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119.

Claude FARRERE

(Lyon 1876/1957). 2 L.D.S. 2 pp. in-4. Paris, 22-24 novembre 1922.

Sur la publication du texte de Leila Hanoum

. « Je tiens à vous dire que

je n’avais encore jamais lu des pages

aussi vraiment turques

, et d’un intérêt équivalent. Cela sent l’époque et le terroir. J’ai d’ailleurs l’honneur de

connaître Leila Hanoum, vieille dame de 80 ou 90 ans, qui a vécu la vie de Cour sous six Majestés Impériales, et qui

sait encore baiser la main d’une Princesse du Sang avec une grâce infinie. Cela se reflète dans son œuvre […] ».

150 / 200 €

120.

Albert FLAMENT

(Paris 1877/1956), journaliste, critique et romancier, chroniqueur à la

Revue de Paris

,

y tenant, à partir de 1922, des « Tableaux de Paris », reflet de la vie mondaine, littéraire et artistique.

16 L.A.S. 37 pp.

in-4 et in-8. 1924-1946. Nombreux en-têtes.

Longue correspondance sur sa collaboration à la

Revue de Paris

. « […]. J’ai fait mentalement bien des Tableaux de

Paris. Il ne m’en est rien resté. Il me semble que je n’avais jamais rien produit de meilleur ! Aussi je me sens d’autant

plus gêné pour entreprendre ma séance de rentrée. Je vais tenter de vous donner quelques pages pour le n° de janvier.

Je vous le ferai porter le 15 décembre. Est-ce bien ? Mais nous les intitulerons : Tableaux de Paris. Tableaux de France

que vous me proposiez aurait l’air de vouloir « faire guerre » […]. Mais, pour rentrer dans la circulation, gardons notre

personnalité, notre étiquette. Tableaux de France, je vois un cadre avec la médaille militaire et la croix de guerre et,

peut-être, la military cross…

Si quelques lecteurs se sont plu à ce que j’ai pu écrire, gardons notre enseigne, mais

ne me donnez pas l’impression d’être correspondant de guerre et de taper sur un tambour

[…] ».

200 / 400 €

121.

Paul FORT

(Reims 1872/1960). 2 L.A.S. 3 pp. in-8. Paris, 1937-1953.

Il accepte de collaborer à la

Revue de Paris

« recueil d’art et de pensée que je lis toujours avec un extrême plaisir »

et va lui adresser quelques pages d’un volume de ses Ballades Françaises « dont je n’ai « confié » nulle pièce

nulle part.

J’arrive de Chartres encore tout ébloui de vitraux orange ou d’azur

. J’aime infiniment la manière

spirituelle, gaillarde, toute française de Paul Guth. Ce me sera une joie de l’accueillir. Nous nous connaissons déjà.

Au cours d’une interview, il me fit la grâce de n’être pas horrifié de

mon « renvoi » de Louis-le-Grand lorsqu’à

17 ans, et bien qu’élève, je fondai un théâtre en vue de jouer Paul Verlaine, Villiers de l’Isle-Adam et Maurice

Maeterlinck

[…] ».

200 / 300 €

122.

Pierre FREDERIX

(Paris 1897/1970), reporter, voyageur et romancier.

11 L.A.S. 40 pp. in-4.

Londres,

Bénarès, Grenade, Constantinople, 1923-1926.

Longue et truculente correspondance amicale, pleine d’humour et d’anecdotes sur sa quête des femmes,

écrite durant ses longs voyages à travers l’Europe et le Moyen-Orient

. Grenade. « […]. Toute la ville, et peut-être

même l’Albaïcin, je la jette aux jésuites. Mais au risque de te rendre vert et jaloux,

cet Alhambra, contre quoi je

suis logé, je te le déclare, est ce qu’il y a de plus beau en Espagne

: propos à mécontenter les Castillans peut-être

puisque le bijou, en somme, est œuvre de l’envahisseur. Je craignais un peu une désillusion, et suis allé de plaisirs

en plaisirs. Imagination sans doute.

Mais il faudrait être absolument eunuque pour ne pas ressentir la volupté

d’un pareil lieu. En un instant j’ai peuplé ces bassins d’eau verte, ces salles de repos d’une petite douzaine de

sultanes parfaitement nues, parfaitement belles et contentes de l’être

. Ah ces Turcs, Monsieur, ces Turcs, que

j’aime les Turcs. Ce que je croyais lire dans toutes les arabesques c’était le sacré commandement :

sois polygame,

sois polygame, sois polygame. Ah ! être le patron dans cette guinguette, quelle vie

[…]. Vu Falla qui habite une

maison minuscule derrière un très petit jardin traversé de trois filets d’eau et d’où l’on voit toute la Sierra Nevada,

et le soir la moitié de Grenade étalée, dans les reflets que font sur les murs blancs les lumières des portes ouvertes

[…] ». Constantinople « […].

Je crus bon d’aller au Cercle d’Orient où frétillait le gratin diplomatique. Je

dansai avec deux conseillères, deux secrétairesses, une roumaine muette, des italiennes, une arménienne,

une grecque, une princesse divorcée et une bossue

. Je me fis présenter à Leilah Hanoum femme du directeur des

musées avec le noir dessein de l’interroger sur les harems, et je filai dans le salon avec sa fille qui est mince, blonde,

grande, a 18 ans, une cousine et une grand-mère à l’ambassade de Turquie à Paris, chante Duparc, adore le Scenic

Railway et guinche divinement, comme je m’en assurai à maintes reprises. Ainsi acheva-t-elle d’écarter le nuage

qu’en dinant avec moi, une anglaise trop semblable à certaine danseuse de l’Hippodrome – celui de Cranbourne

Street non de Constantin – avait formé devant moi.

Un mauvais whisky me fit presque heureux

[…] ».

500 / 800 €

123.

Pierre FRESNAY

(Paris 1897/1975). 2 lettres (L.A.S. et L.D.S), 2 pp. in-4. Neuilly, 1947-1951.

Sur la pièce de Marcel Achard,

Le Moulin de la Galette

, mise en scène par Pierre Fresnay

, et créée au théâtre de la

Michodière, le 18 décembre 1951. « La pièce de Marcel Achard est évidemment un jeu dramatique mais efficace. Bien sûr

François Périer c’est la Michodière et c’est par un accord avec Yvonne Printemps que les pièces qu’il y jouera seront choisies

mais il est bien évident qu’Yvonne Printemps tiendra compte dans la plus large mesure des désirs qu’il exprimera. Il n’y a

donc aucune objection à ce que tu prennes ses réactions sur cette pièce qui m’a, tu le sais, très vivement intéressé […] ».

250 / 350 €