Background Image
Previous Page  12 / 38 Next Page
Information
Show Menu
Previous Page 12 / 38 Next Page
Page Background

un emprunt public. L’État propose aux Français de prêter de l’argent. Il récupère le capital et en échange verse une rente à tous les

souscripteurs jusqu’à leur mort. A la mort de chaque souscripteur, les survivants se partagent sa part, percevant ainsi plus d’intérêts.

La première Tontine royale suscita peu d’enthousiasme. Elle fut renouvelée en 1689 avec succès. Neuf autres tontines furent lancées

sous Louis XIV et Louis XV. Après la Révolution, d’autres tontines nationales ont été levées, avec moins de résultat. Des tontines

privées, d’inspiration sociale : le pacte social de Julien Tolozé en 1792 ou la caisse d’épargnes et de bienfaisance de Joachim Lafarge en

1793.

50-100

39

[Régence] Billet de l’État, 1716.

Billet de l'Estat émis le 20 novembre 1716 d'une valeur de 180 livres dans le cadre de l'opération de

conversion de toutes les créances sur le Trésor décidée par un arrêt de décembre 1715.

Rare

.

Jusqu'en 1715, de nombreux billets destinés à remplacer les monnaies métalliques, souvent absentes de la circulation, étaient créés par

divers corps organisés : Billets de l'artillerie, de la Caisse des Gabelles, de la Caisse des Emprunts, des États-Majors, de

l'Extraordinaire des Guerres, des Fermiers Généraux, des Ingénieurs, des Loteries, de la Marine, des Pensions... etc. Ces billets ne

circulaient que dans le corps émetteur et n'étaient garantis que par cet émetteur. L'État lui-même émettait des «BILLETS de

MONNOYE », sortes de reçus remis contre les pièces d'or déposées par les particuliers dans les Caisses pour être refrappées (ou

surfrappées) aux nouveaux types (lors d'un changement du portrait officiel du souverain, par exemple). Au passage, l'Etat prélevait

une part, en paiement de cette transformation et également augmentait la valeur de chaque pièce, ce qui était tout simplement une

dévaluation. Face aux protestations concernant la lenteur de l'État à remettre aux déposants les nouvelles pièces, le Conseil du Roi

donna COURS LÉGAL aux billets de Monnoye, par l'Édit de septembre 1701. Les billets devinrent donc, à cette date, le premier

papier-monnaie officiel français. Les émissions de billets de Monnoye se succèdent jusqu'en 1712, de nouvelles émissions remboursant

les précédentes. Dans le but d'absorber tous ces billets, l'État crée, le 7 décembre 1715 les «Billets de L'Estat ». Ils portent

l'inscription : « Il est deub au Porteur par l'Estat la somme de --- dont il a fourni la valeur ». Il sera émis pour 250 millions de livres

en billet de L'Estat, de valeurs nominales diverses, manuscrites : de 30 à 1 000 livres. Ils sont aujourd'hui d'une extrême rareté.

200-300

40

[Régence] Banque de Law. 11 billets typographiés et timbrés à sec, 1720.

6 ex. de 10 livres tournois du 1

er

juillet 1720 (dont un recollé) ; 3 ex. de 50 livres tournois du 2 septembre

1720 ; 2 ex. de 100 livres tournois du 1

er

janvier 1720, signatures manuscrites. Rare ensemble.

John Law crée d'abord, en 1716 une « Banque Générale » privée, qui émet des billets remboursés scrupuleusement jusqu'au 4

décembre 1718 où ses succès le font transformer en « Banque Royale » et c'est alors le commencement de la fin. Les émissions de la

Banque Royale sont datées du 10 janvier 1719 au 2 septembre 1720 et leurs valeurs faciales, imprimées pour la première fois sont de

10 à 10 000 livres tournois. Les billets sont de deux types: du 4 janvier 1719 au 1er janvier 1720, ils sont « gravés » (imprimés par

une plaque de cuivre gravée, imitant l'écriture cursive). Les billets comportent la date et trois signatures manuscrites. Mais les plaques

s'usent rapidement et ne peuvent assurer la demande croissante de billets.

Le second type utilise la typographie, du 1er janvier 1720 au 2 septembre 1720, avec des dates imprimées, les signatures manuscrites,

puis imprimées. Les dates sont : 1er janvier, 1er juillet et 2 septembre 1720. Les nombreuses variétés dans les textes de ces billets

témoignent de la précipitation de leur fabrication. Des mots sont inversés, ou manquent, des lettres sont imprimées en majuscules ou en

minuscules. Certaines variétés sont particulièrement rares. C'est le cas du billet où, dans la date, « janvier » est barré à la plume et

remplacé par l'inscription manuscrite « juillet », avec un petit cachet à main : « Division », dont très peu d'exemplaires sont connus.

Une retentissante faillite achève l'expérience de John Law, qui en deux années avait fait et défait des fortunes fabuleuses. John Law est

obligé de s'enfuir et meurt à Venise en 1729. Une énorme quantité de billets fut brûlée entre le 26 juin et le 3 octobre 1720 à l'Hôtel

de Ville de Paris. Les caricaturistes dessinent des portraits-charge de Law, des gravures résument la faillite du « système », et la peur

du papier-monnaie est telle qu'il faudra attendre près de 60 années pour voir reparaître une banque d'émission : «La Caisse

d'Escompte».

400-800

41

[Louis XV - Actions] Canal de Richelieu en Provence et dépendances. 2 pièces, 1752 et 1753.

2 actions du canal de Richelieu : émise le 18 juillet 1752 n°522 et émise le 9 mai 1753, in-folio

entièrement gravées (texte et illustration), dont une illustrée d’une gravure de médaille, toutes deux

signées de la main des administrateurs Despuech, Albertas, Floquet, De Chanlay, etc. Rares exemplaires,

très recherchés par les scripophiles.

Parmi les projets d’utilisation des eaux de la Durance conçus au 18° siècle, le plus ambitieux fut celui du Canal de Richelieu. Son

promoteur, l’ingénieur J.A. Floquet y consacra en vain quarante années de sa vie, de 1730 à 1769, en vue de relier les eaux de la

Durance aux villes d’Aix et de Marseille. Soutenu par le Maréchal de Richelieu, petit neveu du célèbre cardinal, il réussit en dépit de

la réticence des propriétaires des terrains concernés et de nombreuses intrigues à réunir un groupe d’actionnaires et à fonder la Société au