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 44.

Hervé BAZIN

(Angers 1911/1996). 3 L.A.S. 4 pp. ½ in-8 et in-4. En-têtes à son adresse de la Belle Angerie.

1950-1952.

Intéressante correspondance sur ses activités et ses inspirations littéraires

. « Je vous remercie de votre aimable

appréciation… Je crois que « La Mort du petit cheval » vous donnera aussi quelque satisfaction (le texte de Réalités

est incomplet et ne put être échenillé à temps).

L’an prochain, mes « hors d’œuvre » achevés, je pense attaquer

le plat de résistance. Je vous en reparlerai

. Il est vrai que « Réalités » avait des arguments auxquels un père

de famille nombreuse (car je suis cela aussi, et fort content de l’être) est obligé de se montrer sensible. De ceci

nous pourrons reparler quand mon quatrième roman sera écrit […]. J’avais attendu pour vous donner ma meilleure

nouvelle de l’année. Je suis heureux qu’elle vous ait plu […]. Nous reparlerons du roman quand il sera « suffisamment

écrit » pour vous permettre de le juger. Je vais peu à Paris où – quoi qu’on en ait dit – je ne hante pas les salles

de rédaction et ne sollicite aucune publicité de mauvais goût. Ma déplorable santé me contraint à une réclusion

champêtre – que j’apprécie fort, du reste […].

Je vous retourne les épreuves de Tête-de-Toile. Le prototype est…

de l’autre côté de la rue en train de crépir une façade…

Rassurez-vous ! Ce pauvre bougre, qui était clairon des

pompiers, se trouva un jour si saoul qu’il mit le feu à une « barge »… et courut prévenir les gendarmes (coût : 5 ans

de T.F.). Libéré depuis 10 ans, il n’inspire aucune crainte à ses concitoyens.

Mais son histoire m’a servi de point

de départ. C’est d’ailleurs une habitude chez moi de me servir du réel et de l’arranger

. Vous devez avoir reçu

« Lève toi et marche » (qui marche bougrement bien, d’ailleurs). Il y a cinq ans, j’avais lu dans… Le Pèlerin, un

entrefilet annonçant que « Madame D.P. venait de mourir après avoir consacré sa vie aux paralysés, ses frères de

malheur ». Rien de commun avec ma Constance. Mais elle est née ce jour là dans ma cervelle ».

600 / 800 €

 45.

André BEAUNIER

(Évreux 1869/1925), romancier et critique littéraire. 4 L.A.S. 3 pp. in-4. Le Vésinet et

Paris, 1921-1925. Une lettre froissée.

Correction d’épreuves.

« Ensuite je partirai pour la Normandie ; et comme il est possible que je voyage un peu,

je voudrais bien avoir corrigé, avant cette fin de juillet, les épreuves des quatre parties de mon roman. En tout cas,

lorsque vous m’enverrez les épreuves de la deuxième partie, comptez que nous perdrons un jour ou deux (ou trois)

pour la poste […] ».

100 / 150 €

 46.

Béatrix BECK

(Villars-sur-Ollon, Suisse 1914/2008), romancière, prix Goncourt (1952). L.A.S. 2 pp. in-4.

1er nov. 1957.

Amère expérience cinématographique

. « J’espère que vous n’êtes plus grippé. Je sors moi-même d’une de ces

expériences plus ou moins asiatiques. Par moments, ma tête n’était plus prise dans un étau,

je flottais dans le bien-

être : je m’émerveillais

, c’était seulement en rêve que je n’avais plus mal ! Le tournage du film « Premier mai »

(pour lequel j’avais fait les dialogues) est arrêté parce que le producteur n’a plus d’argent. Caméraman et machinistes

sont licenciés.

Le cinéma est un monde encore plus dur que je ne l’imaginais

».

200 / 300 €

 47.

Maurice BEDEL

(Paris 1883/1954), romancier, prix Goncourt (1927).

7 L.A.S.

8 pp. in-4. La Genauraye

(Thuré, Vienne) et Paris, 1929-1953. En-têtes à ses adresses.

Correspondance littéraire

. « Comme je l’ai donné à entendre à M. de Fels, je ne pourrai pas donner mon roman à la

Revue de Paris avant le mois d’avril […]. Je suis surchargé de travail mais la Revue de Paris doit avoir la priorité sur

les autres. Je vous donnerai donc un essai sur les Scandinaves au début de mars […]. La réponse de M. de Fels ne m’a

point surpris…

J’ai voulu lui donner la preuve de l’affection que je porte à la Revue en lui offrant Philippine.

Mais je suis, hélas, et bien malgré moi, un auteur indésirable dans les revues. Pour ce qui est de l’argument Coty,

j’en demeure inquiet :

j’ai voulu donner au personnage de grenadier tous les ridicules du geai qui se pare des

plumes de l’autre. Il ne saurait être question d’un portrait du directeur du Figaro, qui serait, en vérité, bien

grossier et terriblement lourd, mais d’une étude d’un ersatz de M. Coty.

Vous savez que sa réussite, comme

toutes les réussites, a suscité des imitateurs. S’il me fallait des modèles pour mes personnages, j’eusse trouvé celui de

grenadier dans une grande ville des bords de la Seine qui n’est pas Paris […] ».

300 / 400 €

 48.

Albert BEGUIN

(La Chaux-de-Fonds, Suisse 1901/1957), écrivain et éditeur suisse. 2 L.A.S. 3 pp. in-8.

Bâle, 1938-1943.

Belles lettres sur les

Cahiers du Rhône

, revue qu’il créée en 1942 pour soutenir la lutte des écrivains français

durant l’Occupation.

« J’essaie de vous faire parvenir ceux des cahiers que vous n’avez pas eus. Les deux Aragon

d’abord, et puis les deux qui portent ma signature. Je tenais beaucoup à vous les faire lire, parce que, le premier

surtout, sorte de propagande de mon entreprise, je les ai écrits uniquement à l’intention des amis français dont je

suis séparé. Mon « Péguy » n’est qu’une esquisse, que dépasse largement en importance celui d’André Rousseaux

[…].

J’achève ces jours-ci mon livre sur Bloy

. Edmond Jaloux et ce pauvre Chenevière me reprochent amèrement

de n’avoir pas plutôt poursuivi mes travaux de traducteur et d’introducteur d’un esprit étranger qu’ils admirent plus

que jamais…

Moi, j’ai tourné le dos à tout cela. Impossible !

[…] Hélas on ne peut pas ici être beaucoup plus

direct qu’ailleurs, et

il est devenu nécessaire d’écrire parfois en filigrane pour pouvoir imprimer

. Sans compter

que la plupart des auteurs vivent en France, et que d’ailleurs tous nos cahiers sont soumis à une double censure […].

Ici, point d’écho, on n’ose plus se prononcer depuis qu’il n’y a plus de critique parisienne…

Seul témoignage très

enthousiaste avant le vôtre, celui du vieux Claudel. En voilà un qui tient bon !

[…] ».

300 / 500 €