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 39.

Maurice BARDECHE

(Dun-sur-Auron, Cher 1907/1998). L.A.S. 2 pp. in-8. Canet [-en-Roussillon], 3 août

1947.

L’épuration.

Il craint de ne pas recevoir l’article avant une huitaine, son courrier arrivant très lentement. « Vous

pensez bien que j’ai hâte de vous lire. Car pour l’instant,

je reçois surtout de copieuses tartines d’injures

dans

lesquelles le critique suffoque d’indignation sur six colonnes. J’aurais bien voulu vous donner une réponse favorable

pour le Mérimée. Mais j’ai lu le Hugo d’Audiat : c’est une véritable monographie, et je vous avoue que Mérimée ne

me tente pas spécialement. Puis, j’ai vraiment du travail pour tout l’hiver, avec mes contrats actuels, et je dois les

exécuter exactement puisque je n’ai plus que cela pour vivre. Je pense qu’il vaudrait mieux que vous remettiez le

Mérimée à quelqu’un d’autre. Si j’ai une idée de monographie au printemps prochain, je vous en ferai part pour votre

collection ».

200 / 300 €

 40.

Maurice BARING

(Londres 1874/1945), écrivain britannique. L.A.S. 3 pp. in-8. Londres, 28 juin 1928.

Refus d’écrire une série d’articles que Marcel Thiébaut lui demandait

. « Je me sens absolument incapable

d’écrire un article solide sur le roman contemporain anglais […] ».

100 / 150 €

 41.

Louis BARTHOU

(Oloron-Sainte-Marie, Pyrénées-Atlantiques 1862/1934). 8 L.A.S. (dont une à la

suite d’une lettre de Marcel Thiébaut qui lui est adressée, et une sur carte de visite). 8 pp. formats divers.

Chantilly, Paris et Bürgenstock, 1925-1932. En-têtes (Académie française, etc.). Deux enveloppes.

Envoi de son livre sur Wagner, correction d’erreurs des Lettres de Lamartine, envoi de bon à tirer, promesse d’articles,

etc. « Pouvez-vous me rendre le service de demander à l’imprimerie Brodard, à mes frais, un tirage à part à 20 ex.

des deux articles ? Enfin,

croyez-vous que la librairie Calmann-Lévy serait disposée à publier un petit volume,

auquel je crois

que les deux articles, imprimés en plus gros caractères, pourraient largement suffire ? […] ».

300 / 400 €

 42.

Henry BATAILLE

(Nîmes 1872/1922).

30 L.A.S.

54 pp. la plupart in-4. 1918-1922 et sans date.

Longue et très belle correspondance sur ses activités littéraires et sa fin de vie dans la souffrance.

« Voilà

2 mois (les plus durs de la guerre sans doute) escamotés ! Ouf ! Certes, je vais m’occuper tout de suite du général.

Vous pensez que j’y mettrai tous mes soins. Je vous tiendrai au courant. Aujourd’hui ce mot simplement pour vous

dire ma satisfaction. La pièce passe demain… Je suis malade comme je ne l’ai jamais été. Quelle horreur ! Et,

désespéré, il faut que je m’occupe pourtant de mille choses – dont le service de places, et les détails de mise en scène,

même à distance. Tout cela est si loin ! si vague !...

Mes seuls moments, quelquefois, sont quand l’oreille s’arrête

vers 3 heures du matin… et que je rêve dans le silence

[…]. Je viens de passer les jours les plus douloureux de

ma vie !... Quelle horreur !... Quel martyre ! Les deux mille au paroxysme.

Je deviens littéralement fou !... Ô mon

pauvre ami, je vois bien que c’en est fini pour moi de l’avenir

et des (gouts ?) de la vie… L’heure (dernière ?)

arrive à grands pas…

Il me faudrait la résignation d’un saint… Et pourtant qui pourra jamais évaluer la

patience dont j’ai fait preuve

– et dont j’aurai fait l’offrande à la tendresse dévouée qui m’entoure !... ».

Joint :

2 télégrammes, un faire-part de décès avec lettre d’Yvonne de Bray son épouse, ainsi qu’une lettre de sa sœur.

1 200 / 1800 €

 43.

Gérard BAUËR

(Le Vésinet, Yvelines 1888/1967), essayiste et critique, membre de l’Académie Goncourt.

15 L.A.S.

(dont 2 sur cartes à en-tête de l’Académie Goncourt et une sur carte postale). 17 pp. in-4 et in-8.

Paris, La Baule, Crans et Venise, 1929-1946.

Belle correspondance sur son travail de chroniqueur et ses relations avec le monde littéraire

. « Je suis aux

prises avec Dumas père. Je m’acharne à le suivre tout au long d’une vie sans repos. Il a beaucoup plus de souffle que

moi, je vous le promets […]. Hélas, pour votre protégée, depuis un certain article de la Revue de Paris,

mes relations

avec Sacha Guitry, qui n’étaient pas fréquentes, quoique nous nous connaissions depuis l’enfance, sont tout

à fait suspendues

. Il a eu la petite faiblesse de ne plus saluer quand nous nous sommes rencontrés depuis cette

critique. Voilà les avantages de la critique ! […]. Nous vivons en ce moment dans une atmosphère trouble, épaisse

à respirer, où nous nous sentons mal à l’aise et où les contacts de l’esprit semblent et sont d’appréciables refuges.

J’apprécie de vous rencontrer car nous parlons à peu près, n’est-ce pas, le même langage ? […]. J’ai lu votre feuilleton

des « Débats » et je vous en fais mon compliment. Il est aisé, juste, autrement tendre, et l’on sent que vous y dites

exactement ce que vous voulez dire et qui est fin.

Vous avez très bien mis en valeur le panthéisme de Giono, qui

existait déjà chez Colette mais plus intimement, avec moins d’universalité

(chez Giono il y a tout l’horizon du

ciel, la route entière au dessus de la montagne… chez Colette le miroir d’un jardin…). Enfin la proportion gardée

entre les noms dont vous parlez est excellente. Je vous conseille, tout au moins pour vos premiers mois, d’écrire des

feuilletons – études consacrées à un écrivain, quitte à être un peu injuste pour ceux que vous ensevelirez dans le

silence. C’est cela qui porte, qui crée l’autorité si nécessaire à la durée d’une critique. Le morcellement, la mosaïque

sont la plaie du journalisme moderne […] ».

Joint :

une L.D.S.

600 / 800 €