13
61.
André BILLY
(Saint-Quentin 1882/1971), de l’Académie Goncourt.
17 L.A.S.
22 pp. in-8 et in-4. 1947-1960
et sans date. En-têtes (Académie Goncourt, Figaro, etc.).
Longue correspondance amicale et littéraire.
Envoi d’articles sur Stendhal et Mérimée, publication d’ouvrages, etc.
«
Il est de fait que Stendhal m’agace assez souvent, ce qui ne m’empêche pas d’avoir beaucoup d’amitié pour lui.
C’est ce sentiment que j’ai sans doute eu la maladresse de ne pas laisser percer assez […]. Je regrette que vous n’ayez
pas jeté un coup d’œil sur mes souvenirs. Certaines parties, que n’ont pas retenues la Bataille et les Œuvres libres, vous
auraient peut-être intéressé. Hommes et mondes, à défaut de la Revue de Paris, va en publier quelques pages. Mon
livre sur France ? J’ai eu, je vous l’avoue, les bras coupés par le dernier ouvrage récemment paru. C’est pour moi une
affaire à reprendre entièrement. En aurai-je jamais le courage ? […] ».
400 / 600 €
62.
Vincente BLASCO IBANEZ
(Valence, Espagne 1867/1928), écrivain, l’un des plus grands romanciers
espagnols.
13 L.D.S.
avec quelques corrections autographes, 23 pp. in-4 et in-8. Menton, 1922-1927.
À son en-tête de la Villa Fontana-Rosa à Menton.
Très belle correspondance littéraire, sur la publication de ses œuvres, son approche de la traduction, mais
également sur la situation politique en Espagne
. « Votre plan me semble magnifique et je suis très content de vous voir
si entreprenant et si désireux de travailler.
Pour moi l’important n’est pas qu’un de mes traducteurs connaisse bien
l’espagnol. C’est beaucoup plus important qu’il connaisse son idiome, et qu’il ait un talent littéraire pour faire
les modifications nécessaires
. Vous avez ces conditions, et je suis certain qu’avec l’aide de cette demoiselle espagnole,
instruite et intelligente, vous pouvez traduire très bien mes romans, présents et futurs.
Moi aussi, sans savoir un seul mot
d’anglais, j’ai traduit, ou mieux j’ai arrangé, une édition espagnole des Œuvres Complètes de Shakespeare
. Un
anglais faisait la traduction littérale, et après j’écrivais pour seconde fois. Et croyez moi que cette édition de Shakespeare,
que j’ai signé avec un pseudonyme, n’est pas mal du tout. Je vous répète que je suis très content de votre décision et je vous
demande quelques jours pour vous donner l’autorisation de traduire « Mare Nostrum ». Ce délai exige une explication.
J’avais promis, il y a beaucoup de temps, à M. Camille Pitollet, l’autorisation de traduire « Mare Nostrum ». Il n’a rien
fait et je crois qu’il ne le fera jamais. Mais comme Pitollet est un homme très susceptible et avec une tendance à se croire
méprisé, je considère nécessaire de lui écrire avant, pour lui faire savoir mon désir et qu’il se désiste d’une traduction qu’il
ne fera jamais. Je crois qu’il me répondra immédiatement et alors je vous ferai quelques indications qui vous serviront
pour vous faire plus facile la traduction de l’œuvre.
Carayon me dit qu’il vous a retourné « La Terre de tous » avec
100 pages de moins, qu’il a coupé. J’ai peur !
C’est un garçon de talent et qui connaît très bien l’espagnol, mais il n’a
pas votre souplesse et votre talent littéraire pour faire ce travail.
