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Jeudi 6 novembre 2014
20. Henri BOSCO.
1888-1976. Ecrivain.
L.A.S. à Robert Morel.
Lourmarin, 3 août 1962. 2 pp.
in-4 sur papier en-tête de la « Fondation de Lourmarin,
Robert Laurent-Vibert ».
100/150
€
(…) La vie à Lourmarin en été, est un tourbillon. Alors
que j’ai à Nice une retraite campagnarde où je peux tra-
vailler paisiblement, ici, toutes les journées sont mar-
quées par toutes sortes de gens qui vous aiment ou
qui plus modestement sont curieux. Or, je ne suis pas
fait pour tant de presse, et j’achève un séjour dans un
pays qui m’est très cher, fourbu de fatigue (…). Il
compte revenir à Lourmarin et venir à lui ; J’ai apprécié
les trois livres que vous avez eu la gentillesse de m’ex-
pédier. J’aimerais participer à votre effort, mais – vous
l’avez dit – J’ai des obligations strictes avec Gallimard
(…). Il fait part des conditions des droits d’auteur avec
la maison d’édition, avant de poursuivre : A noter, ici,
cependant que ce que vous appelez un « devis de va-
cances », soit 30 pgs représente pour moi deux mois
de supplice. Autant j’écris avec joie ½ page de roman
par jour, où j’invente des personnages, autant un travail
de rhétorique, comme le serait pour moi une « célé-
bration », me coûte d’efforts et de mécontentement
de moi-même (…). En outre, j’ai le caractère si mal fait
qu’il suffit qu’on m’offre un sujet pour que j’ai envie
d’en traiter un autre (…). Etc.
21. Emmanuel BOVE.
1898-1945. Ecrivain.
L.A.S.
Hôterl du Cygne, La Ferté sur Jouarre, 17 avril
(1925). 1 pp. in-4.
200/300
€
Bove fait part de son nouveau roman après « Mes
Amis » :
(…) Je n’ai pas encore trouvé le titre de mon
roman mais je vais vous raconter ce qui s’y passe. Un
soir, un homme (qui parle à la première personne) ren-
contre une jeune fille dont on ne sait rien. Il lui est ar-
rivé quelque chose. Elle a peur. L’homme l’a
réconforte, la conduit chez lui et passe la nuit dans un
fauteuil. Au matin, la jeune fille ou plutôt l’enfant qui
n’a pas cessé d’avoir peur, se sauve. C’est tout. Ce qui
sera intéressant, je crois, c’est tout ce qui se passe
dans l’esprit de l’homme (…). Son roman est traité de
manière différente de Mes Amis, car il met la vie inté-
rieure au premier plan. Je n’ai fait que rechercher ce
que tout le monde a ressenti dans les profondeurs de
l’esprit. On me reprochera certainement de trop me
pencher sur mon moi (…).
22. Jean-Jacques-Régis de CAMBACERES.
1753-
1824. Archichancelier de l’Empire.
L.S. à Julien Bessières,
commissaire impérial à Cor-
fou. Paris, 17 mars 1810. Demi-page bi-feuillet in-8.
80/100
€
L’archichancelier accuse réception de son mémoire sur
les Iles Ioniennes. (…) Je vous remercie de la commu-
nication de ce travail dont je me ferai rendre compte
et qui présentes des vues utiles (…).
23. Etienne CARJAT.
1826-1906. Photographe.
L.A.S. à son cher Mayer.
Paris, 24 décembre 1888. 1
pp. in-8., en-tête de Carjat en coin.
100/150
€
Lettre de Carjat au communard Gustave Mayer
à
qui il fait parvenir le petit paquet avec dédicace pour
chacun des membres dont il a la liste, avant de donner
rendez-vous ; Je comte sur ta fraternelle obligeance
pour leur remettre en mains propres la pièce en ques-
tion. Merci d’avance et au Bon Bock le 8 janvier (…).
24. Jean CAU.
1925-1993. Ecrivain journaliste, proche
de Sartre.
L.A.S. à Jean-Jacques Gontier.
Paris, mercredi
(1963). 1 pp. ½ in-4.
80/100
€
Jean Cau le remercie pour son article, sur la pre-
mière des Parachutistes, mise en scène par Antoine
Bourseiller ;
Je ne sais pas si l’usage veut (ou au
contraire ne veut pas) qu’un auteur remercie un cri-
tique de théâtre (…). Avec quelle joie et avec quelle
émotion j’ai lu votre article (…). Pour Bourseiller, avec
les moyens misérables du « studio » et pour moi qui
jetais avec foi et tremblement un texte sur les
planches pour la première fois, « les Parachutistes »
était une aventure dans laquelle nous nous sommes
lancés de tout notre élan. Je savais pour ma part que
je n’allais pas manquer d’attirer de foudroyantes et sur-
prenantes foudres sur ma tête (…). Mon souci premier,
en effet, n’est pas de me faire des ennemis ou des
amis mais d’avoir une voix libre. Ca me vaut de rece-
voir (…) de méchantes bourrades. Voilà : j’ai aimé votre
article (…). Vous m’avez compris. On parle. Quelqu’un
répond. Ça c’est formidable (…).