M 106), dans des positions identiques à celles de notre manuscrit, la
même position assise sur la barre horizontale du S au début du Ps. 68.
à ceci près que le peintre les habille en brun-rouge. Ils accordent tous
dans l’iconographie une place importante à saint François d’Assise,
souvent représenté avec les stigmates et/ou avec saint Dominique, et
sainte Claire, représentée devant une religieuse agenouillée (New York,
Morgan Libr., M 106, f. 120 ; Paris, Arsenal 604, f. 96v°). Notre manuscrit
est le seul qui associe sur la même peinture les deux saints d’Assise.
C’est pourquoi il est possible d’attribuer l’exécution de ce manuscrit au «
Maître Franciscain », actif à Bruges approximativement entre 1250-1260
(sur cet artiste, voir Carlvant, op. cit., p. 55-57).
POSSESSEURS
• f. 12, dans la marge inf. : armoiries rapportées (XVe s. ?) : écartelé au 1
et 4 d’or au dauphin d’azur, crêté, barbé et oreillé de sable ; au 2 et 3 de
gueules à trois croissants de sable surmontée d’une croisette croisettée
de même ».
La plus grande réserve s’impose quant à l’identification des armoiries.
Parce qu’elles présentent quelques similitudes avec celles de la famille
de Bueil (d’or au dauphin d’azur, croisettes, etc.), il serait tentant de
les attribuer à un membre de cette famille, d’autant qu’il existe un lien
intéressant avec la famille du grand seigneur bibliophile flamand Louis
de Bruges, seigneur de Gruuthuse : son fils Jean s’est marié en 1479 avec
Renée de Bueil, fille d’Antoine de Bueil (et donc petite-fille du compagnon
de Jeanne d’Arc et Amiral de France, Jean V de Bueil) et de Jeanne, fille
légitimée de Charles VII et d’Agnès Sorel.
• f. 11v° : « moy auore cheroy demourant » (XVI
e
s.).
• contreplat sup. : « D’azur à 3 fasces ondées d’argent, au sautoir de
gueules brochant » ? (lecture supposée des armoiries gravées, XVIIe-
XVIIIe s.). Les armoiries gravées posent tout autant de problèmes, car
si, dissociées, elles sont bien identifiables, il est encore bien difficile de
les trouver associées. On pourrait voir d’un côté : « d’or, à trois fasces
ondées de sinople », seigneur du Loir, du Lude, d’Aureville et du Manoir
(en Normandie), et de l’autre : « d’azur au sautoir d’argent », seigneur de
Longaunay, de Francqueville (en Normandie) (P.P. Du Buisson,
Armorial
alphabétique des principales maisons et familles du roiaumes
, Paris,
1757, n° 122 et 128). Jacques de Bueil épouse en 1458 Louise de Fontaine-
Guérin, dame du Bois, héritière de Fontaine après le décès de sa sœur
Renée, dame du Lude, et enfin Jean VII de Bueil, comte de Sancerre
épouse en 1583 la fille de Guy, comte de Lude, Anne de Daillon, ce qui,
dans les deux cas, nous ramène au Lude. Mais, pour l’heur, il semble bien
difficile d’établir un lien entre ces deux armoiries, aussi n’y a-t-il rien de
définitif à tirer de tout cela.
BIBLIOGRAPHIE
V. LEROQUAIS,
Les psautiers manuscrits latins des bibliothèques
publiques de France
, Macon, 1940-1941, 2 vol., et 1 vol. de planches. —
Lilian M.C. RANDALL, « Flemish Psalters in the Apostolic Tradition », dans
Gatherings in Honor of Dorothy E. Miner, Baltimore
, 1974), p. 172-188. —
K. CARLVANT,
Manuscript Painting in the Thirteenth-Century Flanders.
Bruges, Ghent and the Circle of the Counts
, 2012 (
Studies in Medieval
and Early Renaissance Art History,
63). — Sigles : MOELLER = E. Moeller
et al.,
Corpus orationum
, 9 vol., Turnhout, Brepols, 1994-1996 (
Corpus
christianorum. Series latina
160A-160H). — CPL =
Clavis patrum latinorum
,
Steenbrugis, 1995 (Corpus christianorum. Series latina).
UN TRÈS BEAU MANUSCRIT, D’UNE TRÈS BELLE HOMOGÉNÉITÉ, DANS UN
ÉTAT DE CONSERVATION TRÈS SATISFAISANT. UNE PIÈCE RARE – VOIRE
EXCEPTIONNELLE.
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