les collections aristophil
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EINSTEIN ALBERT (1879-1955).
L.A.S. « A. », Princeton 17 avril 1934, à
sa première femme MILEVA ; 1 page
in-4 (légères fentes, un petit passage
a été coupé à la fin de la lettre qui a
été recollée, réparations anciennes,
papier un peu jauni, marques de
crayon rouge) ; en allemand.
4 000 / 5 000 €
Lettre à sa première femme, au sujet de
la schizophrénie de leur plus jeune fils
Eduard, dit « Tetel »
.
[Eduard Einstein (1910-1965) avait été hos-
pitalisé pour la première fois en 1930 à
l’hôpital de Burghölzli, clinique psychia-
trique universitaire de Zurich, où son père
lui rendit une dernière visite en 1933 avant
de partir pour l’Amérique.]
Il s’est réjoui de la lettre de Mileva, qui a
éveillé un si bel espoir. Il a lu l’article avec
attention et il semble en effet qu’il ne soit
pas impossible d’obtenir un résultat positif
avec ce type d’intervention chimique. Il
s’agirait juste d’un fort stimulant pour le
système de sécrétion, produit par une
carence en sucre dans le sang. Mais il ne
faut pas précipiter cette affaire, et attendre
plus de résultats d’expériences. Il envoie
un chèque pour faciliter le paiement des
dettes bancaires. Il paiera également à sa
sœur les dépenses engendrées par la visite
de « Tetel » et de l’infirmière, pour laquelle
il ne peut encore assurer des paiements
réguliers. Il est si accablé par les diverses
aides à apporter, qu’il doit se restreindre
le plus possible. Tout vient de l’Hitlerite
(« Hitlerei »/folie hitlérienne) qui a com-
plètement ruiné toutes les existences de
autour de lui…
« Ich habe die Artikel genau gelesen, und es
erscheint durchaus nicht unmüglich, durch
einen solchen chemischen Eingriff einen
Erfolg zu erzielen. Es würde sich eben um
einen starken Reiz auf das sekretorische
System handeln, der durch Zuckermangel
im Blut erzeugt wird. Wir dürfen aber
diese Sache nicht überstürzen sondern
müssen warten, bis mehr Erfahrungen
gesammelt worden sind. Anbei sende ich
Dir einen Chek, um die Zahlung der feil-
ligen Bankschulden zu erleichtern. Auch
werde ich meiner Schwester die Auslagen
vergüten, die ihr aus dem Besuch Tetels
und des Pflegers erwachsen. Regelmeissige
Zahlungen für den Pfleger werde ich eins-
tweilen noch nicht leisten. Ich bin durch die
verschiedensten Hilfeleistungen so schwer
belastet, dass ich mich überall auf das
Aeusserste beschränken muss. Alles kommt
von der Hitlerei her, die alle Existenzen in
meiner Nähe völlig ruiniert hat »…
En tête de la lettre, Mileva a noté les dates
d’arrivée de la lettre et de sa réponse.
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