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49.
André BELLESORT
(Laval 1866/1942), poète et romancier. 5 L.A.S. 10 pp. formats divers. 1929-1938.
En-têtes (académie française, etc.).
Son activité littéraire
. « Je vous réserverai mon étude sur Eugène Sue (le Paris d’Eugène Sue et le roman feuilleton). Quant
au Paris sous le Second Empire, je ne console pas de mon retard.
Mais si vous saviez quelle absurde vie je mène !
Parmi
les Paris que j’explore, il y en a un que je n’ai pas encore abordé (pour moi) : le Paris où l’on peut travailler tranquillement et
poursuivre huit jours de suite la même tâche […]. C’est avec un grand plaisir que j’aurais accepté votre aimable proposition
d’un
article sur Villiers de l’Isle Adam dont je m’occupe depuis deux ou trois ans.
Malheureusement, j’avais promis,
l’an dernier, cet article à Massis pour la Revue. Je devais le lui donner à la fin d’août : la première ligne n’en est pas encore
écrite ! […]. Je prépare un livre intitulé Gentilshommes de lettres ; et j’y mettrai une étude sur le Dix-huitième siècle
d’H. de Régnier. Vous plairait-elle ? Je pourrais alors vous la donner en avril ou même en mars […] ».
300 / 400 €
50.
René BENJAMIN
(Paris 1885/1948), prix Goncourt (1915) et membre de l’Académie Goncourt (1938). 2 L.A.S.
2 pp. in-8 et in-4. Paris, 1930-1938.
Il décline deux propositions de collaboration, étant déjà trop sollicité
. « Le peu que je fais est promis. J’ai du
travail pour des mois. Je ne peux que vous dire mes regrets sincères… de n’avoir qu’une vie, c’est-à-dire peu de
moyens. Mais vous me fournissez l’occasion de vous féliciter du travail merveilleux que personnellement vous faites
depuis deux ans. Travail important entre tous ! Soyez loué et remercié […] ».
150 / 250 €
51.
Léon BERARD
(Sauveterre-de-Béarn, Pyrénées-Atlantiques 1876/1960). L.A.S. 2 pp. in-8. 1
er
janvier 1939.
En-tête du Sénat. Enveloppe.
Sur des articles et des conférences qu’il prépare
avec l’aide d’études faites par Marcel Thiébaut. « J’estime au
surplus que votre enquête et votre étude sur les rapports de la rue de Grenelle et de la rue Lafayette nous ont apporté
sur les problèmes d’enseignement et d’organisation scolaire des données nouvelles et trop peu connues. Lorsque je
me mettrai à la préparation de mon interpellation, je vous demanderai de m’accorder quelques instants afin que nous
confrontions nos informations et nos vues […] ».
100 / 200 €
52.
Henry BERENGER
(Rugles, Eure 1867/1952), homme politique et diplomate.
8 L.A.S.
13 pp. in-8 et in-12.
En-têtes. 1932-1937.
Écriture d’articles pour la
Revue de Paris
et situation politique.
« La complication des événements extérieurs
devient telle qu’il ne m’est pas possible de vous donner pour la semaine prochaine l’article que vous avez bien voulu
me demander pour la Revue de Paris sur la situation politique en France […]. Mon article me donne des difficultés plus
grandes que je ne prévoyais en le commençant ! Je préfère ne vous le donner que pour le n° du 15 mai […] ».
200 / 300 €
53.
Emmanuel BERL
(Le Vésinet 1892/1976). L.D.S. ½ p. in-4. Sans date, [vers 1937].
Ménage à trois avec Suzanne et André Breton.
[En 1927, il rencontre une jeune prostituée, Suzanne Muzard, qui
devient sa maîtresse mais le trompe avec André Breton ; il l’épouse en 1928, ce qui lui vaut la rancune de Breton et
des surréalistes ; ils divorcent en 1937 et Berl épouse la chanteuse Mireille]. « Les coups de téléphone se multipliant,
variés, contradictoires, mais toujours inquiétants, je pars pour Arcachon ce soir, et
je dirai cet après-midi à
M. Breton qui veut me parler, mon grand désir que Suzanne trouve près de lui un bonheur assez durable pour
qu’elle n’ait plus à prendre souci du mien
. Je dois cet excellent résultat au fait que je n’ai cessé d’affirmer à Suzanne
la possibilité de reprendre la vie avec moi. Je lui donne volontiers le dernier mot si cela m’évite le dernier mal. Je
compte sur vous pour faire courir au besoin le bruit de mon désespoir résigné […] ».
300 / 400 €
54.
Tristan BERNARD
(Besançon 1866/1947). 2 L.A.S. (une sur carte de correspondance, l’autre sur carte-
lettre). 3 pp. in-8. 1932.
Réponse à une demande de collaboration. « Je vous enverrai avec plaisir des Souvenirs. Pour le moment, hélas ! je suis
dans le présent, qui m’oblige tyranniquement à finir un roman et une pièce […] ».
100 / 200 €
55.
Célia BERTIN
(Paris 1920/2014), romancière, prix Renaudot (1953). 2 L.D.S. 3 pp. in-4. Cagnes-sur-Mer,
février-mai 1947.
Très belles lettres sur son art d’écrire, alors qu’elle n’avait que 27 ans
. Dans une première lettre, elle fait l’éloge
de son article sur Charles Du Bos, Valéry Larbaud et Julien Green, écrivains pour lesquels elle éprouve un grand
attachement. La seconde, très longue, est consacrée à son roman,
La Bague était brisée
, après que Thiébault ait lu son
manuscrit. « Vous connaissez l’aventure que représente l’envoi d’un manuscrit […].
J’aime les romans. Je crois que
c’est la forme d’art où l’on peut le mieux exprimer la complexité, le miracle des êtres
. Depuis que je me suis mise à
écrire, je travaille par versions successives, et mes premières versions sont plus longues que celle que je crois définitive.
J’ai travaillé sur ce manuscrit pendant dix huit mois et je me demande à présent ce qui vous paraît « des longueurs ».
Je ne vois pas celles-ci. Je ne nie pas du tout leur existence.
Ce que j’ai tenté de faire, c’est un écoulement du temps
assez lâche, assez peu dirigé pour qu’il donne l’impression de la mélodie ininterrompue de notre vie intérieure
dont parlait Bergson
. Dans les romans que j’aime le plus, ceux de Virginia Woolf ou « la Guerre et la Paix », par
exemple, lorsque je relis une page, c’est toujours celle où il ne se passe rien que je recherche. J’aime à retrouver Nicolas
Rostov qui rêve et qui, lorsqu’il voit un petit nuage comme un tache, pense à sa sœur Natacha.
Je voudrais arriver à
rendre cette confusion, cette multitude d’impressions et de souvenirs que chacun de nous porte en soi, à chaque
minute, et exprimer aussi ces instants où « il ne se passe rien » et dont le sens nous apparaît bien après
[…] ».
400 / 600 €




