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113.
Maurice DRUON
(Paris 1918/2009). 2 L.A.S. 6 pp. in-folio et in-8. Milan et s.l., 1948 et s.d. [1949].
Très belles lettres sur
Les Grandes Familles
[prix Goncourt 1948] et
La Fin des Hommes
(trilogie dont les
Grandes Familles
formait le premier volet). Une première lettre écrite de Milan, après l’article de la Revue de Paris.
« Vous ne doutez pas de l’impatience avec laquelle j’attendais votre jugement écrit. Je viens seulement de le recevoir,
et je n’ai vraiment pas été déçu. Merci de ce que m’apporte la Revue de Paris. J’espérais de vous quelque chose de
plus précieux que l’éloge – que vous ne me marchandez pas d’ailleurs. J’espérais cet éclairage révélateur que quelques
rares critiques peuvent donner au romancier sur son propre travail et sa propre méthode de composition. C’est bien
cela que vous faites pour moi.
Je suis particulièrement frappé de votre remarque sur ma manière de partir de
« traits » pour remonter aux hommes. Plusieurs de mes personnages, et des plus importants, se sont composés
de la sorte.
Noël Schoudler, le banquier, a été par exemple entièrement bâti « en remontant » sur le mot « Eh bien
quoi ? Qu’est-ce qu’il y a encore ? » crié à sa femme après la mort du fils. D’où, par conséquence la provocation un peu
arbitraire des événements que vous notez également […].
Dans le second volume, que je suis en train d’écrire
[La
Chute des corps
], j’ai le sentiment de partir davantage des êtres
, parce que justement j’ai moins de ces « traits »
dont je me suis délivré dans le premier. Vous me faites réfléchir et je vous en ai une grande reconnaissance […] ».
La seconde lettre, de 3 pp. in-folio, est entièrement consacrée à l’écriture de ce second volume.
600 / 800 €
114.
Mary DUCLAUX
(Leamington, Grande-Bretagne 1857/1944), critique littéraire, biographe et poétesse.
3 L.A.S. 6 pp. in-4. Paris, sans date.
Sur l’écriture de son livre sur Pascal.
« Mon Racine a eu du succès à Londres. Mon éditeur me réclame Pascal au
plus vite, et je travaille si lentement, avec tant de reprises et de repentirs. Ce sera une chose un peu absurde ma vie de
Pascal : une miniature du Mont Blanc – le mont Everest monté en épingle – et j’ai peut être tort de l’entreprendre […] ».
100 / 200 €
115.
Georges DUHAMEL
(Paris 1884/1966). 71 lettres (53 L.A.S. et 18 L.D.S.). 83 pp. formats divers. 1926-1957.
En-têtes.
Abondante correspondance amicale et sur ses activités littéraires
. « J’ai fait part à M. Vallette de vos projets
qui me touchent et m’intéressent. M. Vallette en dit pas non, mais m’a fait certaines remarques dont nous parlerons
si vous me venez voir, ce dont j’aurai le plus vif plaisir.
J’attends les épreuves de la Nuit d’orage
. Je vous serai
reconnaissant de faire tout le possible pour que je les reçoive en un seul paquet et bientôt. Je dois prendre le temps
de les corriger avant pour départ pour l’Allemagne. Vous m’aviez promis de me faire adresser le service de la Revue
de Paris. Je comptais lire l’article de Gide, dans le dernier numéro. Vous m’avez oublié […].
Je viens d’achever
une relation de voyage que je destinais depuis bien longtemps à la revue Europe. Mais je travaille à une assez
longue nouvelle dans le goût de celle que vient de publier Vers & Prose. Je vous la réserve.
