sciences
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calcium et de strontium très lumineuses,
un rubis, un diamant, une variété de spath
calcaire manganésifère, divers échantillons
de fluorine, et de la blende hexagonale très
phosphorescente. J’ai reconnu d’abord
que les substances telles que le rubis et le
spath calcaire, dont le spectre d’excitation
est formé de rayons lumineux, ne devenaient
pas phosphorescentes, puis j’ai observé
des différences profondes entre l’action du
radium et l’action de rayons X émanant d’un
tube focus »... Etc.
Le chapitre V étudie la
Déviation magné-
tique d’une partie du rayonnement du
radium
. Parallèlement aux travaux de cher-
cheurs étrangers (Elster, Giesel, Meyer, von
Schweidler), Becquerel a pu montrer « que,
si l’on place dans un champ magnétique
non uniforme une petite qnantité d’un sel
de radium, le rayonnement se concentre
sur les pôles. L’observation a été faite suc-
cessivement avec un écran fluorescent, et
par la photographie ». Il a mis en évidence
qu’il existe « deux espèces de radiations, les
unes déviables et les autres qui ne le sont
pas. Toutes les expériences ultérieures vont
nous montrer que les premières sont des
rayons cathodiques ; la nature des autres
nous est encore inconnue. Presque en même
temps M. et Mme Curie observaient dans le
rayonnement du radium la présence simul-
tanée de rayons déviables et de rayons non
déviables ». Becquerel détaille alors ses
expériences et les mesures numériques sur
les « Trajectoires du rayonnement dans un
champ magnétique uniforme », puis sur les
« Spectres d’absorption »…
Le chapitre VI,
Déviation électrostatique.
Identification du rayonnement déviable et
des rayons cathodiques
, commence ainsi :
« Pour achever l’identification du rayon-
nement déviable du radium et des rayons
cathodiques il suffisait de montrer, soit que
ce rayonnement transporte des charges
électriques négatives, soit qu’il est dévié
dans un champ électrostatique ». Becquerel
y expose ses expériences « montrant net-
tement la déviation cherchée et prévue, et
permettant de donner une valeur numérique
approchée de cette déviation »…
Le dernier chapitre (VII),
Sur la transmission
du rayonnement au travers des corps
, com-
mence ainsi : « Les expériences qui précèdent
ont montré que le rayonnement des corps
radio-actifs se composait de deux groupes
distincts : des rayons non déviables, dont les
plus intenses sont très peu pénétrants, et dont
d’autres, non déviables également mais très
pénétrants, viennent d’être observés par M.
Villard ; puis des rayons déviables, identiques
aux rayons cathodiques, c’est-à-dire à un flux
de matière électrisée négativement, qui traverse
les corps, les métaux, le verre, en conservant sa
charge comme le ferait un flux de poussières
très ténues animées d’une grande vitesse, au
travers d’un tamis ou d’un treillage à mailles
plus ou moins larges. Dans la transmission du
rayonnement déviable, j’ai observé une parti-
cularité inattendue, c’est que l’absorption de
divers écrans pour des radiations déterminées
semble être très différente suivant la distance
de l’écran à la source radio-active »... Becquerel
détaille ses expériences, avant d’émettre cer-
taines réserves sur les conclusions tirées par
DORN de ses observations…
Viennent les
Conclusions
. « Ces recherches
montrent qu’il existe des corps qui émettent
spontanément un rayonnement capable de
traverser les corps opaques pour la lumière ;
ce rayonnement réduit les sels d’argent,
produit diverses actions chimiques et rend
les gaz conducteurs par ionisation. Il se
compose d’une partie identique aux rayons
cathodiques, déviable par un champ magné-
tique et par un champ électrique, et d’une
partie non déviable, dont la nature nous est
encore inconnue. On ignore également si
les diverses espèces de rayonnement sont
simultanées et indépendantes, ou si l’une
d’elles provoque les autres, de même que les
rayons cathodiques provoquent des rayons
X, qui provoquent eux-mêmes des rayons
secondaires déviables. On a vu toutefois que
l’énergie rayonnée par la partie déviable était
tellement faible, que la perte de masse due
à la matière transportée (1
mg
par centimètre
carré de surface rayonnante, en un milliard
d’années) était inaccessible à nos méthodes
expérimentales, et que de ce fait il n’y avait
aucune contradiction entre la spontanéité
du rayonnement sans cause apparente, et le
principe de la conservation de l’énergie. Le
phénomène d’émission matérielle pourrait
être du même ordre de grandeur que l’éva-
poration de certaines matières odorantes ».
On joint
le
tiré à part
de ce rapport, suivi de
celui de Pierre et Marie CURIE,
Les nouvelles
substances radioactives et les rayons qu’elles
émettent
(un vol. in-8 cartonnage percaline
orange), exemplaire de Becquerel ; ainsi que
divers objets utilisés par Becquerel pour
ses expériences
: 5 petites éprouvettes en
verre remplies de produits divers ; une pince
métallique graduée et deux petites sphères
métalliques ; 5 boîtes en carton contenant
des produits et cristaux divers, certaines avec
étiquettes annotées : « uranium », « rubis »,
« Cornaline, Rubis, Émeraude, Euclase, Bora-
cite » ; un prisme entouré de papier noir ; 3
tirages photographiques de rayonnements.




