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48. STAËL
(Germaine Necker, baronne de).
De l’Allemagne.
Paris, chez H. Nicolle ; chez Mame frères,
1814. 3 volumes in-8, (4)-xvi-348 [mal chiffrées 548] + (4)-387-(1) + (4)-415-(1 blanche) pp., bradel de
demi-maroquin vert à grain long, dos cloisonnés et ornés de motifs dorés, reliures un peu frottées, dos
légèrement passés avec infimes trous de vers, quelques feuillets intervertis à la reliure dans le volume II,
rares manques angulaires de papier (
reliure de l’époque
).
200/300
p
remière
édition
française
(Lonchamp, n° 6, avec variante dans les
feuillets annexes).
En 1810, l’ouvrage connut une première impression, incomplète, pour
le libraire Gabriel-Henri Nicolle : Napoléon se reconnaissant dans le
passage dit « Portrait d’Attila » (ici t. II, pp. 223-231), ordonna la saisie
et la destruction de l’ouvrage, malgré les protestations du directeur-
censeur de la librairie, Portalis. De ce tirage, arrêté à la moitié du troisième
volume, ne subsistent plus aujourd’hui que 5 exemplaires. La véritable
édition originale fut imprimée et publiée à Londres en 1813, d’après un
exemplaire Nicolle de 1810, avec corrections et nouvelle préface. Deux
nouvelles éditions parurent à Londres en 1813, une à Berlin en 1814, et il
fallut attendre la chute de l’Empire en 1814 pour voir publiée la présente
première édition française.
« L’
ouVrage CapitaL Qui fonda La réputation européenne de
m
me
de
s
taëL
»
(Lonchamp). Cette étude ambitieuse essentiellement consacrée aux arts
et lettres, est le fruit de plusieurs séjours et de nombreuses rencontres
en Allemagne et en Autriche : c’est la première de son genre consacrée
au domaine germanique. Elle connut un immense succès lié entre autres
à l’interdiction et à l’attente qu’il a suscitée pendant trois ans. Si
De
l’Allemagne
reçut beaucoup de critiques dans les pays germaniques pour
ses erreurs et sa posture intellectuelle peu allemande, Goethe l’approuva
comme un ouvrage indépendant des querelles partisanes et comme un
instrument de la réhabilitation de l’Allemagne en Europe.
b
eL
eXempLaire
, à toutes marges.
49. [VOLTAIRE].
– [GUÉNÉE (Antoine)].
Lettres de quelques juifs portugais et allemands, à M. de Voltaire.
À Lisbonne, et se trouve à Paris, chez Laurent Prault, 1769. In-8, viii-424 pp., demi-basane brune marbrée,
dos lisse cloisonné et orné de motifs dorés, tranches mouchetées, reliure frottée, quelques mouillures
marginales, tache pâle au faux-titre (
reliure de l’époque
).
200/300
é
dition originaLe
.
Dans sa lutte contre «
l’Infâme
», Voltaire avait poursuivi une critique biblique acerbe contre ce qu’il estimait être
le fanatisme et l’ignorance du peuble juif de l’Ancien Testament, et plus généralement contre les invraisemblances
du texte sacré, faisant parfois preuve d’un antisémitisme outrepassant le but initial de fissurer les fondements de
l’édifice chrétien.
L’abbé Guénée mena deux attaques contre le sérieux de la critique biblique de Voltaire, d’abord en 1760 avec une
Lettre du rabbin Aaron Mathathaï
, s’attirant alors une courte réponse, puis surtout en 1769 avec les présentes
Lettres
de quelques juifs portugais et allemands
. Ces dernières connurent un franc succès et plusieurs rééditions, ce qui amena
Voltaire à réagir cette fois plus vigoureusement : il fit paraître en 1776 (à la date de 1777)
Le Vieillard du mont Caucase
aux Juifs portugais, allemands, et polonais
, réédité en 1777 sous le titre
Un Chrétien contre six Juifs
(Bengesco, t. II, n° 1860).