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Musique et Spectacle

56.

Olympe Pélissier, Madame ROSSINI

(1799-1878) courtisane célèbre, elle fut l’amie, entre autres, d’Eugène Sue et de

Balzac avant d’épouser Rossini. L.A.S., [début novembre 1868 ?, au Dr Auguste

N

élaton

] ; 2 pages in-8.

300/400

S

ur

les derniers

jours de

R

ossini

[opéré par Nélaton les 3 et 5 novembre, le compositeur mourra d’une infection post-opératoire le 13

novembre 1868]. « En me parlant d’une opération chirurgicale Mons. Caudemont me traçait ma ligne de conduite, j’en appelais à votre

sience et j’accomplissais mon devoir en remettant entre vos mains savantes mon mari. J’en remercie Dieu puisque déjà vous avez prouvé

qu’aujourd’hui comme toujours vous êtes au-dessus de la sience pratique de vos confrères qui m’affirmoient qu’aucune introduction

n’était possible avant d’avoir

préalablement fait une incision

. Ces lignes sont tracées par l’appréhension qu’un mot de moi puisse avoir

une double interprétation à vos yeux, si heureuse de constater le résultat inespéré de vos visites de votre prestige moral, qui au présent

comme dans l’avenir soumettra mon cher être nerveux à votre obéissance »…

O

n

joint

une P.A.S. d’Auguste

N

élaton

: certificat médical pour Jules Bernard (6 mai 1864, 1 p. in-8).

57.

Camille SAINT-SAËNS

(1835-1921). 6 L.A.S., 1845-1846, à Camille

S

tamaty

 ; 11 pages in-8 ou in-12, adresses.

1 200/1 500

B

elle

correspondance

de

jeunesse

à

son

professeur

de

piano

.

[Paris] 30 juillet 1845

. Âgé de 10 ans, il se réjouit de la sévérité de son maître : « La manière dont vous vous êtes fâché l’autre jour,

ainsi que toutes les autres leçons, me prouve l’amitié que vous avez pour moi. Aussi je vous aime tous les jours davantage ». Il a fait une

grande promenade avec sa nourrice et sa petite sœur et a dormi douze heures…

Wassy 2 août 1846

, à la suite d’une lettre de sa grand-tante Mme Masson née Gayard (donnant des nouvelles de la famille). Il raconte

à son « bon maître » son voyage de Paris à Wassy et ses activités : « Le piano de M. Fourier est vieux, mou et dur ; et celui d’une de mes

cousines, qui est la mairesse du pays, a l’air d’avoir été cassé à coups de marteau. Hier, dimanche, en l’honneur des fêtes de juillet on a

illuminé les promenades et l’on a dansé. Un orchestre de trois instruments s’essoufflait pour jouer en même temps une demi-douzaine

de chansons, les lampions laissaient tomber des gouttes enflammées, les ifs s’enflammaient et la canaille… Je ne finirais pas de vous

détailler cette horrible fête »…

Wassy 9 août 1846

, à la suite d’une lettre de sa mère Clémence Saint-Saëns. Comme sa mère, il s’inquiète de la santé de Mme Stamaty

et s’ennuie loin de son maître : « je partage vos tourments, et je voudrais qu’il fut en mon pouvoir de les faire finir » ; et il termine :

« J’ai aujourd’hui 11 ans moins deux mois ».

Chaumont 26 août 1846

. « Dans le pays des aveugles, les borgnes sont Rois ». Il a joué à Wassy : « Le meilleur piano du pays ressemble

beaucoup à mon carré, et comme personne ne sait, j’ai été porté jusqu’aux nues, même quand je jouais à vous mettre en fureur. Ma

sonate de

B

eethoven

a fait un effet colossal, qu’elle fait encore à Chaumont. J’ai été au couvent, où j’ai trouvé un piano mauvais et

faux, sur lequel je ne pouvais faire une note sans crier ; impossible de mettre la moindre expression. […] À Chaumont, les pianos sont

bons pour la plupart. Plusieurs sont de Pleyel et d’Érard », mais celui qu’il a loué est affreux : « toutes les notes ont le son d’un vieux

clavecin usé, et un grand nombre rendent, en se relevant, le son d’un bouchon qu’on coupe ». Il a joué un morceau sur

Les Huguenots

de Kalkbrenner et Lafont, accompagné par le maître de violon de la ville ; il y a aussi un maître de piano qu’il ne connaît pas encore et

« deux accordeurs qui ne savent accorder ni l’un ni l’autre, en sorte que tous les pianos sont faux »… À la suite, Clémence Saint-Saëns

écrit une lettre, terminée par Mme Masson née Gayard, où elle s’inquiète de la mauvaise santé de la mère de Stamaty.