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177.

Roger MARTIN DU GARD

(Neuilly 1881/1958).

7 C.A.S.

8 pp. in-12. Berlin, Rome et Nice, 1932-1958

(3 sont écrites en 1937, année de son prix Nobel).

Évocation de Tolsto

ï [il découvrit sa vocation littéraire en lisant

Guerre et Paix

]. « Si vous étiez chic, vous me feriez

envoyer poste restante à Rome les 2 numéros de la R. de P. sur Tolstoï, introuvables ici, et dont je vois l’annonce dans les

Nouvelles littéraires. Ca me ferait une bonne lecture pour le voyage de retour ! […] Nous vivons comme des sauvages,

cher ami ; mais d’autant plus grand est notre plaisir quand la sympathie nous fait ouvrir notre porte. Ne manquez donc pas

de venir au Grand Palais, quand vous serez dans le midi. Et faites-le simplement, je veux dire : écrivez-moi « Je viendrai

prendre le thé avec vous tel jour vers telle heure ». Je suis toujours disponible […]. Je recommande à votre attention,

cher ami, ce petit livre – juvénile confidence d’une octogénaire… (madame Simon Bussy, la femme du peintre.)

Si vous

prenez à le lire autant de plaisir que j’ai eu à écrire cette version française, attirez sur Olivia la curiosité de vos

lecteurs !

[…].

Bravo, cher ami. Je ne puis vous dire combien me semblent neuves et justes ces lignes sur Tolstoï,

dans le n° d’avril ! Mériteraient un plus long développement. On sent que si vous vous laissiez aller sur Tolstoï,

vous nous découvririez des filons que la critique n’a pas exploités, ni même prospectés. Dépêchez-vous, - tandis

que je suis encore de ce côté-ci du décor !

» [RMG meurt quelques semaines après cette dernière lettre].

400 / 600 €

178.

Henri MASSIS

(Paris 1886/1970). 2 L.A.S. 3 pp. ½ in-4. Paris, 1959.

Belles et longues lettres sur Jacques Maritain et le thomisme.

« […]. Ainsi la vie, les événements, les idées

mêmes nous ont séparés Jacques et moi. Mais si je ne veux plus m’en souvenir pour ne garder de notre passé que le

meilleur,

il m’est impossible d’accepter intégralement ce qu’est devenu depuis lors la doctrine que Maritain –

et vous ne sauriez vous contenter que j’évoque, une fois de plus, celui qui fut jusqu’à cette époque mon frère

d’armes, mon ami…

Il nous faut présenter un Maritain « complet », et notamment celui d’après 1926 jusques et y

compris celui qui publie et enseigne désormais aux Etats-Unis. De celui-là, je ne saurais rien dire.

Je ne puis, ni ne

veux juger Jacques Maritain, ni son thomisme actuel, ni sa politique, ni sa philosophie

[…] ».

250 / 350 €

179.

William Somerset MAUGHAM

(Paris 1874/1965). 3 L.A.S. 4 pp. in-8. Saint-Jean-Cap-Ferrat et Londres,

1952 et sans date. En-têtes. Une enveloppe.

« Mon nouveau roman paraîtra en Angleterre dans quelques jours. J’ai prié l’Agence de vous envoyer un exemplaire.

Vous verrez s’il vous plait […].

Pour le moment je ne vois rien que je puisse vous proposer et quant à La Lettre,

c’est une vieille nouvelle que madame Branchet a traduite il y a déjà longtemps

et je suppose qu’elle a paru quelque

part […]. Un professeur américain en train d’écrire un livre (comme tous les professeurs américains) me demande où se

trouve la citation suivante de Sainte-Beuve : « L’extrême félicité à peine séparée par une feuille tremblante de l’extrême

désespoir, n’est-ce pas la vie ? ». Je vous ai lu assez pour savoir que vous connaissez la littérature française et que vous

avez une mémoire étonnante. La phrase se trouve sans doute dans une des Causeries du lundi, mais laquelle ? […] ».

