Previous Page  90-91 / 132 Next Page
Information
Show Menu
Previous Page 90-91 / 132 Next Page
Page Background

88

Livres & Manuscrits

RTCURIAL

10 décembre 2019 14h30. Paris

89

Livres & Manuscrits

RTCURIAL

10 décembre 2019 14h30. Paris

134

[

RABELAIS, François

]

.– PINGRET,

Édouard

Recueil de dessin pour « Les Songes

drolaticques de Pantagruel ».

S.l., s.n., [1756 ?]

In-8 (25,6 x 16,4 cm), [78] ff.,

maroquin rubis, double filet à froid

en encadrement sur les plats, dos à

nerfs orné à froid, tranches peignées

(reliure du XX

e

siècle)

.

Recueil de 96 dessins à la mine de

plomb, encre noire et lavis, divisé

en deux parties, comportant chacune

une page de titre. Relié à la

fin, rédigé sur un autre papier on

trouve l’

Interprétation des Songes

drolaticques de Pantagruel ou Le

Rabelais allégoriques

.

La page de titre de la première partie

présente l’inspiration artistique

dont résulte le présent recueil.

Ainsi les

Songes drolatiques

sont

« de l’invention de Me François

Rabelais fait par Nicolas Quesnel

d’après l’original de cet an mil six

cent dix. » Cette œuvre de Quesnel se

serait trouvée dans la bibliothèque du

roi. Louis Boquet « dessinateur des

menus plaisirs du Roy pour les habits

et spectacles », s’en serait inspiré

en 1756.

Nos dessins sont des interprétations

des gravures sur bois publiées par

Richard Breton en 1556, elles-mêmes

prétendument faites d'après les dessins

de Rabelais. En réalité, l’auteur

était déjà décédé depuis douze ans à

la sortie de l’ouvrage. Les figures

sont désormais attribuées (notamment

par Jean Porcher et Michel Jeanneret)

à François Desprez, graveur et brodeur

du XVI

e

siècle. On peut identifier

son trait grâce à un second ouvrage

illustré et dédicacé par lui, également

publié par Breton.

Les textes qui figurent à la fin de

notre recueil sont à rapprocher des

commentaires de Voltaire, Le Duchat et

d'autres savants, donnés pour l’édition

Dalibon des

Songes drolatiques

(Paris,

1823) qui elle-même regroupait des

commentaires que ceux des éditeurs

Esmangart et Johanneau. Ils conservent

le carcatère didactique des originaux

et identifient les personnages

supposément représentées : Jules II,

Diane de Poitiers, le cardinal de

Lorraine…

Une note sur le feuillet de titre

indique : « Ed. Pingret lav. 1515 »

[1815 ?]. Cette annotation suggère

qu'il a réalisé ces lavis, d'après les

gravures sur bois publiées en 1565. La

comparaison de ces lavis avec d'autres

œuvres du peintre Édouard Pingret

(« À Saint-Flour», « Notes sur les

Antiquités aztèques », etc.) permet

d'aller dans le sens d'uen attribution

à cet artiste.

Ce peintre, élève de David et auteur

d'un portrait de NApoléon, a également

démontré son intérêt pour le costume

avec son album

Costumes des Pyrénées

(Paris, 1834) ou la

Galerie royale de

costumes italiens

(Paris, 1842). Il

a également publié deux autres albums

de lithographies : le

Voyage de S. M.

Louis Philippe Ier roi des Français

au château de Windsor

et

Monumens,

établissemens et sites le splus

remarquables du département de l'Aisne.

Le texte manuscrit et ses corrections

semblent être l'œuvre d'une autre

personne.

Provenance :

Édouard Pingret (note sur le titre).

Rogné, quelques petites rousseurs,

2

nd

papier bruni.

5 000 - 8 000 €