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 82.

Jules CAMBON

(Versey, Suisse 1845/1935). 6 L.A.S. 12 pp. in-8 et in-12. Paris et Aix-les-Bains, 1927-1930.

En-têtes.

Écriture d’un article sur la Roumanie, et refus d’en écrire un sur le pacte Briand-Kellogg

[signé à Paris le

27 août 1928 par 63 pays, qui condamnent le recours à la guerre pour le règlement de différends internationaux].

« Les divers incidents qui se sont produits ces jours derniers à Genève, ne peuvent que m’encourager dans la ligne de

conduite que je crois devoir suivre. Il me paraît prudent d’attendre comment tout cela se terminera pour former son

jugement […].

J’admire et j’envie l’audace heureuse de certains journalistes qui improvisent des conclusions et

qui les imposent à leurs lecteurs

. Je suis plus timide.

Il y a tant à dire à propos du pacte Kellog, et tant de choses

qui semblent au premier abord, contradictoires, que dans un temps où, comme aujourd’hui, on aime à affirmer,

il est difficile d’être compris, et de faire considérer une simple réserve, comme une réserve, et non comme une

opposition absolue

. C’est même là ce qui me retient : dans ma situation à la conférence des ambassadeurs, je me

demande si je suis tout à fait libre – et surtout si je le suis tout de suite […] ».

300 / 500 €

 83.

Albert CAMUS

(Mondovi 1913/1960). L.D.S. avec ajout autographe. ½ p. in-4. Cabris, 22 mars [1949].

Publication du

Meurtre et l’absurde

. « J’aurais voulu vous répondre comme vous le désiriez. Malheureusement

j’ai

accordé une sorte d’exclusivité, pour mes textes paraissant en revue, à mes amis d’Empédocle

. Le seul chapitre

qui pouvait se distraire de mon essai sera ainsi publié par cette revue. Je le regrette sincèrement, mais je suppose

que vous voudrez bien comprendre mes raisons et m’excuser […] ». [La revue littéraire

Empédocle

, dirigée par Jean

Vagne et dont Camus faisait partie du Comité de rédaction avec Albert Béguin, René Char et Guido Meister, eut une

existence éphémère. 11 numéros parurent d’avril 1949 à août 1950 ; Camus y fit paraître, dans le premier numéro,

Le Meurtre et l’absurde

, fragment de

L’Homme révolté

qui paraîtra en 1951].

400 / 600 €

 84.

Francis CARCO

(Nouméa 1886/1958). 34 L.A.S. (certaines sur cartes). 1922-1948. 40 pp. formats divers.

En-têtes.

Importante correspondance sur son activité littéraire.

« Je vous signale tout particulièrement la traduction d’un

roman de Catá intitulé Les Morts que mon ami Peyré [Joseph Peyré (1892/1968), futur prix Goncourt, et qui publia un

livre sur Carco en 1923] de qui vous avez eu l’obligeance de parler, présente à la Revue de Paris.

Catá est un grand

romancier espagnol

; il est appuyé auprès de la maison Calmann-Lévy par Blasco-Ibanez qui doit écrire - quand ce

roman sera publié en volume – une importante préface […].

Je vous retourne, après les avoir revues rapidement,

les premières pages de Verotchka et vous remercie des corrections que vous y avez faites […]. J’ai changé le

titre et corrigé très peu de chose. Je suis heureux de voir ces vers paraître chez vous. Ils sont le prolongement

de mon roman La Rue que je n’ai pas pu vous donner

[…]. Que pensez vous de : Chacun sa vie, souvenirs, si j’ose

dire, « d’enfance et de jeunesse » ? Je n’ai pas trouvé mieux mais je crois que ce n’est pas trop mauvais […]. Je n’ai

pas encore eu le temps de me mettre à mon étude sur le Paysage Français contemporain mais si vous pouviez publier

dans la Revue de Paris les poèmes ci-joints, j’en serais heureux.

Ils n’ont pas encore été réunis en volume mais

paraîtront le 15 octobre à la cité des livres sous le titre Poèmes retrouvés

[…]. Entendu pour « rôdeurs » au lieu de

« marlons »… mais envoyez-moi des épreuves car le poème a besoin de petites retouches […].

Brumes est fini. J’ai

mis le dernier point au manuscrit avant-hier.

Il me faut à présent deux ou trois semaines de recul pour donner à

mon roman le dernier coup de plume. Vous verrez : vous serrez content.

Je n’ai jamais encore écrit rien de plus fort

ni de mieux venu

[…]. J’ai déposé l’autre jour un manuscrit inédit de Rachilde. L’avez-vous lu ? Je le trouve excellent.

Vous devriez le prendre : vous feriez deux heureux […]. Je me propose également d’écrire sur Laforgue et une grande

nouvelle inédite dont je possède le manuscrit original, une étude intitulé : Un premier essai du Grand Meaulnes car

cette nouvelle de Jules Laforgue fait penser à Alain Fournier. C’est assez curieux, n’est-ce pas ? […] ».

1 500 / 2 000 €

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