Il faut abréger et ne pas couper brutalement. Il faut
maintenir l’intérêt de l’histoire romanesque avec moins de mots, mais pas couper
, et si le roman va rester inintelligible
et sans suite à cause des coupures, je préfère qu’il ne paraisse pas dans « La Revue de Paris » et le publier seulement en
volume. Regardez ce qu’on a fait et donnez-moi votre opinion […]. Une autre chose très urgente. La maison Flammarion a
dans son pouvoir fait presque deux ans, une traduction de mon roman « La Bodega » faite par Madame Renée Lafont, et
qu’en français s’appelle « La Cité des futailles ». Avant hier, j’ai reçu repentinement (sic) les épreuves complètes de tout le
livre. Seulement il manque mon « bon à tirer » pour qu’on lance le livre immédiatement. Cela est peut être mauvais pour
« La Femme nue de Goya », qui apparaisse un roman de moi au même temps que notre roman.
Il faut que vous voyez
immédiatement à Calmann-Lévy pour lui demander quand pense-t-il publier « La Femme nue de Goya »
[…]. Dites
au directeur de « La Revue de Paris » que je m’engage à écrire une étude sur l’Espagne mais je dois faire ça en octobre
et pas maintenant. Je vous expliquerai la cause de cette décision. Premièrement, l’instauration de la dictature militaire
actuelle a été faite après mon dernier voyage en Espagne, c’est à dire quelques mois avant mon voyage autour du monde.
Il me faut retourner en Espagne pour voir les choses de près, avec un œil de romancier et dire la vérité sans peur,
mais sans erreur
. Pour faire ça, j’irai en Espagne au final du mois de juillet et resterai là-bas quelques jours.
Peut-être
ce que je vais écrire sur l’Espagne, et que vous traduirez, sera l’œuvre la plus fameuse de ma vie et qui fera plus de
bruit
. Peut-être « La Revue de Paris » n’aura jamais publié une œuvre qui fasse parler tant en France et à l’étranger. Mais il
faut n’annoncer rien, ne dire rien jusqu’au mois d’octobre.
Je désire aller en Espagne sans que personne fasse attention,
sans que le gouvernement se rende compte que je vais écrire sur sa politique
[…] ».
2 000 / 3 000 €
63.
Vincente BLASCO IBANEZ
(Valence, Espagne 1867/1928). C.A.S. 1 p. in-16. [San Francisco], 2 décembre
1923. Bel en-tête du paquebot « R.M.S. Franconia ».
Pendant son voyage autour du monde.
« Recevez, mon cher Thiébaut, mes affectueux souvenirs de San Francisco
de California. Je continue bien mon voyage autour du monde ».
200 / 300 €
64.
Johan BOJER
(Orkdal, Norvège 1872/1959), romancier norvégien. 2 L.A.S. 2 pp. in-4 et in-8. Haalstad,
juin-août 1926. Enveloppe.
Il refuse la proposition d’écrire un article
« parce que je suis tellement occupé par mon nouveau roman ». Il le
remercie de son article sur les Émigrants. « Vous n’êtes pas seulement aimable, mais l’article est tellement bien écrit
qu’il est un vrai plaisir de le lire.
Croyez-moi, je suis très fier d’être si bien reçu en France. Et je souffre de
nostalgie pour Paris
[…] ».
200 / 300 €
65.
Marie BONAPARTE
(Saint-Cloud 1882/1962), pionnière de la psychanalyse. L.A.S. 1 p. ½ in-4. Paris,
22 mai 1939. En-tête à son adresse.
Sur la préface de l’
Hamlet noir
du psychanalyste Wulf Sachs
. « Je vous renvoie l’avant propos de John – revu et
corrigé. Il m’est impossible pourtant de dire que l’« hamlétisme » de John transparaît cependant, car il ne transparaît
ni à des yeux experts ni à d’autres. Le titre est inadéquat, et c’est le plus grave défaut de ce travail.
Quant aux autres
données psychanalytiques, on peut dire qu’on les entrevoit, et je l’ai dit. J’ai davantage par contre insisté
sur la valeur ethnographique du travail. C’est en effet son mérite principal
; on a peu publié de monographies
semblables, vues du dedans, sur un cas dramatique de « conflit des cultures ». J’espère que l’avant propos, ainsi conçu,
ne nuira pas à ce très pesant travail […] ».
300 / 400 €




