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supplicans preces (MOELLER 2541). — Fidelium deus omnium conditor

(MOELLER 2684b). — Per te ihesu christe salvator mundi. Qui cum patre

et spiritu sancto vivis et regnas deus.

LITURGIE

Le calendrier et les litanies apportent-ils des éclaircissements sur les

commanditaires du manuscrit ? Le calendrier est celui de Bruges. Mais

il faut rappeler que l’ensemble de la région, jusqu’à la rive droite de

l’Escaut, relevait alors du diocèse de Cambrai.

Le calendrier offre cependant quelques surprises. Certes on y trouve

les saints gallo-romains responsables du début de la christianisation

de cette partie du

regnum Francorum

— Servais (13 mai), Paulin (31

août), Firmin (25 sept.), Denys et ses compagnons (9 oct.), Donatien (14

oct.), Amand (26 oct.), Quentin (31 oct.), Maxime (27 nov.) — auxquels

viennent s’ajouter les saints issus du développement et de l’organisation

de l’Église franque d’Austrasie pendant la période d’expansion

précarolingienne — Gertrude de Nivelle (17 mars) ; Audomar (ou Omer)

de Thérouanne (9 sept.), qui consacra prêtre saint Wandrille, et Bertin (5

sept.) ; Lambert de Maestricht (17 sept.) ; Remi de Reims, Bavon de Gand,

Germain et Vaast d’Arras (1er oct.) ; Amé de Sens (16 oct.) ; Winnoc de

Bergues (6 nov.) ; Éloi de Noyon (1er déc.).

Trois saints sont apparus à une date beaucoup récente : Thomas Beckett

(† 29 déc. 1170) — seul élément anglo-saxon avec le roi de Northumbrie

Oswald (12 août) —, et surtout François d’Assise († 25 mai 1226) et Claire

(† 12 août 1253), ces deux derniers honorés aussi, associés dans le

présent manuscrit, par une superbe miniature.

Si le calendrier offre quelques singularités, les litanies suffisent à

les expliquer. Ainsi, Eremberg, natif du Pecq (Seine-et-Oise) dont on

commémore ici la déposition le 30 avril : il s’agit d’un évêque de Toulouse

(VII

e

s.), complètement ignoré à Toulouse mais, pour y avoir séjourné,

vénéré à l’abbaye de Saint-Wandrille de Fontenelle, au diocèse de Rouen,

depuis le VIII

e

siècle. Il n’apparaît d’ailleurs que dans des manuscrits

liturgiques selon l’usage de Saint-Wandrille, mais le 1er juin (V. Leroquais,

Les sacramentaires mss

., t. I, p. 136 ;

ID., Les bréviaires mss

., t. IV, p. 98 ;

ID.,

Les psautiers mss.,

t. II, p. 188), exceptions faites de deux martyrologes

hiéronymiens de l’abbaye bénédictine de Wissembourg (Bas-Rhin) ;

sa déposition apparaissant sur l’un le 3 janvier [translation de 703 ?]

(Wolfenbüttel, Herzog August-Bibliothek, Codex Guelf. 81 Weiss., add.

XII

e

s. sur un ms. du VIII

e

s.), ce qui est sans doute fantaisiste, et sur

l’autre le 30 avril (Wolfenbüttel, Herzog August-Bibliothek, Codex Guelf.

45 Weiss., XII

e

s.), commémorant la translation de 1025, comme ici, dans

notre manuscrit. Saint Wandrille nous ramène à Gand car, pour éviter les

profanations des pirates normands, ses reliques furent emportées en

Boulonnais en 858, où elles furent enlevées de force en 944 par le comte

d’Artois, Arnoul le Vieux, qui les partagea entre les abbayes Saint-Gérard

de Brogne et du Mont-Blandin à Gand.

Les litanies, où se trouvent l’un après l’autre, Gudwal et Bavon,

renforcent l’attribution gantoise de ces litanies. Conséquence du danger

que faisaient courir les Normands aux communautés religieuses, le

corps de saint Gudwal (VI

e

s.), dont le nom est associé à des nombreux

sanctuaires bretons, province où il vécut, fut transféré au X

e

siècle

à l’abbaye Saint-Pierre et Saint-Paul de Gand. Cette identification se

trouve confirmer par la présence des deux saintes, Landrada († ap. 690)

considérée comme la fondatrice de l’abbaye de Munsterbilzen (Limbourg

belge, Belgique, Flandre orientale) dont les reliques furent transférées

en 980 à l’abbaye Saint-Bavon de Gand, et Pharahilde († 740) qui vécut

à Bruay-sur-l’Escaut (Nord), où elle fut d’abord enterrée, et dont le corps

fut par la suite transféré à Gand, dont elle devint la sainte patronne avec

saint Bavon.

DÉCORATION

La décoration de ce psautier présente une remarquable homogénéité.

Elle se compose :

CINQ GRANDES MINIATURES EN PLEINE PAGE sur fond or :

1) S. François et Ste Claire.

2) Annonciation.

3) Nativité.

4) Adoration des mages.

5) Crucifixion.

Les miniatures en pleine page reposent sur une mise en page

commune, tant dans leur présentation que dans la méthode picturale.

L’encadrement est fondé sur une bande dorée soulignée d’un trait

extérieur noir, des bandes bleues et mauve pâle, un festonnage ou des

croisillons venant en briser la monotonie. À l’intérieur, la scène est située

sous un arc trilobé surmonté d’une architecture avec deux ou 4 clochers,

qui montent au-delà de l’encadrement, les toits étant bleus, dorés ou

vert émeraude. La scène est peinte sur un fond or. La Vierge est vêtue

d’une robe brune et d’un manteau bleu ; à l’inverse, Joseph et saint Jean

portent une robe bleue et un manteau brun. La palette de l’artiste est

en effet assez réduite : il faut y ajouter un beau gris, le blanc, un vert

émeraude et un rouge orangé sur les nimbes.

Les visages, dans l’ensemble très beaux et fins, sont présentés de trois

quarts, une tache orangée soulignant la bouche et les joues. Les habits

de saint François et de sainte Claire sont très bien peints, quand ceux

des robes et manteaux bleus semblent avoir été soumis à une attention

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