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146.
Philippe HERIAT
(Paris 1898/1971).
7 L.A.S.
12 pp. in-8. 1946-1960. En-têtes.
Remerciements et félicitations, réponse à une sollicitation de Marcel Thiébaut. « Quel que soit le plaisir que j’aurais à
nouer avec la Revue une collaboration régulière, la double difficulté subsiste que je vous ai dite :
répugnance à mettre
en avant mon appréciation du mouvement littéraire auquel je participe selon mes moyens, et inconvénient, pour
moi, de truffer mon travail personnel de plusieurs travaux de détail échelonnés sur l’année
[…]. Hélas ! cher ami,
hier en fin de journée, par un concours de circonstances compliqué (où Perdrière n’est du reste pas pour rien), il nous
a fallu, à Pierre Descaves et à moi, nous résoudre à reporter la création de ma pièce au mois d’octobre [
Les Noces de
deuil
, qui sera créée à la Comédie française, le 15 octobre 1953] […]. Nous jouons enfin en première mercredi. J’ai fait
ce que j’ai pu pour resserrer la représentation. Les deux femmes m’ont bien suivi, mais l’homme, si j’ose dire, est si
instable que je me demande ce qu’il fera. On verra bien. Mais j’ai hâte de passer à un autre genre d’exercice […] ».
300 / 600 €
147.
Abel HERMANT
(Paris 1862/1950).
5 L.A.S.
6 pp. ½ in-8 et in-4. Paris, 1927-1932.
Il ne pourra livrer à temps le travail promis à la
Revue de Paris
. «
J’ai dû interrompre mon travail pour m’occuper
de mon discours
[de réception à l’Académie française] et, si je ne me trompe pas, cette fois, dans mes pronostics, ce
n’est guère avant le printemps prochain que je puis prévoir l’achèvement et la publication du Nouvel Anacharsis […].
Lorsque je vous ai remis, un peu précipitamment, vendredi dernier, le manuscrit du Nouvel Anacharsis, j’ai oublié
de vous dire que je m’étais engagé à rembourser le 15 mars le solde des droits d’auteur qui m’avaient été avancés et
dont j’ai remboursé une première partie à la fin du mois dernier […].
La troisième partie sera terminée dans deux
ou trois jours
[…]. Pour faire suite à notre entretien récent, je vous confirme que je donne à M. Jacques de Nervo
[…] délégation de la somme de vingt mille francs, représentant la totalité de mes droits d’auteur pour la publication
dans la Revue de Paris de mon roman La Flamme renversée […]. J’ai terminé il y a une quinzaine de jours et fait
copier la troisième partie des « Souvenirs de la vie frivole » ; je ne vous ai pas apporté la copie, parce que je me
mettais aussitôt à la quatrième et dernière partie qui est actuellement très avancée (il ne me reste qu’une quinzaine
de pages à écrire), et qui sera terminée d’ici cinq à six jours […] ».
400 / 600 €
148.
Panaït ISTRATI
(Braila, Roumanie 1884/1935). L.A.S. 3 pp. in-8. L’Hautil s/Triel, 27 mai 1927.
Superbe et rare lettre sur son écriture et sa nouvelle
Mikhaïl
, dont il promet de lui remettre le manuscrit avant
fin juillet. « Quant aux « restrictions de style » dont vous parlez, je ne crois pas que vous n’adopteriez, à mon égard,
l’attitude qu’on adopté, jusqu’à ce jour, quatre maisons d’édition françaises, qui m’ont imprimé ou m’impriment
actuellement, à savoir : Rieder, Gallimard, Ed. de France et le Sablier, pour ne plus parler de Grasset, avec lequel
je viens de signer un contrat à mensualité fixe, à l’exemple de celui qui me lie à Rieder pour tout le cycle d’Adrien
Zograffi. Bien entendu, je ne prétends pas écrire dans un français irréprochable, loin de là, et il y aura toujours,
sur mes manuscrits, des incorrections à corriger.
Mais, pour tout ce qui est du reste, je n’ai jamais essuyé un
refus, ni eu des pages à amputer. Je crois un jour pouvoir remercier à la France de m’avoir accueilli, sans
jamais subir ces humiliations-là, les seules que la vie m’a épargné.
Croyez-moi : comme dans toute œuvre, dans
la mienne aussi il y aura du très bien, du bien, et du moins bien, - cela dépend beaucoup de notre état d’âme – mais
j’espère que la providence me laissera jusqu’à la fin ma lucidité d’aujourd’hui, qui me défend de transformer ma
passion d’écrire en un affreux gagne pain. Je garde tous mes appareils de photographe ambulant : le jour où l’on me
signalera un ouvrage nul, je déposerai ma plume. Je le jure !
Mikhaïl – ainsi qu’on le verra par la dédicace – c’est
mon œuvre la plus vraie, la plus digne, la plus honnête, lambeau de ma propre chair, bien supérieure à mes
œuvres d’imagination. Cela aussi a son importance dans le cycle
[…] ».
2 000 / 3 000 €
148




