Jeudi 6 novembre 2014
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27. Louis-Ferdinand CELINE.
1894-1961. Ecrivain.
L.A.S. « L.F. » à Eugène Dabit.
98 Rue Lepic, le 27
(juin 1933). 2 pp. in-4, ratures.
1 500/2 000
€
Belle lettre dans laquelle Céline exprime son admi-
ration pour Dabit qui est alors à Minorque en train
de terminer son roman « Un Mort tout neuf ».
Il a
reçu avec beaucoup de plaisir sa lettre : (…) Tout au so-
leil et à la création. Je vois cela d’ici heureux Ménor-
quin ! Il faut donc finir l’histoire de mort.
Vous savez
que je suis un spécialiste du cadavre.
Je vais voir de
quelle manière vous nous présentez çà. Je jouis
d’avance.
Vous savez en quelle admiration me tient
votre charme. Je l’ai dit partout en Europe centrale
dont je reviens – non pour vous faire plaisir mais
par plaisir.
Ma petite amie a dû partir en Amérique.
Elle aussi elle une très fervente [sic] et très compré-
hensive admiratrice de ce que vous faites. Pas de ti-
midité donc, c’est un livre mieux encore que
d’habitude qui nous est dû. Il n’y a pas assez de monde
à Menorca pour que vous appreniez l’espagnol ? Peut-
on y déserter ? Voici des questions de mon âge. Céline
évoque alors la montée du nazisme en Allemagne ; A
ce propos, je reviens du Danube convaincu du pire. Il
se prépare là-bas (et pour ici) d’autres infections, d’au-
tres [infectes] immondes diversions sadiques mons-
trueux. Des peuples entiers affamés et masochistes…
Ah mon ami. Comment tuer sans l’être ? (…).