sciences
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EINSTEIN ALBERT (1879-1955).
L.S.,
Princeton
23 avril 1936, à Rudi
W. MANDL à Washington ; 1 page
in-4 à son en-tête en relief.
8 000 / 10 000 €
Première lettre d’un échange sur l’étude
des lentilles gravitationnelles avec un
jeune ingénieur tchèque, qui incitera
Einstein à reprendre ses calculs.
Einstein explique qu’il est maintenant cer-
tain que l’idée de Mandl, selon laquelle
la nébuleuse de la Lyre puisse constituer
un élément de lentille gravitationnelle, est
erronée. Il reste la première formule. La
seconde repose sur une fausse réflexion.
Il a pensé que le phénomène en question
ne pourra pas être observé et n’est donc
plus favorable à la publication de quoi que
ce soit à ce sujet. Le rayon d’effacement
de l’arrière-plan ne doit guère dépasser
1/10
e
de seconde d’arc, même dans les
cas les plus favorables, de sorte que le
phénomène est couvert par le phéno-
mène de diffraction de l’étoile brillante
détournée. Il lui a déjà dit que l’explication
de la nébuleuse annulaire comme phéno-
mène de réfraction est hors de question.
Il recommande à Mandl de ne pas trop
se tourmenter car, en sciences, on doit
enterrer beaucoup d’idées en apparences
brillantes avant de tomber sur celle qui a
de solides fondements…
« Es bleibt bei der ersten Formel. Die
zweite beruht auf einer falschen Ueberle-
gung. Ich habe mirs überlegt, dass das
fragliche Phänomen doch nicht beobachtet
sein wird, sodass ich nicht mehr dafür bin,
etwas darüber zu publzieren. Der Radius
für die Auslöschung des Hintergrundes
dürfte auch in den günstigsten Fällen
kaum 1/10 Bogensekunde übersteigen,
sodass das Phänomen durch die Beu-
gunserscheinung des ablenkenden hellen
Sternes zugedeckt wird. Ich habe Ihnen
schon gesagt, dass die Erklärung der Rin-
gnebel als Refraktionserscheinung nicht in
Frage kommt, schon wegen der angularen
Ausdehnung dieser Gebilde. Bedauern Sie
es nicht zu viel. In der Wissenschaft muss
man viele hoffnungsvoll erscheinende
Ideen begraben, bis man einmal auf eine
verfällt, die standhält »…
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