400 / 600 €

180.

Thierry MAULNIER

(Alès 1909/1988). Manuscrit A.S. Le Plein Feu. 14 pp. in-8. [1952].

Longue chronique théâtrale

. « C’est la preuve que le public, en la circonstance, n’a pas donné raison à la critique,

qui n’est pas toute puissante.

La Diable et le Bon Dieu de Jean-Paul Sartre avait vu ses recettes tomber de

près de moitié lorsque, l’an dernier, Pierre Brasseur, malade, avait dû abandonner le rôle principal

. Peu de

temps après, la carrière de la pièce avait été interrompue. Il a suffit que Brasseur revint, et les trente nouvelles

représentations du mois de septembre ont été données par le théâtre Antoine à bureaux fermés. C’est la preuve que

les auteurs, fussent-ils parvenus, comme Jean-Paul Sartre, à conquérir le public des hebdomadaires à gros tirage,

doivent encore compter avec les interprètes. Rien n’est jamais acquis au théâtre, rien n’est jamais consolidé. Ni

Pierre Brasseur, ni Jean Marais, ni Edwige Feuillère, ni Gérard Philipe ne suffiraient par le seul éclat de leur nom

ou par le déploiement de tout ce qu’ils ont de talent à assurer le succès d’une pièce ennuyeuse.

Ni Jean-Paul Sartre,

ni Jean Anouilh, ni Marcel Achard, ni André Roussin ne pourraient compter sur le succès des meilleures de

leurs pièces, si elles se trouvaient mises en scène médiocrement et journées par des acteurs médiocres

[…] ».

400 / 600 €

181.

François MAURIAC

(Bordeaux 1885/1970). 2 L.A.S. (une sur carte), 3 pp. in-8 et in-16. Sans date.

« Je voudrais bien encore de secondes épreuves, si ce n’est pas abuser.

Il me semble que la dernière scène de cette

seconde partie est belle… Je me hâte de vous le dire tant que je suis encore dans l’illusion

». Sur une carte de

correspondance à son nom, François Mauriac indique qu’il « n’a aucune idée de l’époque où il achèvera le roman en

cours – qui ne sera d’ailleurs sans doute qu’un roman de dimensions modestes. Il remercie Marcel Thiébaut de sa

proposition et doute beaucoup de pouvoir l’accepter. Mais tout dépendra des exigences de la T. R. [Tables Ronde] à

ce moment là ». [Il s’agit probablement du

Sagouin

, paru aux éditions de la Table Ronde, en janvier 1951].

300 / 400 €

182.

André MAUROIS

(Elbeuf 1885/1967).

29 lettres

(11 L.A.S., 10 C.A.S. et 8 L.D.S.). 31 pp. formats divers.

1927-1961 et s.d.

Longue correspondance sur son activité littéraire

. « Oui, je sais bien qu’il vaudrait beaucoup mieux pour vous avoir

mon roman le premier août, mais

les circonstances sont devenues telles que je ne peux rien vous promettre

. Je pars

maintenant pour Edinburgh, laissant mon livre non fini. Pourrais-je trouver, en juillet, les loisirs nécessaires pour l’achever ?

C’est possible, ce n’est pas sûr […]. Je suis plein de bonne volonté, mais n’ose prendre un engagement ferme, car je me trouve

tiraillé entre Thiébaut et Thiébaut. Je n’ai apporté ici que les livres et notes nécessaires pour travailler à l’Histoire du dix-

huitième siècle anglais. Si le livre est fini avant mai, j’écrirai le récit pour enfants […].

Voici l’article sur Dickens

; c’est

la mise au point que vous m’aviez demandée, il y a quelques mois pour mettre le public français au courant des nouvelles

publications. Je me suis gardé de citer les lettres puisque le Times en a le copyright, mais j’espère avoir dit l’essentiel.

Joint :

5 lettres de Simone André Maurois.

600 / 800 €