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126.
André GIDE
(Paris 1869/1951). 2 L.D.S. 2 pp. in-4. Paris, 8-9 janvier 1929.
Avant son départ pour Alger, sur
l’École des Femmes
et la publication du roman de son ami Paul Wenz
(1869/1939). « Aurez-vous la gentillesse d’écrire un mot à Paul Wenz, lui proposant, ainsi que vous me le disiez,
de prendre son roman dans une collection déjà existante. Si vous me le retourniez assez tôt je pourrais, avant mon
départ, le présenter à Le Grix pour la publication en revue […]. Je crois, en effet, que, comme vous le dites, et étant
donné le délai de trois mois laissé par Wenz, le plus sage est de publier aussitôt son roman dans la collection du
Prisme, sans chercher davantage une revue qui l’accueillerait peut-être, mais risquerait de le faire beaucoup attendre
[…] ». Dans un P.S., il donne des précisions sur l’Ecole des Femmes, roman qui paraitra en avril 1929. «
Diverses
considérations m’amènent à changer le nom de l’héroïne de L’École des Femmes
(ce nom n’est d’ailleurs que très
rarement indiqué) – Aline, en Eveline, et non Eliane, comme je l’indiquais d’abord. Il n’est indiqué que 4 fois, je crois,
et si vous avez encore sous la main les épreuves, il vous serait facile d’y apporter ces quatre modifications […] ».
200 / 300 €
127.
Etienne GILSON
(Paris 1884/1978). 2 L.A.S. 2 pp. in-8, en-tête du Conseil de la République. Paris, avril-
mai 1947.
Publication de
Pétrarque et sa Muse
. « Ma conférence sur Pétrarque et sa Muse est déjà publiée, mais en Angleterre
(Oxford Press) et personne ne la connaît en France ; mais enfin, la publication est chose faite. Ce que j’ai l’intention
de faire, c’est de reprendre une à une ses diverses parties sous une forme nouvelle […] ? Le texte devient plus
technique, trop peut être pour une Revue littéraire. Au fond, c
e sont des morceaux d’un livre en devenir sur la
relation du poète à la Muse
[…] ».
100 / 200 €
128.
Jean GIONO
(Manosque 1895/1970). L.A.S. 1 p. in-12. 28 oct. 1960, à son en-tête.
«
Je vous réserve de longs passages de La Bataille de Pavie
, mais pas avant fin décembre (à cheval sur 60 et 61).
Pour les Mauvaises actions (roman) aussi dans le courant de 61.
J’ai beaucoup aimé votre étude sur Schwob. Vous
êtes le seul critique de notre époque
».
200 / 300 €
129.
Pierre GIRARD
(Genève 1892/1956), écrivain suisse. 3 L.A.S. 4 pp. ½ in-4. 1930.
Sur la publication de ses romans.
« Je suis lié avec Kra pour six volumes, encore. D’autre part,
j’ai promis à
Soupault le prochain
, qui est déjà écrit, du reste. J’essaierai de me dégager. Mais je tiens à agir correctement avec
Kra qui s’est toujours montré très gentil, et à qui je dois une grande reconnaissance, car c’est lui qui m’a fait connaître
un peu. Je pourrais peut-être proposer un arrangement : publier, comme l’a fait M. Giraudoux, alternativement chez
Calmann-Lévy et chez Kra […] ».
200 / 300 €
130.
Edmond GISCARD D’ESTAING
(Clermont-Ferrand 1894/1982). L.A.S. 4 pp. in-4. Chanonat, 25 août 1953.
En-tête de Varvasse.
Très belle lettre sur Montherlant et l’Homme dans l’art moderne
, s’appuyant sur deux articles, l’un de Marcel
Thiébaut sur Montherlant, l’autre intitulé « Art Cruel ». «
Le mépris de l’homme, son humiliation dans les camps
hitlériens ou chinois, son abaissement systématique et grossier – c’est le back ground d’un énorme mouvement
qui, à travers les portraits (?) de Picasso, veut mutiler et ridiculiser l’Homme fait à l’image de Dieu
. Et c’est,
dans ce débordement naturel de grossièreté et de bassesse avilissante qui hélas est le propre des « masses », le rôle
des têtes pensantes que de reconstruire pierre par pierre la digue constamment menacée, et d’élever, à son abri, les
constructions de l’âme. Vous avez signalé combien les mépris de Montherlant (dont je partage comme vous la plupart)
seraient plus valables si en face d’eux apparaissaient les vraies valeurs […]. C’est Maurras qui m’est apparu avec force
au détour de vos phrases. Le féminisme bêlant, l’esprit midinette ont été stigmatisés dans l’avenir de l’intelligence,
sous la forme du romantisme féminin […].
La monarchie a été pour Maurras (c’est évident en ce qui me concerne)
ces « éléments d’une morale et d’une idéologie » auxquels on puisse se tenir, et dont vous constatez l’absence
chez Montherlant
[…]. Une chose aussi m’a frappé.
Montherlant a écrit sur la guerre et le nazisme des phrases
affreuses, des justifications immondes. Et tandis que l’on était si féroce pour certains, lui a passé à travers
tout
. N’est-ce pas puissamment symbolique et éclairant ?
Maurras en prison, l’homme intègre et la pensée pure,
l’idée pénétrée « France » en personne. Et Montherlant le sadique des villes en flammes et le dévot de la croix
gammée, continuait à déposer ses ordures. Il y a une admirable logique dans ce parallèle
[…] ».
400 / 600 €
131.
Paulette GODDARD
(New York 1910/1990). L.A.S. 2 pp. in-4. Colonia del Valle, 14 mai 1949.
Belle et rare lettre évoquant la brouille avec son père
(en froid avec lui depuis son enfance, elle l’avait fait passer
pour son beau-père dans un article où il réinventait sa vie, et ce dernier l’avait alors traînée en justice). « Ci-joint un
petit article ou plutôt
une riposte à un article paru dans l’Excelsior, qui m’avait beaucoup fâché
. Peut-être cela
vous amusera-t-il d’en prendre connaissance, par exemple, je n’ai pas eu le courage de le traduire en français, à vous
de le faire faire, si vous ne le comprenez pas. Comment va ce cher Paris ? Vous-même et nos amis communs ? Dites
bien des choses à Denise Bourdet […]. Après nos conversations au sujet du livre de mon beau-père, j’ai été étonnée
qu’il ne soit même pas mentionné parmi les livres nouveaux de votre « Revue » !
La France, Paris, ses habitants,
me manquent beaucoup. Au Mexique, le soleil brille, mais l’esprit pas
. J’aimerais pouvoir aller vous voir l’année
prochaine […] ». [À la fin de sa carrière, Paulette Goddard monte une société de production avec John Steinbeck et,
en 1949, coproduit le film mexicain
The Torch
; c’est aussi à cette époque, au Mexique, en juin 1949, qu’elle divorce
de Burgess Meredith].
300 / 500 €




