numériques sur

les « Trajectoires du rayonnement dans un

champ magnétique uniforme », puis sur les

« Spectres d’absorption »…

Le chapitre VI,

Déviation électrostatique.

Identification du rayonnement déviable et

des rayons cathodiques

, commence ainsi :

« Pour achever l’identification du rayon-

nement déviable du radium et des rayons

cathodiques il suffisait de montrer, soit que

ce rayonnement transporte des charges

électriques négatives, soit qu’il est dévié

dans un champ électrostatique ». Becquerel

y expose ses expériences « montrant net-

tement la déviation cherchée et prévue, et

permettant de donner une valeur numérique

approchée de cette déviation »…

Le dernier chapitre (VII),

Sur la transmission

du rayonnement au travers des corps

, com-

mence ainsi : « Les expériences qui précèdent

ont montré que le rayonnement des corps

radio-actifs se composait de deux groupes

distincts : des rayons non déviables, dont les

plus intenses sont très peu pénétrants, et dont

d’autres, non déviables également mais très

pénétrants, viennent d’être observés par M.

Villard ; puis des rayons déviables, identiques

aux rayons cathodiques, c’est-à-dire à un flux

de matière électrisée négativement, qui traverse

les corps, les métaux, le verre, en conservant sa

charge comme le ferait un flux de poussières

très ténues animées d’une grande vitesse, au

travers d’un tamis ou d’un treillage à mailles

plus ou moins larges. Dans la transmission du

rayonnement déviable, j’ai observé une parti-

cularité inattendue, c’est que l’absorption de

divers écrans pour des radiations déterminées

semble être très différente suivant la distance

de l’écran à la source radio-active »... Becquerel

détaille ses expériences, avant d’émettre cer-

taines réserves sur les conclusions tirées par

DORN de ses observations…

Viennent les

Conclusions

. « Ces recherches

montrent qu’il existe des corps qui émettent

spontanément un rayonnement capable de

traverser les corps opaques pour la lumière ;

ce rayonnement réduit les sels d’argent,

produit diverses actions chimiques et rend

les gaz conducteurs par ionisation. Il se

compose d’une partie identique aux rayons

cathodiques, déviable par un champ magné-

tique et par un champ électrique, et d’une

partie non déviable, dont la nature nous est

encore inconnue. On ignore également si

les diverses espèces de rayonnement sont

simultanées et indépendantes, ou si l’une

d’elles provoque les autres, de même que les

rayons cathodiques provoquent des rayons

X, qui provoquent eux-mêmes des rayons

secondaires déviables. On a vu toutefois que

l’énergie rayonnée par la partie déviable était

tellement faible, que la perte de masse due

à la matière transportée (1

mg

par centimètre

carré de surface rayonnante, en un milliard

d’années) était inaccessible à nos méthodes

expérimentales, et que de ce fait il n’y avait

aucune contradiction entre la spontanéité

du rayonnement sans cause apparente, et le

principe de la conservation de l’énergie. Le

phénomène d’émission matérielle pourrait

être du même ordre de grandeur que l’éva-

poration de certaines matières odorantes ».

On joint

le

tiré à part

de ce rapport, suivi de

celui de Pierre et Marie CURIE,

Les nouvelles

substances radioactives et les rayons qu’elles

émettent

(un vol. in-8 cartonnage percaline

orange), exemplaire de Becquerel ; ainsi que

divers objets utilisés par Becquerel pour

ses expériences

: 5 petites éprouvettes en

verre remplies de produits divers ; une pince

métallique graduée et deux petites sphères

métalliques ; 5 boîtes en carton contenant

des produits et cristaux divers, certaines avec

étiquettes annotées : « uranium », « rubis »,

« Cornaline, Rubis, Émeraude, Euclase, Bora-

cite » ; un prisme entouré de papier noir ; 3

tirages photographiques de rayonnements.