J’espère l’achever
pour les premiers jours de juin […]. Mon père est mort hier et notre vie est toute bouleversée pour quelques jours
encore. Néanmoins, la nouvelle que je vous ai promise sera copiée ces jours-ci. A la relire, une inquiétude nouvelle
me vient :
cette nouvelle ne doit, je pense, offenser personne ; mais elle contient certaines expressions qui
pourraient étonner votre public
[…]. Je suis très content de savoir de votre bouche, que les lecteurs de la Revue de
Paris apprécient les Scènes de la Vie future. J’avais quelques raisons de m’en douter, car j’ai reçu un grand nombre
de témoignages de sympathie et la seule chose qui pourrait m’inquiéter dans l’histoire, c’est l’unanimité […] ».
1 200 / 1 800 €
116.
Luc DURTAIN
(Paris 1881/1959), écrivain voyageur.
47 L.A.S. 64 pp. in-4.
1926-1938.
Très belle correspondance sur son activité littéraire, certaines lettres écrites durant ses longs voyages autour du
monde
(Cuba, Brésil, Singapour, etc.). « Mais oui ! Je savais bien que le Donneur de sang, qui est disposé, composé si
on veut, pour un contact tout d’un bloc, n’accepterait pas la division en trois numéros ! Je jugeais, vous le saviez, inutile
de vous le donner : j’ai cédé à la tentation d’avoir un lecteur d’élite.
J’ai eu, avec la NRF, à laquelle j’ai parlé de notre
projet, des difficultés tout à fait imprévues, et d’extrêmes insistances à l’égard de ce bouquin
[…]. Voici, comme
suite à une trop courte conversation, un tout petit livre, fort modeste, où vous trouverez pourtant le visage d’un de ces
« monstres, qui, de loin, guettent ce miracle de mesure et de sagesse que représentent la culture, la vie française. »
Ce
qu’est la France ? Comme, outre-mer, cette figure palladienne apparaît haute et lisible !...
Je n’ai pu refuser à ces
pages (qui verront le jour en janvier), écrites à Java, sur une Hollandaise discutant en français, un mot d’introduction.
Vous verrez, si vous le feuilletez, que je tâche d’y distinguer deux espèces de voyages. Les formules que vous proposez,
la limite entre l’attendu et l’observé, le « joyeux bain de couleur locale », « l’exploration intellectuelle »… font
élégamment fourmiller le genre !...
Nuit de banlieue à Paris. Une nuit authentique, déjà menacée par un sous-sol
de conduites de gaz et de fils électriques. Et dire qu’un temps viendra où la nuit aura disparu de la planète
[…] ».
1 200 / 1 800 €
117.
Henri DUVERNOIS
(Paris 1875/1937). 4 L.A.S. 4 pp. in-4 et in-8. En-têtes à son adresse quai de Passy.
Sans date.
Sur son activité littéraire débordante
. « Je suis bien en retard… J’ai dû travailler pour le théâtre et hélas ! ce n’est
pas fini ! Mais j’espère me mettre à un roman vers novembre […]. Je suis plongé dans de terribles travaux : un livre
sur Paris et j’ai un roman à terminer. Ensuite, si Dieu me prête vie, je ferai quelques nouvelles et j’en apporterai une
avec joie à la Revue de Paris pour laquelle vous savez que j’ai toujours eu la plus vive amitié […] ».
150 / 200 €
118.
Alfred FABRE-LUCE
(Paris 1899/1983). 3 lettres (2 L.A.S. et 1 L.D.S signé de son pseudonyme Jacques
Sindral). 5 pp. in-8 et in-12. [1926]-1947 et sans date. En-têtes.
Sur ses publications
. « Puisque
– pour une fois – il ne contient pas de polémique
, je me permets de vous
adresser un second exemplaire […]. Je lis avec intérêt et plaisir, à mon retour de vacances, vos commentaires sur
mon « Lawrence ».
Ce que j’ai lu de vous cette année sur Giraudoux et sur Larbaud m’a paru si juste dans
chaque nuance que je me sens incliné à considérer vos éloges comme pertinents
, ce qui me rend confus… ». Une
dernière lettre est toute consacrée à son
Talleyrand
[1929].
150 / 200 €




