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198.

Jean PAULHAN

(Nîmes 1884/1968). 4 lettres (2 L.A.S. et 2 L.D.S.). 1952-1961 et s.d. 5 pp. in-8 et in-32.

En-têtes.

«

Votre Restif m’enchante, et il n’est pas une de vos études qui ne me paraisse fine et juste

(plus juste qu’il n’est

ordinaire quand on est si fin) […]. Ce qui m’a un peu déconcerté, je pense, c’est la diversité de vos questions. Il en est

quelques unes, auxquelles je me sens bien incapable de répondre : ni dans le Guerrier, ni dans le Voyage en Suisse,

je n’ai rien voulu dire. Et les explications que je puis proposer ne valent ni plus ni moins que celles de mon lecteur

[…].

Votre Schwob était excellent

. J’ai aimé la différence que vous marquez entre les récits lus à la suite les uns des

autres et les mêmes récits lus séparément ».

200 / 300 €

199.

Jacques PERRET

(Trappes 1901/1992). 5 L.A.S. 5 pp. in-8 et in-4. 1950-1954 et s.d. Pliures.

« Non, pas de roman encore mais il est toujours entendu qu’il sera pour la Revue de Paris.

J’aurai très bientôt

terminé une espèce de nouvelle qui est un souvenir d’enfance (et un effet de l’âge)

. Elle sera d’une longueur

honnête et je m’efforcerai cette fois de ne pas vous ennuyer avec des corrections d’auteur intempérantes […].

M. Duhamel (Série Noire) qui édite le 1er roman de Georges Bayle me demande s’il n’y aurait pas moyen d’avoir

communication des nouvelles que je vous ai remises (étrangleur, pompiste, etc.) et qui feraient peut être son affaire

pour un film à sketches […]. Je m’aperçois que je vous ai donné la mauvaise version du Pique Nique. En effet, sur

l’épreuve que je vous destinais, j’avais modifié l’épisode de la (boule ?) de jardin en faisant intervenir non pas l’oncle

Henri mais l’Oncléon ce qui donne un peu plus de cohésion au récit […] ».

300 / 400 €

200.

Henri PERRUCHOT

(Montceau-les-Mines 1917/1967). 4 lettres (3 L.A.S. et 1 L.D.S). 6 pp. in-8 et in-4.

Paris, 1954-1955. En-têtes à son adresse.

Sur la publication de la

Vie de Van Gogh

.

« J’ai ces jours-ci corrigé les épreuves en placards du Van Gogh. Cela se

présente très bien. L’ouvrage fera à peu près 400 pages. A propos de Van Gogh, je vous signale, mais vous le savez

sans doute vous aussi, que Julliard publiera l’année prochaine la Correspondance complète du peintre, en 6 volumes.

Je pense qu’il y aura là pour nous un élément de publicité intéressant […].

Je comprends maintenant pourquoi

Montherlant fulminait ! Votre article est un chef d’œuvre. Chacune de vos phrases a dû faire à Montherlant

l’effet d’une banderille

. Vous avez des trouvailles étonnantes (le tigre du chat, l’amour avec les plantes, etc.). Tout

cela est juste, bien vu et cruellement dit […] ».

200 / 300 €

201.

Joseph PEYRE

(Aydie, Pyrénées-Atlantiques 1892/1968), prix Goncourt (1935).

3 lettres

(2 L.A.S. et

1 L.D.S.), 4 pp. in-4 et in-8. Pau et Paris, 1923-1952.

« Pour gagner du temps, je vous apporte moi-même mon manuscrit. L’ayant déjà lu, vous aurez vite fait de le parcourir.

Je crois qu’il faudrait paraître en février pour tâcher de rattraper la saison de sports d’hiver

[…]. Je m’empresse de

vous soumettre […] en remplacement des Morts, une autre nouvelle de Hernandez Cata, La Marâtre, que je vous adresse

sous ce pli recommandé par le même courrier. Je veux espérer que cette fois « La Revue de Paris » pourra l’accueillir, et,

en lui prêtant son autorité,

accréditera auprès du public français un écrivain qui le mérite, par sa qualité littéraire

, et

d’ailleurs par les services qu’il a rendus à l’idée française comme directeur de la revue « Cosmopolis » […] »

300 / 400 €

202.

Roger PEYREFITTE

(Castres 1907/2000). 2 L.A.S. (une sur carte postale), 3 pp. in-8. Paris et Cyrène

(Libye), février-mai 1953.

Belles et longues lettres après la publication de son dernier roman

[probablement

La Fin des Ambassades

]. « Un

article comme celui-là m’enchante, non seulement parce qu’il me tresse une couronne de vrais lauriers, mais

parce

qu’il remet sur un piédestal le vrai dieu des Muses, si souvent remplacé aujourd’hui par de pauvres horreurs.

J’évoque, sur l’horizon de vos deux pages, les colonnades et les sites, comme si un nouveau rayon de soleil était

venu les dorer

. J’ai la conviction si profonde qu’ils représentent seul la vérité ! Mais quand on le voit avec cet œil

que vous portez sur la description que j’en ai faite […] ».

300 / 400 €

203.

François PIETRI

(Bastia 1882/1966). 4 L.A.S. 7 pp. ½ in-8 et in-12. 1928-1939. En-têtes.

Publication d’articles.

« J’ai bien relu le papier. Très sincèrement, il serait totalement « démonétisé » (le mot est

de circonstance) si nous attendions fin janvier… Le débat financier se déroulera du 24 au 28 : tout y sera dit, et mon

article viendrait comme les carabiniers d’Offenbach […] ».

120 / 180 €

204.

André PIEYRE DE MANDIARGUES

(Paris 1909/1991). 2 L.A.S. 3 pp. in-8. 1950 et s.d.

Dans une première lettre, il donne ses instructions pour la publication de

La Nuit de Tehuantepec

. Dans une seconde,

il expose ses projets et

s’indigne contre un article sur le marquis de Sade

. « Pour la Revue de Paris, je serais

heureux, moi aussi, qu’elle publiât bientôt quelques pages de moi. Mais la veine des contes fantastiques se trouve

actuellement épuisée, ce que je regrette fort. Cependant j’espère vous soumettre au début de l’année prochaine

un

fragment (qui pourrait passer pour une nouvelle) d’un livre auquel je travaille depuis peu. Tel fragment

irait sous le titre de Rodogune

. S’il fait fiasco, alors je vous proposerai des pages de journal, sur la Sardaigne

probablement […]. Laissez moi pourtant vous dire combien je suis déçu, indigné même, par l’article de Bernard

de Fallois sur Sade, dans le dernier numéro.

Est-il possible de réunir à la fois tant de niaiseries, de sottise et

d’ignorance sur le compte d’un écrivain qui, tout de même, domine la fin du 18

e

siècle comme Vauvanargues

le début

. Les deux meilleurs esprits, du moins, les deux esprits de meilleure compagne (selon ma façon de voir)

de ce siècle là. Tandis que Restif, assez plaisant, est bien sale !

Et que d’honneur pour ce pauvre Sartre que ce

rapprochement inattendu…

Vraiment, je m’étonne que l’on ait laissé passé cela ! ».

400 / 600 €