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les collections aristophil

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LAENNEC RENÉ-THÉOPHILE

(1781-1826) MÉDECIN.

L.A.S., [Paris] 15 septembre 1811, à son

père Théophile-Marie

LAENNEC

,

conseiller de préfecture à Quimper ; 5

pages in-4 (mouillures, dernier feuillet

contrecollé avec l’adresse occultée,

signature partiellement emportée par

bris du cachet).

1 000 / 1 200 €

Belle et longue lettre du jeune médecin

à son père

.

Il rend compte de commissions faites pour

son père : réparation d’un Christ, achat d’un

dictionnaire italien et d’une Bible française… Il

annonce avec satisfaction le probable succès

de M. DU CAP : « La machine qu’il a imaginée

paraît devoir faire une heureuse exception,

parmi la quantité innombrable d’inventions de

ce genre que les songes creux de la capitale

et des provinces apportent tous les ans à

l’examen de la commission des arts et de

la société d’encouragement, et qui presque

toutes n’ont d’autre effet réel, que d’avoir fait

perdre pendant de longues années à leurs

auteurs, leur temps, leur argent et souvent

leur bon sens. Celle de M

r

Du Cap ne pro-

duira pas tout-à-fait les effets merveilleux qu’il

en attendait, mais d’après l’examen très-long

et très-attentif qu’en a fait un de mes amis

ancien répétiteur à l’École polythecnique,

elle

ne ressemble à aucune autre

» ; c’est

l’œuvre d’un homme « né avec le génie de

la méchanique »…

Il évoque quelques autres amis et affaires

de famille. Il remet sans cesse son voyage

en Bretagne ; passé novembre, ce sera pour

l’an prochain : « l’hyver, il est impossible à

un médecin de songer à quitter Paris. Le

nombre des malades, y est toujours alors

trois fois plus grand qu’en cette saison. Je

sens bien cependant le besoin d’aller en

Bretagne. […] dans nos discussions, et dans

ma manière d’agir je n’ai jamais eu en vue

que l’intérêt commun de la famille » ; il se

serait décidé à partir, mais est « retenu par

des considérations auxquelles tient en grande

partie mon existence comme médecin ». Il

espère que la vente de leur maison donnera

à son père plus d’aisance.

« La place de professeur de la doctrine

d’

Hippocrate

vacante par la mort de M

r

THOURET vient d’être supprimée, définiti-

vement parce que M

r

Thouret qui était en

même temps directeur de l’école n’avait

jamais fait une seule leçon. Je perds avec

l’espoir de disputer cette place au concours,

celui d’être au moins de longtemps et peut-

être jamais professeur à l’école : mais c’est

un petit malheur : mon ambition n’était pas

naturellement très-grande et j’apprends tous

les jours à la borner. Je me trouverais très

heureux, si je puis après un certain nombre

d’années me retirer à Quimper, ne plus

faire la médecine que pour les pauvres et

mes amis et tâcher d’être utile encore à

l’instruction en rédigeant les matériaux que

j’aurai amassé. Cette destinée me plairait

encore plus que celle d’un professeur.

Verba

volant

»…

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